Le temps d'une nuit

Comment ça, ça craint de plus en plus ? Qu'est-ce que j'y peux ?! Je fais de mon mieux ! Je suis fatigué, je galère et en plus, je suis incapable de faire une fille il semblerait. Encore si c'était à la troisième personne mais non, j'ai choisi la première personne, malin comme je suis ... Je suis désolé              m(_ _)m Je fais de mon mieux mais j'ai tellement de mal en ce moment, je ne sais pas pourquoi. Ce n'est pas écrire c'est que ... J'ai toujours l'impression que c'est nul. N'hésitez pas à me dire si ça ne craint pas autant que je le pense.

Le temps d'une nuit.

Je suis amoureuse d’elle depuis que nous sommes en primaire mais je n’ai jamais trouvé le courage de le lui dire. Elle est ma meilleure amie, je suis sa confidente … C’est à moi qu’elle raconte tous ses petits secrets, en particulier son amour pour le premier de la classe, Takamura. Dans ces conditions, comment pourrais-je lui avouer mon amour ? Je risquerais simplement de perdre son amitié en faisant ça et c’était, à mes yeux, un risque bien trop important. C’était plus facile de me contenter de rester près d’elle et de la protéger sans en avoir l’air. Mais c’était tellement douloureux de toujours l’entendre parler de lui alors que je l’aimais si fort …

On avait prévu de passer la soirée de noël ensemble. Ensuite, elle viendrait dormir à la maison, mes parents étant absents pour la semaine, et nous devions regarder un film avant de dormir comme de bonnes petites filles. J’avais mis le paquet pour cette soirée entre amies. J’avais acheté une petite robe bleue à paillette et j’avais passé presque une semaine pour lui trouver le cadeau idéal. Ce qu’elle voulait le plus, je savais que je ne pouvais pas le lui offrir alors je m’étais rabattue sur un magnifique bracelet que je l’avais plusieurs fois vu regardé lorsqu’on se promenait en ville toutes les deux. J’espérais que ça lui plairait mais, dans le doute, j’avais mis le ticket pour être remboursé. On n’est jamais trop prudente.

J’étais sur le point de partir quand on a frappé à la porte. C’était étrange parce que je n’attendais personne mais comme, de toute façon, je sortais, j’ai ouvert à l’inconnu. Un garçon en manteau rouge et un bonnet de la même couleur se tenait devant moi, visiblement surpris qu’on lui ait ouvert aussi rapidement. Il ressemblait à un père noël qu’on aurait fait revenir à l’adolescence, il avait même un sac à dos à la place d’une hotte … Inutile de ça dénotait un peu dans son costume, et il lui manquait la barbe aussi. En tout cas, ça ne me disait pas pourquoi il était devant ma porte à 20h passé, le soir de noël. Un petit plaisantin .

« - Oui ?
- Vous êtes Shimizu-san ? Shimizu Yurika-san ? » Me demanda-t-il précipitamment, comme s’il avait appris un texte par cœur et qu’il avait peur de l’oublier.
« - Tout dépend de ce que vous lui voulez … » Répondis-je sur la défensive. « Si vous venez pour les bijoux, une bande est déjà passé la semaine dernière. »

Il rigola, comme si ce que je venais de dire était particulièrement stupide et j’en déduis qu’il n’était sans doute pas aussi mal intentionné que j’avais pu le croire. Mais ce n’était pas pour autant que j’étais prête à lui faire confiance. Après tout, je n’avais toujours pas la moindre idée de ce qu’il venait faire ici. Mais il allait certainement m’éclairer sur la question, maintenant qu’il avait arrêté de se marrer et qu’il essuyait une larme qu’il avait au coin de l’œil. N’importe quoi …

« - Excusez moi de vous avoir faire peur. Je m’appel Noeru et je n’ai pas de mauvaises intention. Je viens visiter quelqu’un du village alors m’ont père m’a chargé d’une mission vous concernant. » Il fouilla un moment son sac à dos qui semblait remplis d’objet utile quand on allait dormir chez quelqu’un (brosse à dent, pyjama) mais aussi de plusieurs petits paquets. Qui était ce gosse à la fin ? Il sorti enfin un paquet tout en longueur avec un petit cri de victoire. « Ah ! Le voilà. N’oubliez pas de lire les instructions et joyeux noël. »

