Le miracle de noël

Et voilà, c'est noël. Je voulais vraiment écrire des one shot pour les fêtes mais au final, c'est un peu raté. Je suis en retard, je suis perdu et je ne suis même pas fier de ce que j'ai écrit. En bref, je suis dégouté. Vraiment, j'ai presque honte de moi sur ce coup. Je n'arrive pas à crois que j'ai pu écrire un truc aussi pitoyable un jour, j'ai l'impression de ... Non, franchement, je préfère ne rien dire. Je suis dégouté.

Le miracle de noël :

Je marchais dans la ville, ne sachant pas où aller. 24 Décembre. Autour de moi, il n’y avait que des couples heureux, exactement ce qu’il me fallait pour me taper une bonne dépression dans les règles de l’art. Je n’arrivais pas à croire ce qui m’arrivait, c’était forcément un cauchemar, ça ne pouvait pas être vrai, c’était bien trop surréaliste. Les lumières qui éclairaient la ville ne suffisaient pas à me rendre ma bonne humeur, pour la première fois de l’hiver. Et comme si ça ne suffisait pas, voilà qu’il se mettait à neiger, je ne m’étais sans doute pas assez équipé pour le froid qu’il faisait ce soir, j’avais privilégié l’esthétique au confort, exceptionnellement, pour mon rendez-vous. Une jupe, des collants et un pull … la seule chose qui pouvait me tenir chaud dans mon accoutrement, c’était mon écharpe rouge, ça m’apprendrait à vouloir faire plaisir. A chaque respiration, un nuage de fumée s’échappait de ma bouche, me rappelant qu’il faisait vraiment froid et que j’avais vraiment l’air d’une cruche, toute seule, dans les rues de la capitale si bien décoré, un 24 Décembre à 22h30 … Le jour de la naissance du sauveur pour les catholiques, le jour des amoureux pour une grande partie des japonais, dont je faisais parti. Peut-être que j’allais aller à la messe pour une fois ? Ce n’était pas comme si quelqu’un m’attendait à la maison après tout. Ça serait toujours mieux que de ruminer mon malheur toute la soirée.

23h … La musique si connue We wish you a merry Christmas se fait entendre un peu partout dans la ville. Pourquoi est-ce que je n’ai pas choisi de rentrer chez moi, en attendant la messe. Je n’ai pas vraiment envi d’y aller, je ne suis même pas croyante. J’ai juste besoin d’être entouré de gens ce soir, pour oublier ce qui vient de m’arriver. On avait rendez-vous à 20h à côté de la grande horloge. Pourquoi n’était-il pas là ? J’ai attendu … Je l’ai appelé … Je n’ai eu aucune réponse. Il y a d’autre façon de jeter une fille ! Il y a d’autre jour pour faire un truc aussi ignoble. Je déteste Noël, je n’arrive pas qu’il ait pu faire une chose pareille après toutes les promesses qu’il m’avait faites, pas plus tard qu’hier soir. « Tu verras, on passera la meilleure soirée de l’année ! Et l’année prochaine ça sera encore mieux. Je te le promets ! Je ferais tout pour toi ! » … Je ne lui demandais pas grand-chose, juste d’être là pour moi. De continuer à m’aimer. C’était vraiment n’importe quoi cette histoire ! Pourquoi est-ce qu’il ne donnait pas signe de vie cet abruti ?! On ne pouvait pas faire confiance aux hommes de toute façon ! Ce n’était pas nouveau !

Brrr … brrrrrr. Ce bruit … C’est celui de mon portable, il est toujours sur vibreur. Il est 23h15, si c’est lui, je l’engueule et je le fais poireauter un moment pour lui apprendre un peu ! Mais ce n’est pas son numéro qui s’affiche. Ni celui d’une amie … Un numéro que je ne connais pas et cela m’inquiète un peu, je n’ai jamais recevoir des appels que je ne peux pas identifier instantanément. Mais c’est Noël, peut-être qu’une amie a reçu un nouveau téléphone comme cadeau alors je réponds malgré tout. Mais ce n’est la voix de personne de ma connaissance que j’entends à l’autre bout du fil. C’est une voix d’homme que je n’ai jamais entendu avant aujourd’hui. Qu’est-ce que c’est encore que cette mauvaise blague ? Je n’en ai pas encore assez bavé pour la journée ?! Non ?! J’ai le droit aux appels anonymes aussi ?!

« - Bonjour, je suis bien sur le téléphone de Takashima-san ?
- En effet, c’est moi. Puis-je savoir pourquoi vous m’appelez à une heure pareille un soir de fête ? »

Il est clair que ma mauvaise humeur s’entend dans ma voix et j’espère, grâce à cela, faire raccrocher l’autre gêneur non identifié. Je n’ai pas envi d’entendre un type bourré déblatérer sa vie au téléphone pendant une heure le soir de noël !

