Kurushimi to hatsukoi : Chapitre 4

ça me fait tout bizarre que Kazuya devienne "gentil" avec Makoto ... J'ai l'impression de perdre de vue un peu mon truc de départ ... Mais en même temps, je pense que si les personnages évoluent comme ça, c'est que je l'ai voulu donc, je n'ai pas à critiquer ^~ J'aime toujours autant Kazuya même si il a changé ... Après tout, blesser quelqu'un peut parfois aider à se rendre compter de la cruauté dont on a fait preuve envers cette même personne ... La blessure à la jambe de Makoto ne partira jamais et continura pour toujours de rappeler à Kazuya ce qui c'est passé ...

Chapitre 4 : Happy birthday

 

Makoto poussa un petit soupire en se réveillant. Aujourd'hui, il avait quinze ans et il avait l'impression que sa vie n'avait absolument pas changée en un an. Il commençait d'ailleurs sa journée de la même façon qu'il l'avait débuté l'année précédente à la même date. En fait, il ne comprenait même pas à quoi servait un anniversaire ou juste le fait d'avoir une date de naissance. On ne changeait pas en une nuit et ça n'était pas parce qu'il avait « gagné un an » que tout allait être transformé. Bien sur, ça avait un sens symbolique mais franchement ... Il n'avait pas pris un centimètre dans la nuit, il ne s'était pas brusquement mis à comprendre des équations de second degré (ni même du premier d'ailleurs) et il était toujours aussi maladroit ... La seule différence qui s'était opéré chez lui, s'était son âge. Il ne semblait pas plus mature et son corps était toujours aussi fragile que lorsqu'il s'était endormi, contrairement à celui, musclé, de Kazuya. Kazuya qui l'avait d'ailleurs laissé tranquille la veille. Il s'était contenté de lui faire faire des exercices sur les multiplications et des divisions puis l'avait laissé regagner sa chambre sans le toucher. Peut être était il lassé de son corps, peut être était il juste fatigué ... Peut être n'avait il pas eu envi de l'embêter, peut être qu'il avait vu la mine fatiguée du neko ... Autant de « peut être » qui se bousculait dans la tête de l'adolescent qui brûlait de connaître la véritable réponse. Mais aujourd'hui, Kazuya avait cours et il ne pourrait pas lui poser la question avant qu'il ne rentre de l'école ... Et de toute façon, Makoto ne lui poserait jamais la question. Ça serait comme lui dire « sentir ta main sur moi me manque » et Kazuya n'hésiterait pas à répondre à une telle déclaration par une pique dont il avait le secret qui le ferait probablement rougir de honte avant qu'il le quitte la pièce en tapant des pieds ... Dire qu'aujourd'hui, s'était son anniversaire.
Makoto n'avait jamais aimé les anniversaires. Il ne les détestait pas non plus, en réalité, c'était surtout qu'il s'en fichait profondément. Pour lui, il s'agissait d'un jour comme les autres, à l'exception qu'on était plus gentil avec lui. Les premières années, on lui offrait des cadeaux. Une fois qu'il avait un peu grandis, il avait chaque année le droit à un gâteau fait spécialement pour lui ... Mais c'était la seule chose qui différentiait le 18 juin des autres jours de l'année. Pour le reste, il ne se sentait pas différent et il s'agissait juste de la continuation du 17 juin. Pourquoi se casser la tête à essayer de lui faire plaisir à cette date ? C'est ce qu'il avait toujours pensé ... Jusqu'à cette année. Lorsque Kazuya lui avait demandé si il y avait quelque chose qui pourrait lui faire plaisir, il avait d'abord était surpris puis, ensuite, il s'était posé quelques questions mais maintenant ... Il sentait son visage le brûler et il réalisait qu'il était heureux que l'adolescent n'ait pas oublier cette fête qui lui avait, pourtant, toujours semblée sans importance. Il avait souvent lu dans les mangas de l'adolescent - car lire était à peu prêt la seule chose qui faisait qu'il n'était pas totalement analphabète - ce genre de situations où le personnage principal se met à rougir parce que la personne qu'il aime à pensé à lui mais il n'aurait jamais pensé qu'une chose pareille puisse lui arriver à lui ... Tout d'abord parce que, jusqu'à il y a peu de temps, il était persuadé qu'il détestait Kazuya.
Il poussa un petit soupire et retira le yukata que lui avait donné Kazuya afin de prendre une douche. Il avait besoin de se changer les idées car rien que de repenser à son amour pour le plus jeune fils de la maison, il avait l'impression qu'un incendie lui brûlait les joues. Il déposa son vêtement, ferma la porte puis commença à faire couler de l'eau froide qui glissa le long de sa peau. Makoto ne s'en rendait compte que maintenant mais il avait une peau extrêmement pâle ... beaucoup plus blanche en tout cas que les autres domestiques de la maison. Pourtant, il était d'origine japonaise et les japonais avaient en générale une peau plus bronzée que les européens ... Au fond, dans la mesure où il ne savait rien de ses parents, il n'était pas impossible qu'il ne soit pas réellement un japonais de pure souche. Ses cheveux en était, à eux tout seul, la preuve irréfutable. Les japonais avaient normalement les cheveux beaucoup plus sombres, entre brun foncé et noir.
L'adolescent posa un instant son regard sur la cicatrice rouge qui marquait sa jambe à l'endroit où il s'était blessé un peu plus d'une semaine avant. Il repensa aux doigts de Kazuya qui l'avaient caressé avec délicatesse. Pourquoi avait il fait ça ? Regrettait-il son geste maintenant qu'il savait qu'il en garderait la marque pour toujours ? De toute façon, même si il avait désinfecté plus tôt, la cicatrice n'aurait pas miraculeusement disparut pour autant ... Il n'y était pour rien ... Mais il suffisait qu'il repense à la douceur des caresses de Kazuya sur sa jambe pour qu'il ne ressente plus du tout la douleur qui l'élançait encore parfois lorsqu'il marchait. Les deux garçons n'avaient plus parlé ce que qui s'était passé ce jour là et Makoto n'avait jamais eu le courage de lui demander pourquoi il l'avait soupçonné d'éprouver des sentiments pour sa sœur et pourquoi est ce que cette idée l'avait tellement énervé ... Peut être avait il juste peur de la réponse ... Il n'avait pas envi d'apprendre que Kazuya faisait un gros sister complex ... Ou alors avait il peur de l'entendre dire qu'il ne voulait pas que son jouet aille voir ailleurs ... Si Kazuya prononçait ses mots, il n'aurait probablement plus aucun moyen d'espérer un quelconque amour dont il lui arrivait, dans ses moments perdus, de rêver. Rêver que Kazuya le serrait dans ses bras avec douceur comme lorsqu'il se réveillait dans son lit après qu'ils aient couché ensemble ... Qu'il lui murmure au creux de l'oreille « je t'aime » d'une voix sensuelle qu'il avait parfois lorsqu'il rappelait au neko qu'il ne pouvait rien contre lui. Au fond, il devait être un peu masochiste pour s'imaginer de telle chose tout en connaissant la réalité ... Tout en sachant que la réalité était tout autre et qu'il ne pouvait pas la changer. Ces rêves qu'il lui arrivait de faire ne faisaient que rendre la réalité encore plus douloureuse ... Et il ne pouvait rien faire d'autre que pleurer pour un amour qu'il ne réussirait jamais à obtenir.