Une fois le paquet entre mes mains, il s’en alla comme un voleur vers l’extérieur du village, me laissant seul avec le paquet et mes doutes. Qu’est-ce que c’était au juste que ça ? Un peu curieuse, comme à mon habitude, je ne pu m’empêche de l’ouvrir. C’était un flacon tout bête avec quelque chose qui ressemblait à du sirop à l’intérieur. A côté, il y avait une notice où il était noté « filtre d’amour de Cendrillon. Obtenez les faveurs de l’être cher le temps d’une nuit. Mais attention, à minuit, toute magie cesse. » … N’importe quoi. Ce gamin m’avait refilé son truc en faisait genre qu’il était un bon petit … Mais cette tenue … Et ce nom … Noeru. S’il était le fils du père noël, ça expliquerait tout, et le filtre magique serait vrai. Mais comment en avoir la preuve ?

« - YU-RI-KA-CHAN ! » La voix si mélodieuse de ma chère Natsuno retenti à mes oreilles avant que je n’ai le temps de me poser plus de question. Mais rapidement, ses yeux se portèrent sur le petit flacon. « Qu’est-ce que c’est que ça ? De la limonade ? Laisse-moi boire s’il te plait, je meurs de soif ! »

Sans me laisser le temps de répondre, elle prit la bouteille et en bu la moitié. Et maintenant ? Elle n’avait pas d’étoile dans les yeux ni même de cœur à la place des yeux … Qu’est-ce qui avait changé ?

« - Bon Yurika-chan … Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? »

Ça, ça avait changé. Natsuno ne me demandait jamais ce que je voulais faire … Elle guidait et je suivais, je n’étais pas habituée à prendre des décisions. Je lui dis donc que je voulais juste passer du temps avec elle et elle s’exécuta. Elle me fit rentrer de force chez moi et s’installa en cuisine me promettant « un véritable festin dans quelques minutes ». Et en effet, elle ressorti de la cuisine avec de véritable plat de fête entre les mains. Certes, c’était juste du surgelé mais c’était bien la première fois qu’elle cuisinait pour moi depuis qu’on se connaissait.
Et ce fut encore plus étrange après le repas, lorsqu’on s’installa dans le canapé pour regarder un film. Elle se serra contre moi, me prenant limite dans ses bras. Elle n’avait jamais été aussi démonstrative avec moi … Et si c’était vraiment la potion magique qui faisait effet, j’avais intérêt à en profiter pendant que je le pouvais. Il était bientôt minuit après tout. Alors je lui volai un baiser, légèrement honteuse de profiter de cet instant de faiblesse, et encore plus de penser que, peut-être, elle avait simplement décidé d’être gentille. Mais elle ne réagit pas et la demi-heure restant avant minuit se passa comme si de rien n’était. Elle s’endormi dans mes bras quelques minutes avant l’heure des cadeaux qui fut, pour le coup, reporté au lendemain et moi, je regrettai de ne pas avoir pris plus au sérieux ce garçon et de ne pas l’avoir remercié comme je l’aurais dû.

« - Yurika-chan ! Yurika-chan ! J’ai parlé à Takamura, tu veux savoir ?! »

Tout était revenu à la normale dès le lendemain matin et je n’ai plus jamais vu le petit Noeru. S’il avait quelqu’un à voir dans le village, je me doutais qu’il reviendrait un jour et, alors, je serais prête pour lui faire des excuses sur mon comportement puéril. Il restait encore un peu de ce « filtre d’amour » qu’il m’avait donné mais j’avais décidé de ne plus l’utiliser. Parce qu’après tout, ma Natsuno était beaucoup mieux au naturel je pense … Même si ça m’avait fait plaisir de sentir ses lèvres et de l’avoir juste pour moi, le temps d’une nuit.

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