Hisshi : Chapitre 6

Ce soir, ce me "débarasse" une bonne fois pour toute de Hisshi. Premièrement, je trouve que je la traîne depuis trop longtemps ici, vous n'êtes pas d'accord ? ça fait plus d'un an que je l'ai terminé et pourtant, je continue de "faire durer le plaisir". Mais ce soir, stop. Explication : A cause de je ne sais quel bug, il y a deux dossiers Hisshi chez moi donc, une fois sur deux, je le met dans le mauvais et je suis obligé de refaire la manip' et de me souvenir où je l'avais mis pour ne pas refaire la même connerie. J'ai bien essayé d'en virer un des deux mais dans l'administration, il n'y a qu'un seul dossier. Résultat, c'est chaque fois la galère et j'en ai par dessus la tête. Aujourd'hui, donc, vous pouvez vous attendre à la fin d'Hisshi avec ce dernier chapitre et l'épilogue. Pas trop tôt diront certains.

Chapitre 6 – J-4. « En fait, j’aurais bien aimé vivre plus longtemps »

Chaque fois que j’ouvrais les yeux, c’était la même chose … Je sentais le plastique du masque à oxygène qu’on avait mis sur mon visage et je ne voyais, même si ce n’était que de manière très floue, que les murs blancs de l’hôpital. Parfois, j’arrivais à avoir dans mon champ de vision un bouquet de fleurs posé délicatement sur la table à côté de mon lit, là où était posé mes médicaments … Ceux qui ne servaient à rien et étaient de plus en plus inutile. De toute façon, il avait été décidé de faire tout passer par le sang … C’était l’autre chose qui me dérangeait. Qu’on m’ait piqué dans mon sommeil pour me mettre cette poche qui faisait passer dans mon sang des médicaments, des protéines … Du moins, c’était ce qu’on m’avait expliqué, je n’en étais pas persuadé … Je me sentais trop mal pour qu’on ne m’ait donné que des choses bonnes pour ma santé … Quoi qu’il en soit, une chose était sur … Je n’avais pas eu de morphine. J’avais tellement mal aux poumons que j’aurais pu pleurer … D’ailleurs, peut être que je l’avais fait … Je ne me rendais plus vraiment compte de ce qui se passait autour de moi et de ce qui m’arrivait tout cours. La seule chose que je réalisais c’était que je n’arrivais plus à respirer tout seul … J’étais de plus en plus malade et cela était tout à fait normal puisque nous étions à quatre jours de mon anniversaire … Pour la première fois, j’avais réellement peur. Avant aujourd’hui, je n’avais jamais réellement réalisé ce qui m’arrivait. J’étais malade et j’allais mourir … Très bien. Et alors ? Je me portais plutôt bien, même si je ne pouvais pas faire de sport. Désormais, je ne pouvais plus bouger de mon lit et je passais le plus clair de mon temps à dormir ou à regarder droit devant moi. Cela faisait déjà deux jours que j’étais ici et je m’ennuyais de plus en plus. J’avais souvent mal à la tête aussi … Quand j’avais dit que l’école n’était pas un truc pour moi … Je n’y étais finalement pas resté longtemps mais j’avais eu le temps d’expérimenter les cours, de façon rapide, la cantine, qui m’avait plutôt étonné par sa diversité … J’avais même pu avoir des amis … Je suppose que je n’étais pas vraiment à plaindre … Surtout qu’ils passaient tous les jours … En tout cas, ils étaient passé hier et avant-hier … C’était eux qui avaient apporté les fleurs. J’étais bien obligé d’avouer que l’attention me touchait. Je ne savais pas vraiment pourquoi ils les avaient acheté … Je ne savais même pas de quelles fleurs il s’agissait … Néanmoins, l’attention me touchait … Et je n’étais pas le seul. J’avais entendu mes parents les remercier de me soutenir et de venir chaque jour malgré le fait que l’hôpital n’était pas un endroit très accueillant. Akira s’était contenté de rire en disant que c’était normal de venir pour ses amis … C’était vrai, nous étions amis … Je ne lui avais rien dit sur mes sentiments … Finalement, il semblerait que je puisse les emmener avec moi sans encombre … J’avais eu peur de finir par tous les déballer mais le lendemain du jour où j’avais réalisé ce que je ressentais pour lui, il avait fallu me transporter à l’hôpital en urgence parce que j’étais en train de m’étouffer avec du riz … Je n’avais plus quitter la chambre aux murs blancs depuis et, parfois, je commençais à m’ennuyer sérieusement. Alors je rêvassais … Je me demandais ce que pouvait être en train de faire Akira, Shinichi et Mizuki. Est-ce qu’ils s’amusaient ? Je réfléchissais … Avaient ils cours ? N’était ce pas la pause ? Pleins de pensées inutiles que je n’avais en tête que pour passer le temps … Je ne me demandais pas ce qui allait m’arriver … De toute façon, cela faisait bientôt six ans que je le savais alors je préférais éviter un maximum de penser à ma maladie qui se propageait de plus en plus rapidement et finirait pas me tuer … Je crois que ce fut la première fois que j’eu ce genre de penser … « Finalement, j’aurais bien aimé vivre un peu plus longtemps » … Je regrettais d’avoir toujours dit le contraire … D’avoir essayé plusieurs fois de mourir mais en même temps, lorsque j’y réfléchissais, cette peine s’en allait. Si j’avais réussi … Si j’étais mort plus tôt, alors je n’aurais pas pu avoir ce genre de penser et je n’aurais rien regretté … Finalement, ça aurait été plus simple au final … Et une fois de plus, je me morfondais sur ma tentative de suicide raté. Je me disais que ça aurait été tellement mieux si tout c’était fini dans la cuisine de la maison, quand j’avais dix ans. Je n’aurais pas rencontré Akira … Je n’aurais jamais été ami avec Shinichi et Mizuki … Et je n’aurais pas été triste de me dire « Ah … Dans quatre jours c’est mon anniversaire … ».