Makoto éteignit le robinet d'un mouvement sec. De toute façon, l'eau ne servait désormais plus qu'à cacher les larmes qui avaient commencé à couler le long de ses joues. Il aimait Kazuya, oh oui ! Il l'aimait tellement ! Mais Kazuya ne l'aimait pas ... Il se contentait de coucher avec lui pour combler ses envies et Makoto le soupçonnait même parfois de ne pas faire ce genre de chose qu'avec lui ... Mais lorsqu'il lui avait posé la question une fois, il s'était contenté de répondre « je ne suis pas toi ! Je ne couche pas avec n'importe qui » ... C'était vraiment méchant de dire une chose pareille lorsqu'on était celui qui avait commencé. Makoto n'avait rien demandé et Kazuya, même si il semblait l'avoir oublié, lui faisait toutes ces choses sans obtenir son consentement. Bien sur, il ne disait rien et se contentait de pleurer en silence lorsqu'il était sur de ne pas être vu ... Mais cela n'empêchait pas le cœur de Makoto de souffrir chaque fois qu'il pensait à cette acte vide de sens qu'il répétait jour après jour ... Kazuya lui faisait l'amour et lui disait des paroles blessantes en même temps. Pourquoi lui faisait-il tout ça si il ne l'aimait pas ? Parce qu'il était sans défense et n'avait personne auprès de qui pleurer ? Parce qu'il savait que, de toute façon, il n'avait nulle part d'autre que cette maison où aller ? Ou parce qu'il était juste un jouet qu'il était amusant de martyriser et de sentir en son pouvoir ? Makoto ne connaissait pas la véritable raison mais quelle qu'elle soit, il avait l'impression qu'elle le ferait souffrir ... Parce que quelle qu'elle soit, ça ne changeait rien au fait que Kazuya se contentait de jouer avec son corps sans prendre en compte les sentiments qui avaient germé, contre sa volonté, dans le cœur de l'adolescent. Oui, il aimait Kazuya et oui, il se laissait toujours faire ... Mais ça ne l'empêchait pas de souffrir de cette situation et il aurait donné n'importe quoi pour entendre ses trois mots ... « je t'aime » ... Pourquoi Kazuya ne les lui avait jamais dits ? Parce qu'il n'éprouvait réellement aucun sentiment pour lui ? Qu'il ne le considérait que comme un squatteur dans sa maison ? Un domestique maladroit ? Après tout, il n'avait pas tord ... Il vivait ici alors que la seule chose qu'il faisait dans cette maison était casser des assiettes et bailler aux corneilles lorsqu'il était censé faire le ménage. Et en plus de ça, à cause des vertiges qu'il lui arrivait encore d'avoir, il n'avait toujours pas repris le travail et ne faisait désormais rien de ses journées, hormis des mathématiques lorsque son « professeur » avait le temps de lui faire la leçon le soir.
Les mots de Kazuya revinrent à l'esprit de Makoto ... « Il y a quelque chose que tu voudrais ? » ... Il aurait pu lui demander n'importe quoi ... Pourquoi ne lui avait il pas dit à ce moment ... « Juste une fois, même si tu me mens, dit moi juste une fois que tu m'aimes ! » ... Il aurait trahi ses sentiments qu'il désirait garder secret néanmoins, il aurait pu entendre ses trois petits mots venir de la part de Kazuya au moins une fois dans sa vie ... Personne ne savait combien de temps il restait à vivre au neko. Personne n'était en mesure de connaître les effets secondaires que les expériences qui avaient été pratiqué sur lui. On savait juste qu'il avait besoin de médicament ... C'était la seule chose qu'on avait pu tirer des scientifiques avant qu'ils ne se suicident en prison ... Les médicaments que les survivants devaient prendre. Un chaque matin, sinon leur durée de vie ne serait plus que de quelques