Hisshi : Chapitre 5

Je ne sais A-BSO-LU-MENT pas quoi raconter u_u Encore une fois. Je sens que je vais mettre les chapitres en deux fois, c'est à dire que j'en mettrais d'autres demain ... Si je ne suis pas perdu dans mes devoirs bien sûr parce que je vais avoir beaucoup de mal vu tout ce que la prof d'anglais nous a donné. Elle est la seule à nous avoir donné du boulot mais tellement qu'on en a pour deux jours minimum u_u ça m'énerve ce genre de chose, les vacances c'est pas faire pour bosser mais pour se reposer :@ ... Enfin, vous piger le truc je suppose XD ... [Mako : Mais oui, mais oui ... va dormir, t'es insuportable ce soir !] Mais je t'ai rien demandé à toi ! Qu'est-ce que tu peux m'agacer ... Tiens, je remarque qu'ici, il ne corrige pas mon orthographe =s C'est galère, je suis obligé de faire attention alors que j'écoute N.C.I.S. en même temps @_@ ça rend légèrement compliqué ma capacité à écrire un texte digne de ce nom, je dois bien l'avouer ^^' [Mako : Ouais, comme d'habitude quoi u_u] [Chou' : En même temps, ça peut bien arriver de temps en temps ^^' Kyuu est un être humain, il a bien le droit d'être fatigué de temps en temps.] Merci Chou', ça fait plaisir ! *le prend dans ses bras* [Et ça recommence u_u] ... Je déteste le fait que le site saute des lignes tout seul maintenant :@ Je supporte pas ça !

Chapitre 5 : J-7, « Comment aimer quand on sait qu'on va mourir »

Je ne savais pas précisément quand ça avait commencé … Je ne savais pas non plus si son comportement, quelque jours auparavant, en était responsable … La seule chose que j’étais capable de réaliser, s’était que mes sentiments pour Akira avait changé … Ce n’était plus seulement « un bon copain qui m’a prêté de quoi sortir de ma coquille et de connaître un peu le monde qui m’entoure », non … C’était « Akira, celui auprès de qui mon cœur commençait à battre plus fort dans ma poitrine » … J’étais du genre lent à la détente mais j’avais lu assez de livre pour comprendre ce que ça signifiait … Mais quand même … Moi ? Amoureux d’Akira ? C’était impossible ! Déjà, nous étions tous les deux des garçons et ensuite, vous étions amis ! Je ne pouvais pas tomber amoureux d’un ami ! Mais pourtant, je dû rapidement me rendre à l’évidence … Ce que j’éprouvais pour Akira dépassait désormais le stade de la bonne vieille amitié … Mais cela était tout simplement impensable que j’éprouve quoi que ce soit pour Akira … J’étais malade et j’allais bientôt mourir ! Je ne pouvais pas me permettre de tomber amoureux, pas seulement pour moi mais aussi pour lui … Si je tombais amoureux de lui et que je le lui disais … Ma mort n’en serait probablement que plus dur à supporter pour lui … J’avais mal à la tête rien que d’y penser … J’avais commencé à réaliser qu’il y avait quelque chose de bizarre deux jours avant et cette fois, à contre cœur, j’en avais parlé au psychologue qui m’avait dit, d’une voix enjouée, « cela ne peut signifier qu’une chose Makoto … Tu es amoureux » … J’avais crié que s’était n’importe quoi et j’avais quitté la pièce en traînant des pieds sous le rire, à peine étouffé du psychologue. Mais même si j’avais nié avec force, le soir, dans mon lit, ces mots sont revenus me hanter … Et si j’étais réellement amoureux ? Mais c’était impossible … De toute façon, comment était il possible d’aimer quand on sait qu’on va mourir ? Car c’était là tout le problème … Plus encore que le fait que nous soyons deux garçons ou que j’avais peur de trahir son amitié … J’allais bientôt mourir et en lui avouant ce que je ressentais pour lui, je risquais de le rendre malheureux ! Je ne pouvais donc en aucun cas lui dire …