Malgré le masque, je ne pu m’empêcher de pousser un soupire déprimé. Il n’y avait décidément rien à faire ici et le temps semblait passer au ralenti. Je jetais un regard au réveil sur la table … Cinq heures … Seulement ? Alors ça ne faisait que vingt minutes que j’étais réveillé ? De toute façon, qu’est ce que je pouvais faire à cinq heures ? Le jour n’était même pas levé, mes parents étaient rentrés à la maison et les infirmières faisaient leurs rondes dans les chambres des petits … Le ciel était encore sombre même si on pouvait voir que le jour n’allait pas tarder à ce lever … Je n’aimais pas spécialement regarder les levers de soleil mais il semblerait que je n’avais rien de mieux à faire que de l’attendre. Je tournais donc la tête vers la fenêtre. Depuis mon retour, on ne m’avait mis personne dans la chambre … Je ne savais pas si c’était par égard pour moi ou juste parce qu’il ne voulait pas choquer un autre patient … Quel qu’en soit la raison, je leur en étais reconnaissant … Je n’étais déjà pas particulièrement fier que des gens que je connaisse puissent voir la détérioration de mon état mais je me serais senti encore plus mal si ça avait été un inconnu … De plus, de cette façon, je ne risquais pas de déranger quelqu’un avec mes quintes de toux à répétition … Mais même si j’avais honte de l’état dans lequel j’étais, je ne pouvais pas s’empêcher d’être content d’avoir le droit à des visites … Je me serais sentit tellement seul si Akira n’avait pas eu le droit de venir … Je n’y pouvais rien si j’étais tombé amoureux de lui … Désormais, je ne pouvais simplement plus m’en passer … Je l’aimais trop … Il était la personne que j’aimais le plus dans ce monde, même si c’était un peu tard pour qu’une chose pareille m’arrive. On m’aurait dit ce qui allait se passer un mois avant, je pense que j’aurais ris au nez du voyant pour toute réponse. Moi, amoureux ? Impossible … Et pourtant. Comme quoi, celui qui avait dit que rien n’était impossible était décidément un génie … Minute … ça ne serait pas mon médecin qui me répète ça à chaque fois que je lui disais qu’il était impossible que je guérisse ? Je retire ce que j’ai dit, cet homme n’est décidément pas un génie.