dizaine d'année ... Ils avaient aussi dit qu'ils n'auraient probablement pas une espérance de vie aussi longue qu'un humain normal à cause de l'ADN animal ... Makoto ne savait pas si il lui restait encore de longues années devant lui ou juste quelques jours ... Il savait juste qu'il ne vivrait probablement plus très longtemps et qu'il n'avait pas envi de mourir sans avoir entendu une seule fois les mots « je t'aime » de la bouche de ce garçon qu'il aimait tellement ... Il ne désirait que ça ... L'entendre une seule fois. Mais il s'était juré de garder le secret de son amour jusqu'à sa mort ... Après tout, personne ne pouvait lui dire quand il allait mourir alors ce n'était peut être pas aussi difficile qu'il se l'imaginait. Si il ne lui restait plus que quelques années, il pourrait les supporter. Du moment qu'il pouvait restait près de Kazuya, il se moquait bien de savoir qu'il ne vivrait pas aussi longtemps que lui ... Le contraire l'aurait affolé mais de cette façon, il ne risquait pas grand-chose à par mourir sans jamais avoir réussi à obtenir un amour réciproque.
Makoto pris l'un des cachets qui étaient rangés dans une boite à côté de la douche et se servit un verre d'eau avant de le boire d'une traite. Il se souvenait des premières années qu'il avait passé, à l'époque où il était incapable d'avaler les cachets. Le neko avait passé dix ans pendant lesquels les seuls médicaments qu'il réussissait à prendre étaient les médicaments en poudre. Il se souvenait aussi que pendant ces dix ans, s'était Kazuya qui lui avait fait prendre ses médicaments. Il lui servait un grand verre d'eau et lui disait des paroles réconfortantes ... « T'en fait pas Mako, tu vas y arriver ! » « C'est pas grand-chose, juste un petit cachet ... » « C'est comme un bonbon ... Tu arrives à manger les bonbons non ? » « Courage Mako ! » ... « Mako » ... Depuis combien de temps ne l'avait il plus appeler comme ça ? Le neko se souvenait encore des petites disputes que ce surnom avait provoqué « Je ne suis pas Mako ! Je suis Makoto ! » « C'est pareil ! Makoto, c'est trop long à dire, laisse-moi t'appeler Mako ! » « Non ! Mako c'est pour les filles ! Je ne suis pas une fille moi ! Je ne veux pas que tu m'appels Mako ! » « Tu ressembles à une fille pourtant ... » « Makoto n'est pas une fille ! Je veux que tu m'appels par mon prénom ! » « Je préfère Mako, c'est plus mignon et ça te va mieux » « Tu es méchant Kazuya ! » « Allez Mako ... Tu ne vas quand même pas me détester pour un surnom ! » « ... Non ... » Ensuite, Kazuya le serrait des ses bras et lui caressait les cheveux en l'appelant « Mako » ... « Mako, je t'aime » ... Quand ils étaient petits, il disait ces mots tellement facilement ... Mais ils n'avaient pas la même signification à l'époque ... Quand Kazuya disait cela, ça n'avait rien à voir avec l'amour que l'adolescent éprouvait pour lui ... Même si ils l'avaient cru ... « Mako, tu voudras m'épouser plus tard ? » « C'est quand plus tard ? » « Quand on sera plus âgé ! » « Mais tu es sur qu'on pourra ? » « Pourquoi pas ? On peut se marier quand on s'aime ! Regarde mes parents ! » « Mais ça ne te dérange pas si je ne suis pas entièrement un humain ? » « J'aime beaucoup les chats et je trouve que Mako est encore plus mignon comme ça » ... Qu'est ce qu'ils pouvaient être stupides à l'époque ... Penser au mariage alors qu'ils étaient deux garçons ... Mais ils étaient encore jeunes et ils ne connaissaient rien ni du véritable amour, ni du tabou de l'homosexualité et encore moins des événements qui allaient se passer peu de temps après ...