N’allez pas vous faire des idées … Je n’avais aucun préjugé sur le fait d’aimer un garçon – j’avais lu dans un livre que ça s’appelait homoquelque chose – mais être amoureux en sachant qu’il me restait, grand maximum, une semaine à vivre … Je préférais ne pas y penser. J’avais peur de le faire pleurer et peut être aussi, peur de me faire pleurer moi-même … Jusqu’à présent, je n’avais été attaché à rien, je n’aurais donc aucun regret à mourir si jeune … Mais je me rapprochais trop d’Akira, les choses risquaient de devenir différentes et je n’avais pas envi de me mettre à pleurer entre deux prises de sangs … J’étais en train de penser à tout cela en cours d’anglais lorsque Mizuki colla son visage contre le mien … En fait, seul son front était collé à moi mais cela me surpris tellement que je ne pu m’empêcher de sursauté et que ma tête heurta le sol dans un grand « bam » retentissant … J’avais de la chance d’avoir une infection et de ne pas être cardiaque sinon, j’aurais été bon pour passer ma dernière semaine à l’hôpital avec un médecin me répétant « Makoto, nous t’avions pourtant dit d’éviter tout choc psychologique » … Comme si j’avais choisis moi-même d’avoir la peur de ma vie et de manquer de mourir … Les médecins en avaient parfois de bonne ! Quoi que … J’étais en train de pester contre les médecins mais en réalité, ils avaient aussi leur raison de douté de moi, entre ma tentative de suicide il y a cinq ans (ils ignoraient que j’avais bien faillit recommencé quelques jours auparavant) et la fois où j’avais bu ce produit toxique … J’étais peut être responsable de leur méfiance envers moi … D’ailleurs, ils n’étaient pas aussi prudent avant les autre patient, j’avais remarqué ça par hasard …

Quoi qu’il en soit, je m’étais donc cogné la tête assez brusquement contre le sol, après avoir heurté le bureau de mon voisin, et Mizuki avait accourut près de moi en s’excusant de m’avoir surpris. J’avais un peu mal à la tête te elle avait dû faire plus de bruit que je le pensais en se frappant par terre car les autres personnes présentes dans la classe ne pensèrent même pas à rire de mon attention comme elles en avaient l’habitude mais me regardèrent avec un air inquiet … Peut être pensaient ils juste que ma maladie avait atteint le cerveau et que je n’étais plus capable de tenir debout … Quoi qu’il en soit, je me remis assez rapidement sur pieds bien que j’avais l’impression de voir des étoiles danser autant de moi, probablement à cause du coup que je venais de recevoir qui avait bien faillit m’assommer. Enfin, dès que j’eus à peu près repris mes esprits, je me rassis sur ma chaise, je n’aimais décidément pas être debout, et me décidai à stopper, enfin, la série d’excuse de Mizuki, qui risquait de durer toute la pause si je ne l’interrompais pas rapidement.

- … Tu voulais ?

- … Te parlais, répondit il avec une toute petite voix causé, non plus par la culpabilité mais plutôt parce qu’il semblait gêné. Je me demandais …

Il s’arrêta soudain en plein milieu de sa phrase … Ce genre de timidité n’était pas dans les habitudes de Mizuki qui avait plutôt tendance à dire les choses un peu trop franchement … Que ce passait il ?

- Voilà, je voulais savoir, est ce qu’il y a quelqu’un qui te plait ?!

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je ne pu m’empêcher de penser à Akira … Oui … Non … Je ne savais pas quoi répondre … Mais j’avais l’impression que cette question n’en était pas une et qu’il cherchait juste à obtenir un moyen pour me confier quelque chose de précis, aussi ai-je fais un signe de tête pour lui répondre que non … Si quelqu’un là haut s’était amusé à compter mes mensonges, il ne devait plus avoir de place pour noter celui là …

- Je … Je crois qu’il y a quelque que j’aime beaucoup … Tu sais, Takaheuchi Nayuki …

Ce nom me disait vaguement quelque chose … Probablement parce qu’elle était dans ma classe et que je la croisais chaque fois que j’allais aux toilettes, à la table près de la porte, en train de discuter avec ses amis. C’était une fille très jolie, je devais bien l’avouer, aux cheveux noirs comme le chat qui passait parfois dans la cour de l’hôpital et aux yeux de la même couleur que l’écorce des cerisiers qui commençait à fleurir dans toute la ville … Elle était vraiment belle, même moi, je ne pouvais pas dire le contraire, mais, franchement, je ne voyais pas ce que Mizuki lui trouvait de si particulier … Pour moi, il s’agissait juste d’une fille parmi tant d’autre … Mais je suppose que, lorsqu’on est amoureux, on ne voit pas les choses de la même façon … Après tout, ma vision d’Akira était peut être aussi faussé par mes sentiments mais cela, je n’avais pas l’intention dans faire part à mon ami …