Pris d’ennuie, je détourne les yeux de la vitre. Franchement, le lever de soleil est la chose la plus ennuyante à regarder et pourtant, j’ai tenté de nombreuses choses pour m’occuper depuis que j’ai dix ans … Quoi que … A bien y réfléchir, à part regarder le cerisier, je ne crois pas avoir beaucoup diversifié ma façon de passer le temps … J’aurais peut être dû y réfléchir un peu plus quand j’en avais l’occasion parce que maintenant, je n’avais rien à faire et j’avais désespérément envi de sortir de ce lit pour me dégourdir les jambes … Juste pour être sur qu’elle fonctionne encore, on n’est jamais trop sur … Mais en même temps, je n’aurais probablement plus l’occasion de m’en resservir alors si je ne pouvait plus marcher, je ne pense pas que c’était particulièrement problématique. Avec toute la force dont je disposais (qui ne résume déjà pas à grand-chose en temps normal alors dans cet état c’était un peu comme une épreuve digne des jeux télévisés dont m’avait parlé une fois Akira) je tentais de me redresser sur le lit et j’essayais d’attraper le lecteur mp3 qu’Akira m’avait confié à mon entrée à l’hôpital … J’avais voulu le lui rendre lors de sa première visite mais il s’était contenté de sourire en disant « Tu me le rendras quand tu reviendras à l’école » … Il s’agissait probablement de sa façon de me dire que tout irait bien tout en sachant que tout irait mal … Akira n’était pas du genre à raconter des bobards aussi gros alors il le faisait de façon détourné … Au final, ça revenait au même mais j’appréciais néanmoins son attention … De la part de quelqu’un d’autre, ça m’aurait certainement irrité mais de savoir que la personne dont on est amoureux pense à vous, je crois que c’est assez merveilleux … Même si je savais qu’il ne m’aimait pas, j’aimais être juste près de lui … Mes parents s’en étaient rendus compte assez vite et m’avait dit qu’ils étaient heureux que j’ai trouvé un si bon ami … Pour une fois, j’étais assez d’accore avec eux … Moi aussi, je crois que j’étais heureux d’avoir quelqu’un comme Akira avec moi, surtout en ce moment où je commence à perdre totalement mes moyens, petit à petit … La seule chose qui m’amusait, c’était d’imaginer ce que le professeur pouvait bien inventé comme excuse pour expliqué ma longue absence. Ce n’était pas comme s’il pouvait dire à mes camarades de classe, des adolescents de quinze à seize ans, que leur condisciple qu’ils avaient évité depuis le début de l’année était en phase terminal d’un virus bizarre dont il ignorait le nom … Mizuki m’avait dit que, pour le moment, il essayait d’éviter le sujet. Dans la classe, ça jasait pas mal … « ça doit être cool d’être malade, ça permet de louper les cours » ou encore « ça fait déjà deux fois qu’il se fait porter pâle. » Certains, malgré tout, rester un peu plus respectueux et se contentaient de faire remarquer que « pour être absent si souvent et inquiéter si facilement les professeurs, il doit avoir un truc plutôt grave quand même » … Mizuki avait rapidement été réquisitionné pour éclaircir ce mystère … « Pourquoi il n’est pas là Mimomiya ? » « Est-ce qu’il est réellement malade ? » ou encore « Qu’est ce qu’il a au juste comme maladie ? » A tout cela, Mizuki s’efforçait de répondre « Je ne sais pas … Nous n’étions pas assez proche pour parler de ce genre de chose » et il prétextait un besoin urgent … C’était Akira qui m’avait raconté ça … Ce que vivait Mizuki tous les jours. Lui, il ne m’en avait pas touché un mot et quand Akira l’à raconté, il a rougit et lui a demandé de ce taire. A ma question muette « pourquoi ? » il avait simplement répondu « j’avais l’impression que c’était ce que tu aurais voulu que je réponde ». Il avait raison … Je ne voulais pas que l’on sache quelle genre de maladie j’avais. Entre une fausse pitié réservée aux mourants et l’indifférence avec laquelle on me voyait, je préférais la seconde situation. Peut être aussi que ça m’amuser, dans mon fond intérieur, de les voir chercher avec tant de passion ce que je pouvais bien avoir … La raison de mon absence … Peut être que je considérais ça comme ma façon de me venger de la façon dont ils m’avaient regardé … Ils voulaient savoir des choses mais ils ne les obtiendraient pas de moi … Même si, en réalité, je pense qu’il ne va plus passer très longtemps avant qu’ils ne soient tous au courant puisque le fils de mon médecin était passé hier à l’hôpital et avait donc, probablement, vu que j’étais de nouveau sur la liste des patients internes … Dès aujourd’hui, toute l’école allait savoir … ça allait probablement se répandre aussi rapidement que l’annonce du fait que j’étais malade … Ce garçon aimait être toujours le centre de l’attention et avait des scoops presque tous les jours … Sans compter que j’avais l’impression qu’il ne m’avait jamais apprécié … Non pas que j’ai fait attention à lui, juste que c’était ce que j’avais ressenti. Je n’en avais jamais parlé avec son père mais c’était lui qui était venu me trouver à ce propos. Il avait soupiré et m’avait prié de l’excuser pour les façons, parfois un peu cruel, avec lesquels son fils me traitait. Il m’avait aussi expliqué qu’il ne lui pardonnait pas de s’occuper plus de moi que de lui … En réalité, il avait juste l’impression que je lui volais son père … Ce n’était pas quelqu’un de méchant, il réagissait comme n’importe quel enfant … C’était, du moins, ce que je pensais mais je n’étais pas professionnel en relation enfant-parents mais ça, je l’ai déjà dit plusieurs fois de façon détournée …