Makoto poussa un soupire et reposa le verre d'un mouvement brutal. Décidément, qu'ils avaient pu être naïf à cette époque. Et lui s'était laissé avoir par les déclarations répétés de son ami et avait commencé à éprouver aussi de l'amour pour lui ... Et même maintenant, il continuait de l'aimer. Mais Kazuya ne prononçait plus cette petite phrase ... « Mako je t'aime » ... Il ne l'avait plus redit depuis longtemps. Il avait dû se rendre compte de ce qu'impliquait ces sentiments et ne voulait plus les dire n'importe comme ... Au fond, l'adolescent le remerciait presque pour ça. Il aurait pu l'abuser en faisant semblant d'éprouve, encore, des sentiments pour lui ... Lui mentir et lui répéter « je t'aime » ... Mais il ne l'avait jamais fait ... Finalement, même si il lui faisait toutes ces choses, au moins, il ne lui mentait jamais. Il ne faisait jamais semblant de l'aimer et il ne donnait pas de fausse raison à son comportement ... Makoto ne pouvait que lui en être reconnaissant ... Voilà qui rendait les choses un peu plus faciles, même si ça n'était pas grand-chose. Il n'aurait pas pu supporter ce genre de mensonge alors que les sentiments qu'il éprouvait pour lui étaient réels. Il aimait Kazuya. Il avait bataillé contre son esprit et contre son cœur, mais il n'avait pas réussi à ignorer ce sentiment qui se faisait plus fort à chaque fois qu'il voyait le lycéen ... Oui ... Il l'aimait vraiment, il l'aimait tellement ... Même si ça lui fendait chaque fois le cœur de savoir que ses sentiments ne lui seraient jamais retournés. Mais il n'avait pas peur de souffrir. Il avait vécu tellement de chose depuis sa naissance que la seule chose qui lui faisait encore peur était l'idée de se faire renvoyé de cette maison ... Le seul endroit où il était encore chez lui. Bien sur, il vivait en squatteur, mais il s'agissait du seul endroit où il pouvait vivre alors même si on l'y détestait, même si c'était le lieu où Kazuya l'avait violé ... Il continuait d'aimer cette maison parce qu'on ne lui disait pas de partir, on le laissait vivre ici sans condition. Car si Makoto s'occuper de faire le ménage, la lessive ... On ne l'avait jamais menacé de le renvoyer de la maison si il faisait du mauvais travaille. Katsuragi-san le grondait souvent pour ses maladresses mais n'avait jamais, ne serait ce qu'effleuré l'hypothèse qu'il puisse un jour lui demander de quitter la maison ... Il était d'ailleurs passé le voir une fois alors qu'il était malade et il le lui avait dit ... « Même si tu es maladroit et que tu casses tout, n'oublis pas que tu es ici chez toi alors si tu te sens malade, n'attends pas de ne plus pouvoir bouger pour nous le dire ».
Il renonça à l'idée de remettre le yukata. Il n'arrivait jamais à l'enfiler seul de toute façon. Il se contenta du short rouge et du tee-shirt bleu qu'il avait pris dans son placard avant de sortir de la chambre. Katsuragi-san allait surtout jouer les moralisateurs ... « Tu n'es pas encore guéri alors couvre toi un peu plus » ... ça arrivait souvent depuis quelques jours et même si il ne l'aurait avoué pour rien au monde, il devait reconnaître que cette situation lui plaisait assez. Il aimait bien qu'on s'occuper de lui de cette façon ... ça lui donnait l'impression d'exister, d'être quelqu'un ... Il aimait se sentiment d'être vivant ...
Il sorti de la salle d'eau dans laquelle il s'était enfermé et se dirigea vers la cuisine pour voir si il y avait quelque chose qu'il pouvait faire pour aider. Là, chose rare, Katsuragi-san (mère) et Tomoyo était en train de s'activer. En réalité, c'était surtout la mère de la jeune fille qui s'activé, l'adolescente n'était pas capable de couper les des fruits sans risquer de se couper. Le neko s'approcha sans faire de bruit mais pas assez silencieusement visiblement car Tomoyo eu tôt fait de le repérer.