Alors comme ça, Mizuki était amoureux de Takaheuchi Nayuki ? Pas de chance pour lui, j’avais entendu, une fois que je passais à côté de sa table pour me rendre aux toilettes, qu’elle était « raide dingue de Yamatsushi Hiroshi » … Pourtant, Mizuki n’avait rien à lui envier … C’était même plutôt à Yamatsushi d’envier quelque chose à Mizuki qui était à la fois plus doux, plus beau et plus gentil que lui … Et je me posais en connaisseur vu que, visiblement, j’étais attiré par les hommes … Ou alors juste par Akira … Après tout, je n’avais jamais ressenti ça avant … Ce n’était d’ailleurs peut être même pas de l’amour ! Quoi qu’il en soit, c’était un sentiment que j’avais honte d’éprouver alors que j’allais bientôt mourir et que j’étais bien décidé à garder pour moi jusque dans ma tombe … Ce qui ne risquait pas d’être bien difficile puisque, si la date inscrit au tableau était la bonne, mon seizième anniversaire était dans seulement sept jours … Et cela se faisait sentir. J’avais de plus en plus de mal à monter les marches d’escaliers pour rejoindre ma salle de cours et je passais de plus en plus de temps à l’infirmerie. Bientôt, je n’aurais même plus la force d’aller en cours, en tout cas, c’était l’impression que j’avais … Mais avec Akira, mon cœur battait plus fort dans ma poitrine douloureuse et j’en oubliais ma maladie … Décidément, oui, je devais certainement être amoureux même si il m’en coûtait de me l’avouer. C’était quelque chose de plutôt gênant, même si je n’avais aucun préjugé sur l’homosexualité … Les paroles du psychologues étaient bien là pour me rappeler à la vérité … Même si je ne voulait pas l’admettre, j’étais forcément amoureux de lui puisque je n’étais pas la seule personne a arriver à cette conclusion … Toute fois, j’aurais bien eu envi de discuter avec le psychologue au sujet du secret professionnel … Normalement, tout ce qui se dit dans son cabinet est censé resté entre lui et moi alors j’aimerais bien que quelqu’un m’expliquer pourquoi est ce que tout l’hôpital semblait être au courant de cette histoire et pourquoi mon médecin, la veille, m’avait dit d’une voix enjouée « Ahhh … Tu t’éveilles enfin aux choses de ton âge Makoto … Mais n'oublies pas, les activités physiques sont interdites ! » avant de rire … De quelle activités physiques voulaient il parler ? Je ne faisais pas de sport et il le savait … Et qu’est ce que ça avait à voir avec le fait que j’étais potentiellement amoureux ?

Je soupirais en repensant à tout cela mais j’eus surtout l’impression d’avoir vexé Mizuki … Peut être avait il cru que ce soupire lui était destiné … Un peu gêné de la confusion qui aurait pu avoir lieu dans l’esprit de mon ami, je me décidais à répondre :

- C’est vrai qu’elle est assez mignonne mais ce n’est vraiment pas mon genre …

- C’est quoi ton genre à toi Makoto ? Me demanda-t-il alors.

Je me trouvais pris au dépourvu … Visiblement, mon genre, s’était Akira mais ça, je ne pouvais pas le lui dire puisque j’avais décidé que ça serait mon secret … Je ne pouvais pas non plus lui dire que je préférais les garçons puisque c’était quelque chose d’assez gênant, surtout dans un pays comme le Japon … Il allait donc falloir que j’invente une réponse … En même temps, je n’en étais plus vraiment à un bobard prêt …

- Je ne sais pas vraiment puisque je n’ai jamais rencontré personne qui m’ait plu mais … J’aime assez les gens gentils, qui ont tendance à agir sur des coups de tête et qui ne réfléchissent pas vraiment avant d’agir …

- … T’es sur que t’as personne en vu parce que c’est vachement précis ton truc ! Me fit remarquer Mizuki sans prêter attention à la cloche qui sonnait.