Un cri retenti dans le couloir … Kenji Takada, un garçon de la chambre d’à côté, semblait s’être réveillé. Il n’était pas encore habitué à l’hôpital et avait tendance à se mettre à pleurer chaque fois qu’il réalisait où il était c'est-à-dire à chaque fois qu’il se réveillait. D’après les conversations des infirmières, il était ici pour une infection lui aussi … Mais la sienne n’avait pas l’air d’être dangereuse et tout le monde disait qu’il s’en sortirait sans problème une fois que les médicaments auraient fait leur effet. Malgré tout, l’hôpital n’était pas encore très chaud pour le laisser rentrer chez lui mais, toujours d’après les ragots, ça n’avait rien à voir avec une maladie quelconque mais plutôt avec les cicatrices qu’il avait sur le corps. Une enquêtes étaient en cours pour savoir si il s’agissait réellement de chut, comme le prétendait les parents, où si ils n’en étaient pas les auteurs … Quoi qu’il en soit, hormis le fait qu’il faisait du bruit, rien ne m’intéressait particulièrement chez ce garçon et je n’en avais strictement rien à faire … Il n’y avait d’ailleurs aucune raison pour qu’on se rencontre jusqu’à ce que l’infirmière entre dans la chambre peu après que les pleurs du petit Takada aient cessé.

- Makoto, commença t’elle en ayant derrière elle un garçon qui se cramponnait à ses vêtements comme si sa vie en dépendait, puisque tu n’as rien à faire depuis deux jours, tu pourrais t’occuper du peu du petit Kenji … ça lui fera du bien de parler avec un habitué de l’hôpital.

Dans l’espoir d’échapper à cette corvée je fis un signe vers le masque à oxygène que j’avais toujours sur le visage. « Je ne peux pas parler » avais je envi de lui dire.

- Tu peux le retirer tu sais … C’est surtout quand tu dors que le médecin veut que tu le mettes … Tu arrives encore un peu à respirer par toi-même … Et je suis sur que tu peux parler avec ce masque.

Raté … En désespoir de cause, je me contentais d’hocher les épaules, signe que je m’en fichais et elle déposa le petit Kenji au pied du lit pendant que je retirais le masque en essayant de ne pas trop m’embrouiller avec les tuyaux bizarres qui m’apporter des nutriments et autres trucs importants pour la santé et parfaitement inutile dans mon cas puisqu’ils n’allaient pas me guérir … Le petit Kenji regarda l’infirmière s’en allait puis me fixa moi … Bon … Qu’est ce que je devais faire ? Déjà, regarder l’heure … Cinq heures et demi … Seulement ? Comment avait elle su que j’étais déjà réveillé ? J’aurais mieux fait de faire semblant de dormir … Mais avant que je n’eu le temps de soupira, le petit garçon se rapprocha de moi et commença à caresser mes cheveux … Tiens ? Qu’est ce qui lui prenait ?

- Tu trouves peut être la couleur bizarre … Fini-je pas demander. Après tout, on voulait que je lui parle …
- Non, maman les a de la même couleur …
- Alors pourquoi tu t’amuses avec ?
- Tu as l’air triste … se contenta t’il de répondre en continuant, si bien que j’avais l’impression d’être un chaton. Quand je pleurs parce que papa m’a fait mal, maman fait comme ça avec moi et ça va mieux …
- Alors ton père est violent ?
- Parfois … Mais il n’est pas méchant. Il a beaucoup de problème !