- Joyeux anniversaire Makoto-kun.
- ... Merci beaucoup Tomoyo ... Il y a quelque chose que je peux faire pour vous aider ?
- En effet, répondit la jeune femme en posant le couteau qu'elle tenait. Quelque chose de très simple que tu es la seule personne à pouvoir faire ...
- Quoi ? Demanda alors l'adolescent qui commençait à être méfiant, trouvant que ça tombait trop bien. Qu'est ce qu'on allait encore lui inventer.
- Quelle est le fruit que tu préfères ? La banane ou la mangue ? Répondit la mère de Tomoyo avec un sourire. On est en train de faire un gâteau pour ton anniversaire.
- Comment ça ? S'écria brusquement le neko. Mais ce n'était pas la peine de vous donner du mal pour moi de cette façon ... Je n'ai pas besoin d'un gâteau ... Un simple « bon anniversaire » me suffis largement !
- Kazuya-nii-san voulait vraiment qu'on fasse quelque chose cette année, répondit la jeune aveugle en souriant innocemment. Il disait qu'il avait été méchant avec toi mais qu'il ne savait pas comment se faire pardonner ...

Makoto resta silencieux. Alors Kazuya avait conscience que la cruauté de ses actions et il les regrettait ? Ou n'avait il dit ça que pour faire bonne figure devant la petite sœur adorée. Bien sur, des deux solutions, Makoto préférait envisageait la première mais il n'arrivait pas vraiment à y croire. Kazuya n'était pas le genre de garçon à regretter ses actes et en plus, il cela faisait plusieurs années qu'il agressait le neko sans lui offrir de cadeau d'anniversaire. Une brusque prise de conscience ? Est-ce que tout ça était la faute de sa blessure à la jambe ? Il avait remarqué que Kazuya avait changé depuis cet incident. Il se montrait presque plus doux avec l'adolescent et semblait presque vouloir attendre le consentement de son partenaire avant de lui faire quoi que ce soit. Makoto ne savait pas quel était le Kazuya qu'il préférait. En fait, peut être les aimait il tous les deux autant ... Aussi bien le Kazuya violent dont il avait l'habitude que ce lui, doux, qui agissait depuis quelques temps. Il aimait toutes les facettes de Kazuya, même si il avait longtemps dit le contraire et il aimait que Kazuya fasse attention à lui ... Mais il ne comprenait pas ses motivations. Pourquoi tenait il à ce point à lui souhaitez son anniversaire ? Ce n'était pas plus impressionnant que d'habitude, il avait juste gagné un an ... Alors pourquoi avait il choisi cette année pour préparer une fête ? Le pire, c'est qu'il ne pouvait même pas le lui demander puisqu'il était en cours ... A ce moment précis, il aurait donné n'importe quoi pour être dans la tête de son amant juste pour savoir ce qui avait bien pu lui traverser brusquement l'esprit. Il n'avait jamais eu de considération pour lui, l'avait traité comme un jouet et maintenant, il essayait de se racheter ? Où tout cela n'était encore qu'une ruse pour le faire tomber dans ses filets ? Surtout qu'avoir quinze ans n'était pas un grand phénomène. Ce n'était pas comme si il avait atteint sa majorité, la encore, il pourrait comprendre son désir de faire la fête. Mais au fond, il avait bien le droit de s'abandonner un peu ... Généralement, le jour de son anniversaire, en est censé en profité pour être en centre de l'attention et il avait bien l'intention d'être celui de Kazuya, peu importe les moyens qu'il devrait employer pour ce faire. Il voulait que Kazuya s'intéresse à lui et le prenne délicatement dans ses bras ... Un peu comme quand ils étaient enfants et que Makoto faisait des cauchemars. Il se mettait à lui caresser les cheveux, entre les deux oreilles, et murmurait « calme toi Mako, tout va bien ... ». En général, les rêves que Makoto était inintéressant ... Il n'en avait d'ailleurs aucun souvenir en se réveillant. Mais parfois, il s'agissait de souvenir de son enfance, de tout ce qu'il avait vécu avant d'arriver dans la famille Katsuragi et dans ses moments, il ne pouvait pas s'empêcher d'exploser en larmes en se réveillant en sursaut. Il avait l'impression d'être retourné dans ce laboratoire sombre et il pleurait pendant des heures avant de parvenir à se calmer. Mais quand ils étaient petits, Kazuya venait toujours le voir lorsque ça arrivait et il le serrait contre lui et lui murmurait des paroles rassurantes. « Plus personne ne se servira de toi de cette façon Mako. Même si ils essayent, je ne les laisserais pas faire ! Parce que tu es mon ami, Mako ! Rien qu'à moi ! Je ne laisserais personne d'autre te toucher et jamais personne ne pourra te faire du mal ! Je te protègerais. » Qui aurait cru à ce moment là que la personne qui lui ferait du mal ne serait autre que celui qui lui promettait d'éviter que ce genre de choses arrivent ... Maintenant qu'il y pensait, Makoto réalisait qu'il n'avait plus fait de cauchemar sur son enfance depuis plusieurs mois ... Il avait réussi à dormir normalement sans être hanté par son triste passé qui le détruisait un peu plus chaque fois que des brides de souvenirs lui revenaient à la mémoire.

