L'ange de Noël

Et voilà ... De pire en pire ... Après le Shojo mielleux, voilà le shonen ai pitoyable franchement, j'ai honte de moi en ce moment, c'est véritablement horrible. Alors que j'avais tellement d'idée, que j'étais tellement prêt à tout pour faire quelque chose de bien ... Je voulais que ça fasse un truc super, je voulais être fier de moi avec ce one shot ... Mais je me suis joliement foiré à la place, alors je suis vraiment, vraiment dégouté. Pourtant, je pensais être capable de le faire. Mais il était tard, j'étais fatigué ... Et je n'y arrivais tout simplement pas. J'espère que ça suffira à vous satisfaire malgré tout. Je ferais mieux l'année prochaine.

L'ange de noël !

« Douce nuit … Sainte nuit … Tout est calme, plus de bruit … » … Si seulement cette nuit pouvait être douce et sainte …

Je déteste noël. Depuis toujours, je n’ai jamais pu supporter cette fête. Ses lumières, ses chansons … Tout en elle me tape sur le système ! En même temps, difficile de faire pire que ma relation avec noël. Je suis né un 25 Décembre à minuit pile … Ma mère est morte en même temps … Un caillot qui n’avait pas été détecté. C’était tout bête, c’était une erreur de médecine. Normalement, dans un pareil cas, ils auraient dû sauver la mère et abandonner le bébé mais c’était noël alors ils se sont pris pour des dieux et ont voulu sauver les deux. Ma mère est morte quelques minutes après le cri de victoire des médecins. Inutile de dire que noël n’a jamais été très joyeux dans ma famille. Ni mon père, ni ma grande sœur, ni mes grands-parents ne m’ont jamais reproché la mort de ma mère mais ce n’est pas pour autant que l’on fait la fête. On évite un maximum d’en parler, tout simplement, on vit ce jour comme s’il était un jour parmi tant d’autre. C’est pour ça que cette année là, je trainais dans les rues en me demandant pourquoi fallait-il que tous ces gens autour de moi soit heureux alors que je devais me souvenir tous les ans que j’étais responsable de la mort de ma propre mère.

Il m’est rentré dedans sans même s’en rendre compte, probablement parce qu’il courait et que moi, je ne regardais pas vraiment ce qui se passait. Nous sommes tous les deux tombés dans la neige, l’un sur l’autre … Situation pour le moins embarrassante certainement, en tout cas son visage était rouge pivoine quand j’ai enfin réussi à le voir. Un magnifique visage d’ailleurs, encadré par des cheveux châtains. Il me regardait comme si c’était la première fois qu’il croisait un être humain et je remarquais qu’il n’était pas vraiment équipé pour le froid. Il risquait de tomber malade à être aussi peu couvert mais il ne semblait pas vraiment se rendre compte qu’il était dans la neige et qu’il attraperait une pneumonie dans la minute s’il ne mettait pas une veste. Aussi, dès que nous fûmes de nouveau sur nos pieds, je lui passai ma veste pour qu’il puisse avoir une épaisseur de plus avant de l’inviter à prendre un chocolat chaud. Il me semblait sur le point de refuser quand il lâcha un éternuement qui me poussa à la prendre par la main jusqu’au café le plus proche. Inutile de prendre des risques après tout.

Assis à une table, le plus près possible d’un des nombreux radiateurs, je le regardais boire son chocolat chaud avec gourmandise pendant que je trempais à peine les lèvres de temps en temps dans mon café. J’étais trop occupé à le contemplé pour être capable de quoi que ce soit. Je ne me souvenais pas avoir déjà vu ce petit avant aujourd’hui et pourtant, nous étions dans un petit village et, généralement, tout le monde se connaissait, surtout que nous devions avoir le même âge et qu’il n’y avait qu’une école … Peut-être qu’il était plus vieux qu’il en avait l’air … Ou plus jeune au contraire.

« - Merci pour le chocolat monsieur ! »

Lâcha-t-il soudain, me coupant dans mon admiration des traits fins de son visage. « Monsieur » ? Bizarrement, j’avais l’impression de prendre un coup de vieux alors que je n’avais que quinze ans. Je n’était pourtant pas comme ces filles qui s’offusquaient quand on osait les appeler « madame » mais dans sa bouche, ça me faisait bizarre et m’atteignait en pleins cœur. Il valait mieux mettre certaines choses au clair.

« - Tatsuya ! Je m’appel Idoro Tatsuya, pas monsieur. Et toi tu es ?
- Santa Noeru, et non ce n’est pas une plaisanterie ! » Ajouta-t-il en voyant mon air déconfit.

Santa … Comme le père noël ? Ce gosse n’avait pas eu beaucoup de chance pendant la répartition des noms de familles, surtout quand on y ajoutait son prénom … « Noeru » était plus ou moins la transcription japonaise de « noël », la traduction française de Christmas. Mais il avait l’air du plutôt bien l’assumer, aussi décidais-je de ne faire aucune remarque à ce sujet. Ses parents pouvaient bien l’appeler comme ils voulaient après tout.

« - Et tu as quelque chose de prévu après Noeru ? » Demandais-je soudain, m’étonnant moi-même.

Il sembla réfléchir un moment, me demanda une minute pour envoyer un message puis, une vibration de portable plus tard, il m’offrit son merveilleux sourire pour m’annoncer que, non, il n’avait rien de prévu pour le moment alors que, si je le voulais bien, je pourrais peut-être lui faire visiter le village. Il était nouveau dans le coin et il avait un peu peur de ne pas s’y retrouver. Evidemment, j’acceptai avec joie la proposition, mourant d’envi de passer le maximum de temps possible avec cet adolescent. Je n’avais pas osé lui demander son âge mais, après tout, rien ne pressait pour le moment, on après toute la journée pour se connaitre.