Je ne répondis rien et me contentai de détourner le regard. Je me sentais assez mal à l’aise face à un enfant de cet âge … Il devait être plus jeune que moi quand j’avais appris que j’étais malade mais il semblait accepter la situation alors pourquoi pleurait il aussi souvent ? C’est la question que je lui posais et à laquelle il me répondit par une autre question … Habile le gamin …

- Tu t’appelles Makoto, c’est ça ? C’est joli … Dit … Makoto-nii-chan, tu es là depuis combien de temps ?
- Deux jours … Mais même quand je ne dors pas ici, je dois passer tous les jours …
- Pourquoi ? Demanda t’il en s’assayant normalement, à côté de moi.
- Parce que j’ai une maladie aux poumons et qu’il faut me soigner … Je crois …
- Et tu vas rester longtemps ? Continua t’il … Il était vraiment curieux ce gosse !
- Bonne question … J’aimerais bien le savoir aussi …
- Moi, je vais rentrer dans une semaine ils ont dit … Mais je serais seul avec maman … Makoto-nii-chan … Tu vas mourir ?

Les pieds dans le plat … C’était probablement la première fois qu’on me le demandait de façon aussi brutale et, bizarrement, bien qu’il s’agissait d’un enfant, j’avais l’impression qu’il était mieux de lui dire la vérité … Après tout, c’était lui qui l’avait demandé et j’avais l’impression qu’il connaissait déjà la réponse et qu’il ne se servait de cette question que comme tremplin pour me raconter autre chose.

- Oui …
- Ma vraie maman est morte aussi … J’avais deux ans alors je ne m’en souviens plus très bien et ma nouvelle maman est très gentille et je l’adore mais mon papa à commencé à changer après qu’elle soit morte. Elle aussi elle avait une maladie aux poumons je crois … Ma nouvelle maman voulait l’aider et finalement, ils se sont mariés … Elle m’a dit qu’elle connaissait très bien ma mère et qu’elle lui avait promis de veiller sur nous deux mais qu’elle n’avait pas réussi à s’occuper de papa … Alors maman est triste et elle pleure souvent.
- Chez moi, c’est moi qui fait pleurer ma mère, soupirais je en me demandant pourquoi je luis racontait ça. Elle est gentille avec moi et tout mais moi … Je crois que je n’ai pas envi de m’attacher aux gens …
- Tu dois te sentir seul …
- Non, lui répondais-je en souriant. Parce que je me suis fait des amis cette année et grâce à eux, je commence à comprendre les sentiments de ma mère … C’est bête que je réalise tout ça si tard tu ne crois pas ?
- Tu vas bientôt mourir c’est ça Makoto-nii-chan ?
- Oui …
- J’ai entendu le docteur en parler avec une dame très belle … C’était peut être ta mère … Il y avait un monsieur avec elle … Il avait un dossier avec écrit « Makoto » … Mais je n’ai pas réussi à lire les kanji qu’il y avait avant … Et il disait que tu allais probablement mourir le jour de ton anniversaire … C’est trop triste !
- Je n’ai jamais fêté mon anniversaire alors ça ne me dérange pas … Mais dis moi, Kenji-kun … Tu penses qu’il y a quelque chose après la mort ?
- Oui ! Il avait presque crié et avait commencé à sourire. Maman dit que ma maman est probablement très heureuse là où elle est !
- Alors je vais te promettre quelque chose tu veux ?

Il me regarda d’abord avec une moue d’interrogation puis, probablement poussé par la curiosité, il hocha la tête … Il ressemblait presque à un petit animal … C’était plutôt mignon … Finalement, peut être que l’infirmière avait bien fait de me le mettre dans les pattes.

- Quand je serais mort, j’irais voir ta maman … Je lui dirais tu l’aimes beaucoup et que tu penses encore à elle … C’est la vérité non ?
- … Oui …

Il avait prit un temps avant de répondre … Probablement s’en voulait il de sa réaction à cause de sa « nouvelle maman » … Ce petit éprouvait plus de sentiment en cinq minutes que moi en seize ans.