- Makoto, tu veux jouer avec moi pendant qu'Okasan prépare le gâteau ?

L'adolescent fut tenté de dire oui puis il se souvint de la colère que leur proximité avait causée chez Kazuya et il prit brusquement peur. Il ne devait pas rester avec Tomoyo ou Kazuya risquerait de s'énerver de nouveau. Il ne voulait pas le voir énervé ... Il devait se tenir éloigné de sa petite sœur puisqu'il détestait autant le fait qu'il se rapproche. Il aimait bien Tomoyo mais il ne pouvait pas faire autrement. C'était un choix égoïste mais il ne voulait pas que Kazuya se fâche de nouveau contre lui comme s'était arrivé peu de temps avant.

- Je suis désolé ... Je crois que j'ai des choses à faire.
- C'est ton anniversaire, tu devrais juste t'amuser.
- Mais c'est très important ... Un autre fois peut être ...

Il avait essayé de paraître désolé et sur de lui mais il sentait bien à la moue de la jeune fille que sa voix devait trahir son inquiétude. Mais il avait fait le choix de s'éloigner d'elle, il devait le respecter, même si ça le rendait un peu triste pour la jeune handicapée. La jeune fille se contenta finalement de soupirer un petit « alors je suppose qu'on y peut rien » et le laissa quitter la cuisine. Makoto se sentait vraiment mal de la rejeter de cette façon mais il ne voulait pas mettre en colère Kazuya. Il se rendit alors dans la chambre de l'adolescent. Depuis qu'il avait commencé à prendre des cours de mathématique avec lui, il passait une grande partie de ses journées dans cette chambre, à lire les nombreux mangas qui étaient rangés dans les étagères et à feuilleter les magasines que le lycéen achetait parfois en sortant de l'école. Parfois, il lui arrivait aussi de lire des romans, même si il avait beaucoup plus de mal avec lorsqu'il y avait autant de signe et un nombre trop important de kanji, il n'arrivait plus vraiment à suivre l'histoire et se perdait au milieu des phrases sans en comprendre la moitié. Il n'avait jamais eu réellement de cours de japonais après tout.

- Tu veux que je te raconte ?

Makoto sursauta. Il était tellement pris dans l'histoire, à déchiffrer les kanji, qu'il n'avait pas entendu Kazuya rentré. Celui-ci portait son uniforme et avait une casquette bleue dans la main droite. Il s'assit sur le lit, pas très loin du neko qui tremblait presque de le savoir si près. Après tout, il ne lui avait pas demandé si il avait le droit de regarder dans ses affaires ... Peut être allait il s'énerver de cette indiscrétion ! Mais au lieu de ça, il prit le livre des mains de l'adolescent, feuilleta quelques pages et lu en diagonale le résumé qui était sur la quatrième de couverture.