Pour toute réponse, je lui fis le meilleur sourire dont j’étais capable. Je ne savais absolument pas ce que ça donnait, ça n’était pas dans mes habitudes, mais l’entré du professeur de mathématique m’empêcher d’entendre la remarque que mon ami semblait désireux de me faire … Bizarrement, j’avais comme l’impression que c’était une bonne chose.

Le reste du cours ce passa le plus normalement du monde, c'est-à-dire avec le professeur qui recouvrait le tableau noir de signe incompréhensible pour un être humain normal – ou en tout cas pour moi qui n’avait jamais fais de mathématique autre que les additions sur les doigts avant mon entrée au lycée –, la grande majorité des élèves en train de faire leurs devoirs pour le cours suivant et moi en train de regarder par la fenêtre et, parfois, distraitement, le tableau recouvert d’inscription trop compliqué pour mon petit cerveau … Soit Takamori-sensei racontait vraiment n’importe quoi, soit j’étais réellement un cas désespéré … Peu désireux de connaître la réponse, je me suis retourné vers la fenêtre pour regarder ce qui pouvait bien ce passer dehors … Il y avait un cours sur le terrain de sport, ça pouvait être intéressant à regarder … Mais mon regard fit attirer par deux garçons qui semblaient faire la course, bien que la consigne semblait être, d’après les cris du professeurs que j’arrivais à intercepter, de l’endurance. Impossible de faire pour moi de me tromper, il s’agissait bel et bien d’Akira et Shinichi Tekemoto … Mizuki m’avait dit une fois qu’ils avaient tendance à toujours être en compétition (hormis au niveau des notes où Shinichi n’avait pas à faire d’effort pour battre son frère) mais je ne pensais pas qu’ils allaient jusqu’à se battre en endurance … Ils allaient être vraiment fatigué à la fin du cours si ils continuaient comme ça … Peut être que ma vision était troublée par le fait que, moi, je ne pouvais pas courir, mais j’avais vraiment peur qu’il arrive quelque chose à Akira si il continuait à courir à cette vitesse pendant plus de dix minutes encore !

Je ne m’en étais jamais aperçu jusqu’à maintenant mais, à force de regarder par la fenêtre, je voyais mieux de loin que lorsque j’étais petit … Certes, notre salle de classe était la plus proche du terrain de sport mais, de ma place, j’arrivais à voir, sans problème, les détails du visage d’Akira lorsqu’il ne me tournait pas le dos. Autre détail … Son frère et lui courrait tous les deux en short, contrairement à Mizuki qui s’obstinait à porter un survêtement malgré le fait qu’il se retrouvait noyé dans sa propre sueur au bout de seulement quelques minutes. J’avais l’habitude de les voir avec leur uniforme aussi j’avais un peu du mal à réaliser qu’ils n’étaient pas aussi couvert que d’habitude et, sans que je m’en rende compte, j’avais commencé à plus fixer Akira que le jardin que je regardais en général. Il fallait dire, pour ma défense, qu’il avait une façon de courir particulièrement gracieuse, plus en tout cas qu’un garçon qui courrait un peu plus loin et que j’aurais pu confondre avec un éléphant tellement ses pas semblaient lourds, même de loin. La silhouette d’Akira courant sur le terrain était simplement magnifique … Avant que je ne m’en rende compte, je n’arrivais plus à le quitter des yeux, si bien que je ne réalisai pas immédiatement que le professeur de mathématique était en train de me parler. Ce fut en entendant mon nom que s’opéra le déclic et, comme à mon habitude, je sursautai avant de faire tomber le peu d’affaire que j’avais sorti, pour faire bonne figure, sous les rires des garçons de la classe et les soupires d’exaspérement des filles … La même scène se déroulait tous les jours, pas étonnant qu’elles commencent à en avoir marre …

- Mimomiya-kun, vous avez le visage tout rouge … Vous voulez à l’infirmerie ?

- … ça ira.

- Hé les gars, même Makoto-le-malade est intéressé par les filles qui font du sport en petite tenue !