- Même si ma maman est très bien, ce n’est plus la même chose … Je ne me souviens plus très bien de ma première maman mais elle me manque beaucoup !
- Alors, dans ses conditions, je la protègerais aussi ! Je protègerais ta maman jusqu’à ce que tu sois très vieux et que tu viennes nous rejoindre …

Il me fit un immense sourire et, à ce moment là, quelqu’un entra dans la chambre. A six heures du matin, ce n’était pas quelques choses d’habituel … L’heure des visites n’avaient même pas encore commencé, il restait une heure avant cela … Je le savais parce que ma mère se présentait toujours à la première heure pour voir si j’allais bien avant de partir à son travail pour revenir le soir …

La personne qui était entrée dans la chambre n’était pas ma mère, même si il s’agissait d’une femme. Elle était très jeune … Probablement moins de trente ans mais je n’étais pas très doué pour donné des âges. Elle portait un costume de secrétaire et semblait un peu intimidé, ce qui n’était pas le cas de Kenji qui sauta du lit pour courir vers elle … Ce n’était pas difficile de deviner de qui il s’agissait.

- Maman !
- On m’a dit que tu avais encore pleuré … J’étais inquiète alors je suis venue … J’ai promis à Shiori de te protéger ! J’ai déjà échoué avec ton père …
- C’est bon maman ! Grâce à Makoto-nii-chan, tout va bien, je ne suis plus triste.
- Makoto …

Elle me fit un sourire tout en continuant de trembler. Je n’arrivais pas à savoir pourquoi est ce qu’elle semblait aussi effrayée. Avait-elle si peur que ça de ne pas pouvoir tenir sa promesse ? Quoi qu’il en soit, elle semblait maintenant un peu soulagée et se laissa tirer par la main pour s’assoir dans une chaise à côté de mon lit …

- Makoto-nii-chan est très gentil ! Il m’a fait une promesse secrète !
- Tu en as de la chance Kenji, répondit la jeune femme, désormais complètement décontractée. Mais ne l’embête pas d’accore ? Il est ici parce qu’il est malade donc il a besoin de calme et c’est aussi ton cas … Ce n’est pas parce que tu peux bouger partout que tu dois faire n’importe quoi … Et n’embête pas les infirmières.
- Tout va bien maman ! Sourit le jeune garçon. Dans une semaine, je pourrais rentrer ! Et je vais déjà beaucoup mieux … Je pleurais parce que j’avais peur que maman se fasse du souci mais si maman se fait du souci quand je pleure alors je ne pleurerais plus !

La jeune femme s’apprêtait à répondre lorsque mon médecin entra dans la pièce … J’avais oublié qu’il travaillait tôt aujourd’hui, probablement parce qu’habituellement, il passait me voir en dernier.

- Makoto, on va essayer de te faire manger par toi-même pour voir ce que ça donne. Ton état c’est amélioré depuis hier … Tu peux même respirer tout seul !
- Ouais, j’vais bientôt pouvoir courir le marathon, répondis-je avec une pointe de sarcasme dans la voix.
- Pas de mauvais esprits, me réprimanda t’il en souriant. Dire que tu es charmant quand tu es avec tes amis et moi j’ai le droit à la mauvaise humeur … Où est passé le mignon Makoto ? Je n’ai pas eu le temps de prendre des photos.
- Mes amis, au moins, ne me plante pas des seringues dans l’épaule … J’avoue que ça leur donne un point d’avance sur vous.

Au moment où je terminais ma phrase, je le vis déposé les poches où étaient les vitamines qu’on me transmettait dans le sang et je le senti poser sur mon bras un pansement. C’était stupide … J’en aurais probablement de nouveau besoin très bientôt … Inutile de le retirer pour quelques jours. Même si ça faisait du bien de ne plus avoir de fil près de moi … En particulier quand je dormais … J’allais désormais pouvoir fermer les yeux sans craindre de me vider de mon sang pendant mon sommeil … Mais en réalité, ce n’était pas comme si je dormais beaucoup … Dernièrement, je ne restais pas en endormis plus de cinq minutes. J’avais mal à la tête, au cœur et surtout aux poumons. C’était probablement normal quand on était malade mais c’était, malgré tout, très désagréable.