- C'est l'histoire d'un gamin qui est extrêmement malchanceux ... Il a perdu ses parents quand il était bébé et n'en a plus aucun souvenir et il a été adopté par une famille qui ne l'aime pas et qui ne s'occupe de lui que par obligation ... De son côté, il est persuadé d'être réellement le fils de cette famille et ça le rend malade d'être autant détesté. Mais un jour, il apprend qu'il est le prince du royaume sur lequel quelqu'un de cruel a pris le trône à sa place. Alors il va former une résistance pour récupérer ce qui lui appartenait quoi qu'il arrive ... Je lisais vraiment des bouquins pourris quand j'étais gosse ... Tu n'arrives pas à lire ? Pourtant, c'est pour dix à onze ans alors ça n'est pas trop compliqué à lire ... Il faudra aussi que je te fasse des cours de lecture peut être ... ça pourrait être une idée ...

Il avait pris un ton moqueur mais ses joues avaient, elle, pris un teint brusquement plus rouge. Si Kazuya rougissait de cette façon, c'est qu'il devait avoir quelque chose à se reprocher ou qu'il voulait s'excuser. Au fil du temps, Makoto avait appris à reconnaître les humeurs de son amant grâce à la couleur que prenait son visage mais le rouge était encore extrêmement rare.

- Ecoute moi bien parce que je ne le répèterais pas deux fois ... Il inspira un coup. Je suis vraiment désolé pour ce que j'ai fait il y a deux semaines. J'aurais dû te croire quand tu as dit qu'il n'y avait absolument rien entre Tomoyo et toi ... Je sais que tu es quelqu'un d'honnête mais j'ai quand même mis ta parole en doute et je m'en veux vraiment ... Alors si tu ne veux plus jamais m'adresser la parole, je comprendrais mais je voulais juste dire ça ...
- ... Il parait que tu voulais fêter mon anniversaire ...

Une fois de plus, brusque rougeur. Kazuya tripota la casquette qu'il avait, désormais, entre les mains et ne semblait pas savoir où se mettre.

- Je sais que tu te fiches de ton anniversaire mais c'est quelque chose d'important tu sais ... L'occasion de s'amuser un peu et tu en as besoin parfois ... Je ne m'en suis rendu compte qu'il y a peu de temps.
- C'est pour ça que tu m'as demandé si il y avait quelque chose que je voulais ?

Il hocha la tête, encore un peu gêné par tout ce qu'il venait de dire. Soudain, son regard obliqua vers la fenêtre comme si il cherchait à éviter celui de Makoto. Il lui tendit brusquement la casquette qu'il tenait toujours entre ses mains et ses joues rougirent un peu.

- J'ai demandé l'autorisation à mon père ... Si tu portes ça sur ta tête, tu peux venir avec moi dans la ville ... Je t'avais promis que je t'emmènerais dehors un jour quand on était petit ... Mais tu ne t'en souviens probablement pas ... Si tu ne veux pas ...
- Je n'aurais jamais cru que tu te souviennes d'une si vieille promesse, le coupa le neko en prenant la casquette. J'avais quoi ... Cinq ans quand tu m'as promis ça ... C'était il y a dix ans ...
- Mieux vaut tard que jamais, se contenta de répondre le lycéen qui avait retrouvé toute sa contenance.

Makoto sourit et enfonça la casquette sur sa tête. Ça lui faisait un peu mal aux oreilles mais c'était le seul moyen qu'il avait de passer relativement inaperçu dans la rue ... Il allait pouvoir voir le monde extérieur pour la première fois depuis qu'il était entré dans cette maison. Il n'en avait plus aucun souvenir alors il était évidemment pressé et un peu anxieux. Comment est ce que ça allait être ? Il n'avait pas arrêté d'essayer de se l'imaginer mais maintenant, il avait un peu peur. Il n'avait pas l'habitude de voir d'autre personne que celle qu'il fréquentait chaque jour dans l'immense demeure des Katsuragi. Il se regarda de la tête aux pieds ... Est-ce qu'il était bien habillé ? Est-ce qu'il fallait qu'il enfile quelque chose en plus ? Quand il interrogea Kazuya à ce sujet, et lui répondit qu'il était très bien comme cela et qu'il n'avait pas de soucis à se faire ... De toute façon, il allait le guider et il le protègerais si il arrivait quoi que ce soit. « On est en Juin, il fait bon dehors. »
Kazuya n'avait pas menti. Dehors, il faisait chaud, presque trop. Heureusement, c'était bientôt la saison des pluies alors quelques averses venaient refroidir l'atmosphère de temps en temps. La ville était immense ... Bien plus grande qu'il ne l'avait imaginé. Il y avait tellement de magasin partout qu'il ne savait pas où donner de la tête. Pourtant, il faisait attention. Kazuya l'avait bien prévenu ... « Fait attention à ta casquette. Il ne faut pas qu'elle tombe ». Mais il continuait de courir dans tous les sens, regardant vaguement les vitrines et se souvenant des paroles de Kazuya ... « Si il y a quelque chose que tu veux, dis-le. C'est ton anniversaire aujourd'hui, je t'achèterais ce dont tu as envi. » Mais il n'avait pas de désire particulier en fait ... Si ... Dans l'immédiat, il y avait peut être une chose dont il avait envi. Il tira Kazuya par le bras et ils entrèrent dans un conbini. Il avait entendu parlé de ces magasins ouvert sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre par Kazuya et par d'autre domestique. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait. Il prit entre ses petites mains un paquet de pocky à la fraise et les tendit à Kazuya avec un immense sourire.