« - Ecoutez … Ce que j’ai à dire n’est pas facile. Je suis Nakamura de l’hôpital Y. Votre numéro est celui de la personne à contacter en cas d’urgence dans le dossier de Samejima Ryûchi. Vous le connaissez ?
- Evidemment que je le connais, c’est mon petit ami. Il y a un cas d’urgence ?!
- Comme je vous l’ai dit, ce n’est pas facile à dire … Il semblerait qu’il était pressé … Il a traversé la rue en courant et la voiture qui arrivait n’a pas eu le temps de s’arrêter … Vous devriez venir … »

Mon cœur a loupé un battement pendant que le médecin que j’avais au téléphone essayait de ne pas prononcer le mot « accident ». Ryûchi allait mal ? Et moi, j’étais en train de le critiquer depuis plus de deux heures ? Je n’arrivais même plus à me souvenir où était l’hôpital Y, pourtant, j’y étais déjà allé plusieurs fois dans ma vie pour un rhume ou la grippe … Pas pour apprendre que mon petit ami était décédé … S’il vous plait … Pendant que le taxi file aussi vite que possible vers l’hôpital, je pris le petit Jésus pour la première fois, même si je ne suis pas croyante … S’il vous plait, faites qu’il n’ait rien, faites qu’il soit en vie et que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve. Je m’en veux d’avoir pensé qu’il n’était pas capable de me quitter et que c’était pour cette raison qu’il n’était pas là. Je m’en veux aussi d’avoir imaginé qu’il avait fait tout ça pour se moquer de moi et de ma crédulité. Je ne veux pas pleurer en public mais comment faire autrement dans une telle situation ?

J’ai à peine mis les pieds dans l’hôpital que le médecin comprend tout seul qui je suis et de quoi il s’agit. C’est probablement lui qui m’a téléphoné, Nakamura-sensei. Il me fait assoir dans un bureau tout blanc et m’explique que la voiture aurait pu faire nettement plus de dégât. Lorsqu’il avait appelé, tout le monde pensait qu’il était foutu mais maintenant, on réalisait qu’il se portait plutôt bien. Il avait un bras cassé, quelques côtes fêlés, de nombreux bleus … mais il avait évité le traumatisme crânien. Il avait, par contre, perdu beaucoup de sang mais ce n’était pas trop difficile d’arranger cela grâce à une transfusion qui était en cour. Bien sûr, passer noël à l’hôpital, il y avait mieux comme programme mais il pourrait certainement sortir dès le lendemain matin, on préférait le garder en observation pour le moment.
L’heure des visites était normalement dépassée mais, à titre exceptionnel, j’étais autorisé à rester, malgré tout. J’allais pouvoir le voir … Il était réveillé … C’était un véritable miracle qu’il aille aussi bien après un choc pareil. Je pousse la porte de la chambre, ayant encore un peu peur, malgré tout, de voir son cadavre allongé mais il est assit sur le lit et bouquine, comme c’est tout le temps le cas à la fac. Toujours aussi beau, toujours aussi lui … Il lève les yeux de son livre et son regard ce pose sur moi. Il sourit …

« - Kyoko ! Je suis désolé de t’avoir fait attendre si longtemps … Tu t’étais si bien habillée en plus. Excuse-moi, j’ai été si bête …
- Comment c’est arrivé ? » Le coupais-je, bien décidé à en savoir plus sur cet accident.
« - Bêtement … Je voulais t’offrir un cadeau spécial … Je crains qu’il ne se soit casser en même temps que mon bras … »

Il montre malgré tout un sac en papier qui semblait contenir le cadeau en question. La curiosité l’emportant, il regarde à l’intérieur pour savoir de quoi il s’agit. Un vase … Pas n’importe quel vase. Celui que j’avais trouvé quelques semaines avant et pour lequel j’avais eu un véritable coup de cœur. « Je tuerais pour avoir ce vase » avais-je même assuré. Et pour cause ! Il ressemblait à celui que m’avait offert ma défunte grand-mère pour mes dix-huit ans, j’y tenais tellement et mon imbécile de petit frère l’avait cassé un jour … Celui-ci aussi est en miette désormais. Dire qu’il avait faillit mourir pour ce vase …

« - Tu es bête ! Ce vase n’est pas aussi important que ta vie. Tu aurais pu mourir ! Tu aurais dû mourir ! »

Mais il n’est pas mort … Parce que c’est noël ? Parce qu’il a eu de la chance ? Je me fiche de ce que peuvent dire les biens pensants, pour moi, c’est tout simplement un véritable miracle. Un miracle de noël.

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