Christmas' date

L'histoire de cette année est beaucoup plus courte que celle que j'ai écris les années passées. J'avais envie de faire quelque chose de doux et légers, sans détails inutiles, simplement autour des sentiments de Tatsuya et Noeru. J'avais envie que Noeru prenne les devants je crois, et j'espère que c'est l'impression que l'on a. Cette histoire peut paraitre un peu courte mais pour moi, c'est l'une des meilleures que j'ai écrit sur ces deux-là (ma préférée est Le Noël du petit ange mais elle est très brouillon malheureusement ...). Parfois, on n'a pas besoin de dix pages pour obtenir un dénoument ...

Christmas' date

La maison avait été rangée, le sapin décoré, une douce odeur s’échappait de la cuisine, promettant l’arrivée imminente d’une assiette de délicieux biscuits … et tout cela avait été fait sans que Tatsuya n’ait à bouger de son canapé. Si les conditions avaient été différentes, aucun doute que l’adolescent aurait adoré cette scène mais aujourd’hui, il avait juste l’impression que tout allait de travers.

Lorsque, quelques jours plus tôt, il avait proposé à Noeru de venir passer l’après-midi chez lui pour aider sa famille à préparer Noël, ça n’était pas vraiment à ça qu’il s’était attendu. Bien sûr, la maison n’avait maintenant plus qu’à attendre le vingt-quatre décembre mais, en invitant son petit-ami chez lui, il prévoyait avant tout de passer un maximum de temps avec lui, même si cela voulait dire l’aider avec les tâches ménagères. Il savait qu’en tant que fils du Père Noël, Noeru adorait les fêtes de fin d’année et Tatsuya avait eu envie de partager ça avec lui en passant une journée simplement consacré à le suivre dans toutes ses lubies.
Mais au lieu de ça, à peine Noeru avait-il fait un pas dans l’appartement qu’il s’était fait prendre en otage tour à tour par le père, le frère puis la grande-sœur de Tatsuya, sans que ce dernier ne puisse réagir. Alors même s’il était ravi de voir l’apprenti Père Noël s’amuser comme un enfant avec le reste de sa famille, qui semblait l’avoir adopté, il se sentait un peu exclu et commençait à s’ennuyer ferme.
En fait, la seule raison qui l’empêchait de se jeter sur son ami pour l’arracher à ses prédateurs était la peur que le jeune garçon le trouve trop possessif et décide qu’ils n’avaient plus rien à faire ensemble.

Noeru coupa sans le savoir ses pensées moroses en revenant de la cuisine, un plat de biscuits sentant délicieusement bon la cannelle dans les mains et un immense sourire sur le visage. Ce qu’il pouvait aimer ce garçon …
Celui-ci déposa l’assiette sur la table, n’en prenant qu’un qu’il cassa en deux avant de s’avachir à côté de Tatsuya à qui il tendit une moitié.
« J’ai trouvé la recette dans un vieux livre de ma mère, en rangeant le grenier la semaine dernière. J’avais vraiment envie de te les faire goûter. Heureusement que ta sœur était là d’ailleurs, certaines indications étaient en Français alors elle m’a aidé à traduire. »
À la mention de sa sœur, le lycéen se referma à nouveau sans le vouloir. Il savait qu’il faisait une montagne de peu de chose mais il en voulait vraiment à sa famille d’avoir accaparé son petit ami. Après tout, il était venu pour lui et pourtant, depuis son arrivé il y a déjà plusieurs heures, ils n’avaient même pas eu le temps de discuter un peu tous les deux.
Noeru sembla voir que quelque chose n’allait pas car il reposa le sablé et se leva sans prononcer un mot.
« Ça y est, » pensa Tatsuya sans oser le regarder. « Il a compris et il me trouve tellement possessif qu’il ne veut plus me voir … »
Aussi fut-il particulièrement surpris lorsque la main douce du fils du Père Noël se posa sur la sienne, le tirant légèrement vers lui pour le pousser à se mettre debout.
« Que dirais-tu d’aller boire un café ? Je ne pense pas que ta famille nous en voudra de nous éclipser une petite heure … » lança-t-il avec un air un peu taquin en se dirigeant vers la porte.