- Tu veux ça ?

Makoto hocha la tête.

- Comme cadeau d'anniversaire ?

Nouveau hochement de tête un peu plus impatient.

- Tu sais, tu peux choisir quelque chose de plus chère.
- Je veux ça !
- Tu peux prendre autre chose alors. J'ai l'air d'un radin là ...
- Je veux juste ça !
- Pourquoi ?
- Parce qu'on en mangeait toujours à mon anniversaire quand on était petit !

Makoto avait commencé à s'énerver et les personnes présentes dans le conbini s'étaient retournés vers eux pour voir se qui se passait. Kazuya se massa la tempe puis prit la boîte de pocky des mains de son vis-à-vis et se dirigea vers la caisse. Après tout, si ça lui faisait plaisir, il pouvait bien lui offrir ça ... C'était lui qui avait choisi ... Et en rentrant, il y avait aussi un gâteau qui les attendait. Il avait été voir Tomoyo et sa mère en rentrant qui lui avaient dit qu'elles avaient finalement préparé deux gros gâteaux. Il avait été difficile de trouver un moule assez grand pour que non seulement la famille Katsuragi mais aussi l'ensemble des domestiques puissent tous avoir une part. Quoi qu'il soit, pour le moment, Makoto était heureux. Sans se soucier de ce qu'on pourrait penser, il avait pris le bras du lycée et s'était collé à lui sans donner la moindre explication.

- Tu sais que tout le monde nous regarde ? Fini par demander Kazuya, amusé par la situation.
- Ce n'est pas grave, je porte une casquette.
- Le problème n'est pas là ... Mais pourquoi est ce que tu te tiens à moi ? Tu as peur de tomber ?
- ça fait parti de mon cadeau d'anniversaire. Aujourd'hui, tu es mon petit ami.
- ... Je croyais que tu me détestais ?
- Mais aujourd'hui tu as été gentil. Merci ...

Les joues de Kazuya virèrent à l'écarlate. Il n'avait pas l'habitude de se faire remercier et encore moins par Makoto qui passait généralement son temps à dire qu'il le détestait et qu'il ne voulait plus jamais avoir affaire à lui ... Peut être qu'ils s'entendaient mieux que chacun d'eux ne voulait bien le faire croire.

- Je crois qu'il est plus que l'heure de rentrer à la maison ... Tomoyo va s'inquiéter de ne pas nous voir revenir.

Makoto se contenta de sourire à la remarque et proposa à son petit ami de la journée l'un des pocky du paquet qu'il accepta avec joie. Le soleil brillait et l'adolescent se rendait compte qu'il avait bien fait de ne pas trop se couvrir. Il était aussi réellement heureux d'avoir pu sortir de la maison de Katsuragi ... Voir le monde extérieur juste une fois ... Pour ne pas avoir l'impression d'être totalement inculte. Il ne savait pas très bien lire et était nul en mathématique alors il ne voulait pas être complètement derrière les autres toute sa vie ... Il voulait être capable de connaître le monde extérieur, même si ça n'était pas pour y retourner ... Juste pour éviter d'en rêver chaque jour ... Makoto était en train de se ressasser tout ça lorsqu'il sentit le bras de Kazuya le serrer un peu plus contre lui qu'il ne l'était déjà. Il releva ses yeux vers l'adolescent qui s'efforçait de regarder ailleurs, l'air de dire « qu'est ce qu'il y a de si bizarre ? C'est toi qui a voulu commencer le jeu du petit ami après tout ». Makoto lui rendit son étreinte. Il n'avait jamais pensé à son anniversaire autrement qu'à un jour comme les autres mais finalement ... C'était une date un peu magique ...

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