En entendant ça, je me senti brusquement mal … J’avais oublié, l’espace d’un instant, que ça n’était pas normal pour un garçon d’aimer un autre garçon … Alors, bien sur, tout le monde était en train de s’imaginer des choses sur moi … Même si ils n’avaient pas entièrement tord … J’étais bel et bien en train de regarder de façon obsessionnelle quelqu’un en train de faire du sport, même si c’était un garçon et pas une fille … D’ailleurs, les filles de la classe commençaient à chuchoter en me regardant, les garçons étaient littéralement en train de mourir de rire et le prof essayant, tant bien que mal, de regagner le calme, ce qui était mission impossible. Moi, de mon côté, je cherchais désespérément des yeux un trou de souris où je pourrais me cacher … Simuler une quinte de toux pour filer à l’infirmerie me semblait aussi une perspective soudain attrayante … Tout plutôt que de devoir rester au milieu de cette foule qui me regardait soudain encore plus bizarrement que d’habitude, si cela était possible.

- ça suffit, n’allez pas confondre Makoto avec vous !

- C’est vrai, ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas vous empêcher de réagir devant une petite culotte qu’il est pareil ! Lui, au moins, il sait se tenir !

La première voix qui s’était élevé dans la classe ne m’avait pas étonné … J’étais presque trop habitué maintenant au fait que Mizuki me vienne en aide dans ce genre de moment. Par contre, je dû tourner la tête pour savoir à qui appartenait la seconde … Takaheuchi Nayuki s’était levé de sa place à côté de la porte où elle restait, habituellement, toujours immobile, à discuter avec ses amies … Je comprenais maintenant pourquoi Mizuki éprouvait quelques sentiments pour elle … Elle semblait bien plus mature que l’ensemble des gens présents dans la classe à ce moment précis.

Je ne fus d’ailleurs pas le seul à être surpris par son intervention qui calma la classe plus rapidement que les menaces d’interrogation du professeur … A croire qu’en plus d’être belle, sérieuse et mature, elle possédait aussi un certain charisme … J’espérais vraiment qu’Akira ne passe jamais dans notre salle, il serait capable de tomber amoureux d’elle et si je pouvais rivaliser, sur certains points, avec la plupart des filles de la classe, je n’avais aucun chance contre elle … Ce fut sur ces pensés pessimistes que je me mis à reluquer le tableau noir couvert de signe jusqu’à la fin du cours … Les professeurs étaient maintenant tous habitué à mon apathie naturel et ne passaient plus leur temps à essayer de me faire revenir à ce qui se passait dans la classe … J’avoue que ce détail rendait tout de suite les cours plus facile à supporter. Je n’avais pas besoin de sortir de mon univers toutes les trente secondes désormais … Malgré tout, l’incident du cours de sport m’avait tellement marqué que je n’osai plus regarder par la fenêtre jusqu’à la fin de la matinée … La perspective d’entrevoir Akira me faisait désormais plus peur qu’autre chose, surtout si elle pouvait provoquer ce genre de huée dans la salle de classe … Je n’aurais jamais pensé que mes joues puissent rougir aussi facilement et, surtout, pour un motif aussi banal que de regarder un garçon faire de l’endurance sur le terrain de sport de l’école … Il n’y avait pas à dire, mon entrée à l’école m’avait bel et bien changé mais, contrairement aux médecins, je n’étais pas sur que ça soit en bien …

 

Ma plus grande surprise de la journée, je l’eus à l’heure du déjeuné, lorsque la si merveilleuse Takaheuchi Nayuki est venu à ma table pendant que Mizuki m’annonçait qu’il n’avait, une fois de plus, pas de déjeuné et qu’il allait donc falloir passer par la cantine pour qu’il s’achète un sandwich. En la voyant arrêté devant moi alors que je rangeais, aussi rapidement que l’aurait fait une tortue courbaturée, mon unique cahier – toujours vide depuis la rentrée – dans mon sac marron. Qu’est ce qu’elle voulait bien me raconter ? Que, même si elle m’avait défendu, c’était une honte de regarder les filles en petite tenue ? Je m’en fichais puisque, de toute façon, je n’étais absolument pas en train de mater … En tout cas, pas les filles.

Mon idée première était de passé à côté d’elle sans y faire attention. Facile à dire, plus difficile à effectuer surtout lorsque, comme moi, on n’a pas vraiment l’habitude d’être rapide. Ainsi donc, mon plan si parfait fut habilement contrecarré par une Takaheuchi-san prenant la parole en m’agrippant le bras … Si il m’était facile d’ignorer ses paroles, il était en tout cas plus compliqué de ne pas réagir face à sa poigne … Surtout que je ne savais pas, et n’avait de toute façon pas envi, de cogner une fille. Aussi dû-je me retourner pour écouter ce qu’elle avait à dire.