Les deux adolescents s’étaient difficilement installés à une table un peu isolée de l’unique Starbucks du village dans l’espoir d’obtenir un minimum d’intimité. C’était une habitude qu’ils avaient pris depuis quelques mois, après que Tatsuya ait réussi à expliquer à son petit-ami que, peu importe combien il l’aimait, il se sentait un peu mal-à-l’aise de parler de leur relation au milieu d’une foule. Sans compter qu’il détestait l’idée que leurs rendez-vous puissent être épiés si facilement.
Ce souvenir réconforta un peu le lycéen qui essaya de se convaincre qu’il s’agissait d’un rendez-vous et que Noeru ne s’apprêtait pas à lui expliquer que leur couple ne fonctionnait plus et qu’il voulait arrêter de le voir. Une pensée qui ne lui aurait jamais effleuré l’esprit en temps normal – ça n’était tellement pas le genre de l’adolescent un discours pareil – mais rien ne paraissait normal depuis qu’ils avaient quitté sa famille. Noeru était resté muet, ce qui n’était vraiment pas son genre, et ne s’était même as extasié devant les pâtisseries comme il en avait l’habitude. En fait, il se contentait de fixer son gobelet comme s’il cherchait ses mots. Et Noeru ne cherchait jamais ses mots.
« Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal Tatsuya ? » Demanda-t-il soudain, sans lever les yeux.
L’adolescent sursauta, ne comprenant pas la question. N’était-ce pas lui qui avait fait quelque chose ?
« Non, bien sûr que non Noeru ! » S’exclama-t-il, espérant rassurer son petit-ami par cette simple phrase. « Qu’est-ce qui te fait croire une chose pareille ? »
« Toi, » avoua le fils du Père Noël, semblant faire un effort surhumain pour regarder son petit ami. « Tu es bizarre depuis ce matin. On n’a presque pas parlé et quand je t’ai proposé un biscuit, tu as à peine réagit. Si j’ai fait quelque chose, mal compris quelque chose, tu dois me le dire. On s’était mis d’accord à ce sujet l’an dernier. »
« Ce n’est pas toi, c’est ma famille, » soupira le lycéen. Au point où il en était de toute façon … « Je voulais passer cette journée avec toi, que tu me fasses partager ton amour pour Noël, qu’on cuisine ensemble. Mais au lieu de ça, ils t’ont sauté dessus et j’ai à peine pu profiter de cette journée. »
« Oh … »
Tatsuya haussa un sourcil, légèrement surpris par l’évident manque de réaction de son petit-ami. Un bon copain de sa classe lui avait raconté quelques jours plus tôt comment il s’était fait largué pour avoir expliqué à sa petite amie le mal qu’il avait à la voir si proche de ses parents et il s’était presque attendu à vivre la même scène. Mais au lieu de ça, Noeru semblait prendre la chose avec calme et philosophie.
Ce qui, en fait, était parfaitement normal vu son caractère.
« Je veux dire, « oh, c’est donc ça ! », » tenta de se rattraper l’adolescent en devinant, probablement à son air ahurit, que Tatsuya ne comprenait pas ce qui se passait. « Tu aurais dû me le dire, j’aurais fait quelque chose. »
« Quand ?! » S’exclama le lycéen, probablement plus agacé qu’il l’avait voulu. « Tu étais toujours avec quelqu’un ! »
« Tu aurais pu le dire devant eux. Ou profiter du moment où ta sœur est allée dans la salle de bain, » répondit pourtant Noeru sans se départir de son calme. « Tu aurais pu venir dans la cuisine et dire que tu avais besoin de me parler. »
Tatsuya resta silencieux, légèrement mal-à-l’aise. Il avait sans doute raison, il s’était probablement conduit comme un imbécile et, en plus, il avait douté de la compréhension de son adorable petit-ami. Il avait complètement gâché leur après-midi et avait pourtant tenté de mettre ça sur le dos de sa famille envahissante.
La main chaude du fils du Père Noël se posant doucement sur la sienne coupa ses pensées maussades alors qu’il relevait la tête vers son visage souriant.
« J’étais un peu déçu en fait. J’adore ta famille, ils sont gentils et amusants, mais je voulais être avec toi et toi, tu semblais bouder. J’ai cru que j’avais fait quelque chose de mal. »
« Désolé, » murmura l’adolescent.
Noeru secoua la tête pour lui faire comprendre que ce n’était pas là qu’il voulait en venir, puis son doux sourire de petit enfant eu soudain l’air un peu plus manipulateur, comme à chaque fois qu’il avait une idée derrière la tête.
« J’ai entendu dire que tu auras la maison pour toi le soir de Noël … » Tatsuya hocha la tête, un peu perdu. Qu’est-ce que cela avait à voir avec leur dispute ? « J’ai discuté avec mon père pour terminer ma tournée un peu avant minuit … » si on avait été dans une bande dessiné, aucun doute qu’une ampoule se serait allumé au-dessus de la tête du lycéen. « Je devrais pouvoir arriver à temps pour qu’on fête ton anniversaire et qu’on rattrape notre rendez-vous d’aujourd’hui. Peut-être même que tu pourras m’apprendre ce fameux baiser français dont tu me vantais les mérites … » Noeru avait maintenant les joues aussi rouges que son manteau mais il fit malgré tout un clin d’œil aguicheur à son petit-ami qui se pencha au-dessus de la table pour offrir un très léger baiser sur les lèvres douces de l’adolescent. Oui, il avait ruiné leur journée ; mais Noeru lui offrait une chance de se rattraper et il ne comptait pas la manquer.

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