- Et bien Kenji-kun, continua le médecin en se retournant vers le jeune garçon qu’on m’avait confié. J’espère que Makoto ne t’a pas fait trop peur …
- Non, répondit l’intéressé avec un sourire, Makoto-nii-san a été très gentil avec moi …
- Il n’y a donc qu’avec les adultes qu’il est désagréable, soupira le vieil homme en se retournant vers moi. Je vais faire des examens avec Kenji-kun et j’ai beaucoup d’autre patient que toi alors si tu pouvais rester bien sagement dans ton lit pour une fois … La dernière fois, on t’a retrouvé inconscient dans les escaliers.
- Si vous voulez être sur que je ne bouge pas, vous n’avez qu’à m’attacher … répliquais-je. Ou mieux … Donnez-moi un livre ou quelque chose à faire.
- Je comprends que tu t’ennuies mais la vie à l’hôpital n’est pas aussi terrible que tu sembles le penser …

Je ne répondis rien. De toute façon, ça ne servait à rien de continuer ce petit jeu, il avait décidé de me montrer qu’il était le plus fort et il ne vivait pas à l’hôpital alors il n’avait aucune idée de ce que je pouvais vivre … Surtout lorsque c’était l’heure de prendre la douche … Avant, tout allait bien mais désormais, je devais être accompagné au cas où je fasse un malaise, une fois de plus. Si bien que chaque soir depuis deux jours, s’était la même comédie … « Makoto, tu es vraiment pâle … Je sais que tu ne peux pas te mettre au soleil dans ta chambre mais en mangeant mieux, tu devrais pouvoir retrouver des couleurs. » Au moins, je n’avais pas encore eu le droit aux critiques sur ma cicatrice au torse … Je n’aurais pas supporté un « Makoto, cette cicatrice jure terriblement avec ta peau » … De toute façon, ça ne risquait pas d’arriver puisque j’avais généralement la main droite posé dessus pendant que je me lavais. Mais, quoi qu’il en soit, en deux jours, j’avais appris à détester prendre ma douche.

La journée était passée aussi lentement que les autres et j’avais passé la moitié du temps à rêvasser et l’autre à dormir. Des petits sommes de cinq minutes maximum … En ce moment, c’était tout ce dont j’étais capable … Après ça, j’avais tendance à me réveiller en sursautant sans qu’il n’y ait rien d’inquiétant … En vérité, c’était même moi le plus terrifiant … Je n’étais même plus capable de dormir. Est-ce que j’avais juste peur de ne pas me réveiller ? Après tout, c’était une possibilité à ne pas écarter …


- Tu n’imagines pas combien le cours d’anglais a pu être ennuyeux aujourd’hui Makoto, soupira Mizuki qui était assis à côté de moi. On nous a expliqué pendant une heure comment marchait les prépositions … C’était vraiment n’importe quoi et j’avais l’impression que j’allais m’endormir rien qu’en écoutant ça !
- D’après ce que tu m’en as toujours dit, ça ne change pas beaucoup de d’habitude, plaisantais-je en le regardant. Tu dis presque toujours ça … Peut être que c’est parce que tu parles mieux anglais que la prof que tu t’ennuies à ce point.
- Akira aussi s’ennuie pendant les cours, fit remarquer Shinichi qui était occupé à peler une pomme.
- S’il te plait Shinichi, le réprimanda mon ami l’air sévère, ne me compare pas avec ce bon à rien incapable !
- Le bon à rien incapable t’entend, protesta Akira qui était assit au pied de mon lit, à l’endroit même ou l’infirmière avait déposé le petit Kenji le matin même. Je ne m’intéresse pas aux cours parce que j’ai des choses plus importantes auxquelles je dois penser.
- Comme « comment éviter aux corvées une fois rentrée à la maison ? » c’est ça ? Soupira son frère en tendant à Mizuki une moitié de pomme avec sa main gauche tendit que la droite me passait la même chose. Je me saisis du fruit et fit un signe de tête en guise de remerciement pendant qu’Akira cherchait une riposte.
- Je cherchais quoi apporter au chibi-tan comme fleurs ! Finit-il par s’exclamer. Je ne savais pas si celle d’hier avait déjà fanée, je ne m’y connais pas beaucoup en fleurs … J’ai dû demander au vendeur lesquels étaient les meilleurs pour souhaiter un bon rétablissement !
- Tu n’aurais pas dû en faire autant, lui répondis-je, un peu gêné par tant d’attention. M’avoir laissé de la musique est déjà vraiment gentil de ta part … Grâce à toi, je ne m’ennuie plus pendant la journée, j’écoute plein de musique et j’ai l’impression de découvrir tout ce que j’ai loupé pendant toutes ses années !