- Je t’ai défendu tout à l’heure alors j’espère que tu n’étais réellement pas en train de regarder les filles !

… Elle avait pris une voix autoritaire qu’elle avait naturellement dès qu’elle ne parlait pas avec ses amis – je l’avais surprise en train de discuter, ou plutôt d’engueuler, un garçon peu de jours avant – et me jetait un regard qui en disait long sur ce qu’elle pensait … J’avais presque l’impression d’avoir écrit ce qu’elle venait de me sortir … A croire que, soit j’avais un don de voyance, soit ce qu’elle venait de me dire était horriblement facile à deviner … Et bizarrement, je penchais plutôt vers la seconde solution, je ne voyais absolument pas voyant.

- Si tu doutes de ce que je faisais, tu n’avais pas à prendre ma défense.

Ceci dit j’essayai de dégager ma manche qu’elle continuait de tenir mais elle resserra sa poigne … Je n’avais pas été très gentil, ni courtois avec elle mais elle l’avait un peu cherché alors elle n’allait tout de même pas me frapper !

Non … Elle se contenta de me foudroyer une nouvelle fois, avec un regard qui ne m’atteignait même pas tellement je me fichais de ce qu’elle pouvait penser. J’avais presque envi de lui lâcher un « casse moi la figure et laisse moi partir » mais de ma voix qui avait toujours le même ton, ça aurait peut être fait un peu étrange et carrément masochiste … Quoi que … Pour tomber amoureux en sachant très bien que j’allais bientôt mourir, je devais quand même l’être un peu, voir même carrément.

- Je n’ai pas terminé !

Je retins comme je le pu un petit soupir … A mon tour d’être exaspéré … Mais Mizuki aimait cette fille alors je ne pouvais pas me permettre de l’envoyer promener si ça pouvait permettre à mon ami de se rapprocher d’elle … Surtout qu’il était en train de me faire un regard suppliant qui signifiait très vraisemblablement « si tu pouvais faire en sorte qu’elle reste manger, je n’en serais reconnaissant à vie … Enfin, jusqu’à la fin de la semaine … Ou peut être un peu plus » … Et oui … Avec moi et ma condition de santé pitoyable les « à vie » devenaient rapidement une interrogation assez compliqué … Je n’en avais vraiment plus pour longtemps, même si certains médecins essayaient, encore parfois, de se montrer positifs. Mon traitement ne faisait aucun effet, j’en étais bien conscient, et j’étais bien conscient aussi que, quoi que je fasse, il ne me restait guère plus de sept jours à vivre … J’avais au moins la chance de ne pas être sous respirateur en ce moment même alors j’essayais d’en profiter … Si on pouvait parler de « profiter » quand il s’agissait de moi bien sur, ce qui était généralement assez compliqué. La seule chose dont je profitais en général était la vue sur les cerisiers qu’il y avait de la fenêtre de ma chambre d’hôpital … Du moins, j’en profitais pleinement jusqu’à ce qu’on me décide de faire un petit tour par la case lycée … Une lubie de mes parents que je ne parvenais pas encore à complètement comprendre. Mais je crois que je l’ai assez répété comme ça et puis ça m’a permis de rencontre Akira …

Pour faire plaisir à Mizuki, je me décidai donc finalement à jeter un regard à Takaheuchi-san qui signifiait clairement « bon d’accord mais essaye de te dépêcher, on m’attend ». Où était passée mon attitude nonchalante habituelle ? Il devait y avoir quelque chose que je n’aimais pas chez cette fille !

- Je peux comprendre que tu sois malade et que tu ne t’intéresses pas aux cours mais essayes d’écouter un minimum ! Ça pourra te servir pour ton futur ! Je ne te dis pas ça en temps que déléguée mais parce je pense qu’il faut que tu en prennes conscience ! Arrête un peu de rêvasser pendant les cours !