« -Dis moi Tatsuya … Tu crois au père noël ? » Me demanda-t-il brusquement alors que nous venions de quitter le temple du village après avoir présenté nos hommages au moine le plus important.
« - Pourquoi cette question si brusquement ?
- Comme ça … Par curiosité je suppose. »

Je ne le connaissais pas encore très bien, mais ce que je savais m’avais suffit pour comprendre que Noeru était quelqu’un de plutôt compliqué qui n’aimait ni parler de lui, ni donner des explications. Le genre de personne avec qui on avait toujours du mal à s’entendre, même quand on faisait beaucoup d’effort. Mais si on ne cherchait pas à tout comprendre, il n’y avait aucun problème ? Il était vraiment adorable et n’hésitait pas à dire ce qu’il pensait. On n’avait pas tellement discuté mais j’avais l’impression qu’il m’appréciait plutôt bien et ce sentiment était réciproque. Peut-être même que je faisais un peu plus que l’apprécier. Voilà que c’était à mon tour de rougir sans raison. Qu’est-ce qu’on disait déjà ? Ah oui ! Le père noël ! Quelle étrange question mine de rien …

« - Non je n’y crois pas et toi ?
- J’y suis plus ou moins obligé … Tu aimes noël ? »

Il avait relancé la conversation sur une autre question, j’en déduis qu’il s’agissait d’un sujet tabou … Il avait été traumatisé par le père noël quand il était plus jeune ? Un type habillé en père noël lui avait fait des choses peu avouables ? Non ! Rien que de penser que quelqu’un pouvait l’avoir touché me donnait envi de frapper quelque chose … Et ces questions … Il n’en avait pas marre avec noël à la longue ?!

« - Non, je déteste noël ! »

Ceci mis fin à la discussion et un blanc s’installa entre nous. La visite du village était presque terminée et vu sa tête, il allait bientôt falloir que nous nous disions au revoir. Est-ce que ça ne finissait pas toujours comme ça dans les films ? Non … Normalement, c’était là que quelque chose se passait et nous faisait de nouveau tomber l’un sur l’autre … Nous nous regardons avant de nous embrasser sans penser à ce qu’il y a autour de nous
Je déteste ce sentiment. Quelques heures avant, je ne le connaissais même pas et maintenant, j’avais envi de le prendre dans mes bras. D’ailleurs, j’avais même une excuse pour le faire. Il était en train de trembler, comme s’il avait froid. Le café était un peu plus loin mais avant, ne pouvais-je pas le serrer contre mois pour le réchauffer ? C’est ce que je fis et, anticipant sa réaction de surprise, je pris les devant pour y répondre … Je ne voulais pas le lâcher, pas maintenant.

« - S’il te plait Noeru, laisse-moi rester un peu comme ça. Juste quelques minutes. »

Il ne répliqua pas et je le senti même hocher la tête dans ma poitrine. Ses cheveux étaient encore plus doux que je l’avais pensé, son corps était plus chaud que je le croyais, alors même qu’il était si peu couvert. J’aurais voulu le garder contre moi, de cette façon, pour toujours, mais il allait bien falloir que je le lâche un jour. Il était probablement le fils de quelqu’un et il allait falloir qu’il rentre chez lui et, même si je n’en avais pas envi, on m’attendait aussi chez moi. Peut-être que capturer ses lèvres maintenant était le plan parfait … Mais je ne voulais pas risquer de tout perdre. Pourtant, je dû me faire violence lorsqu’il me repoussa un peu, signe de son départ imminent. « Je suis désolé Tatsuya … Je dois y aller » murmura-t-il alors que le soleil commençait à se coucher. « Je voudrais rester avec toi mais j’ai du travail … » continua-t-il, sa voix essayant inutilement de cacher ses sanglots. « Je reviendrais tu sais … Je te promets qu’on se reverra ». Il avait l’air sincère et je lui faisais confiance mais je ne voulais pas le laisser partir.

Un bonhomme en rouge était assis sur un banc et nous regardait nous dire au revoir comme un vieux couple avant que l’un d’entre eux parte à la guerre. Une fois qu’il eu réussi à me quitter, Noeru alla le rejoindre en essuyant rapidement ses larmes. Il ressemblait à un de ces pères noël que l’on trouve dans les supermarchés et qui vous offrent des bonbons, en beaucoup mieux réussi. Noeru murmura un « on peut y aller papa » avant de me jeter un dernier regard. C’était donc son père ? Il avait l’air gentil.
J’eue soudain l’impression qu’on posait un morceau de coton sur mes lèvres. Celle de Noeru était tellement douce qu’il semblait inhumain. Pourtant, il était bien réel, ce baiser qu’il m’avait donné. Même s’il n’avait duré qu’une seconde, je l’avais senti. Tout comme je l’avais entendu me chuchoter « joyeux noël ». Tout cela avant d’entendre un tintement comme on en entend dans les films, avant que le père noël ne s’envole vers sa prochaine destination. Je n’avais jamais aimé noël, je n’avais jamais cru en lui et pourtant, le père noël m’avait offert le plus beau des cadeaux. Il m’avait offert de rencontrer son fils, d’en tomber amoureux peut-être, de lui plaire sans doute … De savoir que je le reverrais.

« Douce nuit … Sainte nuit … » Je ne sais pas si cette nuit sera sainte mais tant qu’il sera près de moi, je sais qu’elle sera toujours douce.

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