Il y eu un grand silence pendant que je baissais la tête, les joues rougies par le gêne que j’avais ressentit. Je ne comprenais pas pourquoi Akira se donnait autant de mal pour moi mais je n’avais pas envi qu’il risque d’être punis en cours parce qu’il pense trop à moi … Après tout, les professeurs étaient plus indulgents envers moi qu’envers les autres élèves et me laissaient rêver mais ne le tolèrerait probablement pas pour Akira qui avait de si mauvaises notes aux partiels, d’après ce que m’avais raconté Mizuki. Après un blanc d’une minute et demi, Akira fut le premier à reprendre la parole.

- Quand tu dis des choses pareilles, ça me donne encore plus envi de faire des choses pour toi …

Ce fut mon tour d’être silencieux. A ce moment précis, j’avais tellement envi de plonger dans les bras d’Akira et de tout lui avouer sur mon amour. Je pensais pourtant avoir fait une crois dessus alors pourquoi ne pouvais je pas m’empêcher d’y penser, encore et encore …

- Au fait, fini par lâcher Shinichi, tu n’as plus ton masque ? Je suppose que c’est une bonne nouvelle. Cela signifie que tu te sens mieux …
- Le médecin voulait faire un teste pour voir si j’arrivais à me débrouiller seul …
- Je vois … répondit-il d’un air distrait. Et … Qu’est ce que tu as fait aujourd’hui ?
- Ce matin, j’ai dû m’occuper du petit Kenji de la chambre d’à côté, expliquais-je sans trop donner de détail. Il m’a parlé de sa situation familiale assez compliqué … Visiblement, son père est devenu violent lorsque sa femme est morte, malgré l’aide de sa femme actuelle. Et celle-ci s’en veut pour ce qui arrive … C’est triste une histoire pareille …

Personne ne répondit rien mais Akira hocha la tête. Un coup d’œil à sa montre et Shinichi décida qu’il était l’heure de rentrer pour Mizuki ou sinon, il ne rentrerait jamais avant l’heure du couvre feu imposé par ses parents … « Restes seul avec Makoto, ne te prives pas pour nous ! » avait il dit à son frère avant de quitter ma chambre. Si bien que maintenant, j’étais seul, dans la petite chambre d’hôpital dans laquelle je vivais depuis deux jours, les yeux cachés par mes mèches de cheveux blonds et un brusque désire de disparaitre sous terre.

- Qu’est ce que tu as là ? Demanda Akira en pointant la cicatrice que j’avais au niveau du cou, souvenir d’une trachéotomie.
- C’est assez vieux … Je crois que ça date de deux semaines avant la rentrée …
- Ce n’est pas si vieux que ça alors. Tu as donc passé du temps à l’hôpital avant d’entrer à l’école ?
- Oui … Parfois j’y restais deux jours et de temps en temps, j’y passais plusieurs mois. Mais ce n’est pas ma seule cicatrice …

Avec mes mains un peu maladroite, probablement à cause des médicaments, j’ôtais un à un les boutons de la chemise qui cachait la marque de l’opération que j’avais subis. Akira passa un moment silencieux puis passa sa main sur mon torse en la fixant.

- Ce n’est pas désagréable de la savoir toujours là ?
- Ce n’est pas un souvenir douloureux. Je ne me souviens même plus de comment s’est déroulé l’opération.
- Je vois …

Tout en disant ces quelques mots, il se leva il me tendit la main.

- J’ai envi de contempler le coucher de soleil avec toi Makoto … Mais d’ici, ça me déprime vraiment.
- La fenêtre dans les escaliers est géniale pour voir le paysage et elle est assez grande pour une fenêtre d’escalier.

 

Je n’eu pas besoin d’ajouter quoi que se soit. Il attrapa ma main et me déposa dans le fauteuil roulant qui était dans un coin de la chambre. Il avait été déposé ici par l’infirmière au cas où j’ai besoin de me déplacer puisque j’étais trop fatigué pour faire un pas tout seul. Une fois arrivé devant la porte qui menait aux escaliers, Akira me pris sur son dos et nous descendîmes les quelques marches qu’il y avait jusqu’à la vitre. Là, il m’assit sur le rebord de la fenêtre et resta debout derrière moi. Le soleil était déjà en train de se coucher … C’était tellement beau ! Bien plus beau que ce lever de soleil que j’avais regardé tout seul dans ma chambre le matin même.

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