Il ne manquait plus que ça … La leçon de morale avec l’argument frappant … « ça te servira pour ton futur » … Je ne sais absolument pas comment j’ai réussi à rester calme et à ne pas lui rire au nez … Peut être parce que, à y bien penser, il n’y avait rien de drôle à tout ça … Mon futur se résumait à sept petit jour en comptant celui là … Un peu plus si j’avais de la chance, un peu moins … Si j’avais de la chance aussi je suppose. Parce que tant qu’à faire, une vie aussi palpitante que la mienne, il valait mieux qu’elle se termine le plus rapidement possible. Je n’avais pas envi de passer plus de temps à devoir aller à l’hôpital chaque jour en sortant de cours et j’admirais presque ceux qui allaient à l’école tous les jours alors que je n’étais pas capable de supporter une heure de cours. Ce que les professeurs racontaient, je m’en balançais et en plus, ça ne me serait jamais utile à moi … Les autres, je ne dis pas. Moi, c’était une autre histoire. Mais ça, elle ne pouvait pas le savoir puisqu’il s’agissait de quelque chose que je cachais à tout le monde, même si mes amis avaient fini par le découvrir … Et même si ils n’avaient pas surpris de conversation dans le couloir, j’avais craqué, quelques jours plus tôt, et j’avais tout déballé à Akira après ma seconde tentative de suicide raté … Il devait y avoir un dieu de la malchance ou du sadisme qui veillait sur moi de là haut … Et je dis ça sans croire en dieu. Pour moi, tout ça n’est qu’une mystification mais ça, je crois en avoir déjà parlé.

Pour en revenir à Takaheuchi-san, elle est partie rejoindre ses amies qui avaient déjà commencé à manger sans elle dès qu’elle m’eut fait sa petite leçon … Je regardais Mizuki avec un regard moqueur qui signifiait clairement « sympa ta future petite amie … Tu me la présentes ? » … Lui, il avait les joues rougies par le gêne et me regardait l’air de dire « c’est bon, j’uis pas son copain, pas la peine de t’en prendre à moi ». J’eus envi de rire mais je n’en n’eut pas le courage … Bizarrement, ces derniers temps, lorsque je rigolais ou pleurais, j’étais bon pour un petit séjour à l’infirmerie causé par une brusque nausée. En même temps, ça n’était pas vraiment des activités que j’étais habitué à pratiquer. On n’utilisait pas le qualificatif « apathique » pour parler de moi jusque pour plaisanter. J’avais tendance à l’être vraiment. Là-dessus, Mizuki soupira et pris le chemin de la cantine afin d’aller s’acheter un sandwich histoire de ne pas passer l’après midi le ventre vide et peut être plus pour ne pas être condamné à nous regarder, Shinichi, Akira et moi, manger pendant que lui n’aurait rien à se mettre sous la dent. De mon côté j’essayais de tranquilliser mon esprit à propos de ce que Takaheuchi-san m’avait dit … J’avais mes raisons de ne pas suivre les cours qu’elle ne pouvait pas comprendre et c’était elle qui avait eu tord de me juger, pas moi qui agissais d’une façon déplacée. Mais peut être qu’elle n’avait pas tord et qu’un petit effort de ma part ne serait pas futile … Mais je n’avais absolument pas envi de travailler. Rien que l’idée que, de toute façon, travailler ne rallongerait pas mon espérance de vie ne me donnait pas envi d’essayer et il me suffisait de voir une page de manuel pour avoir envi de le refermer. Les romans de milles pages, ça ne me dérangeait pas … Un bouquin sur les guerres menaient par le Japon était déjà beaucoup moins intéressant et ça ne me servirait à rien de m’ennuyer profondément si ce que j’apprenais ne me serait pas utile plus tard. Bien sur, un roman aussi m’était parfaitement inutile, mais au moins, c’était moi qui décidais de le lire et, à mes yeux, c’était un élément très important. Cela me permettait de me prouver que j’avais au moins le contrôle sur quelque chose dans ma vie.

- Et bein … C’est quoi cet air morose ? Il c’est passé quelque chose ? Demanda Akira en nous voyant arriver, Mizuki et moi.

- Je crois que Makoto est encore un peu énervé parce qu’une fille de la classe lui a expliqué qu’il fallait qu’il arrête de rêvasser pendant les cours … se contenta d’expliquer Mizuki.

Je ne répondis rien, même si je n’avais pas eu l’impression d’avoir un air morose ou énervé … Peut être que mes émotions me dépassaient, comme au niveau de mon amour pour Akira, et que je ne m’en rendais même pas compte … Décidément, l’école aurait pu s’abstenir de me transformer à ce point ! J’allais bientôt voir détruites toutes barrières de j’avais mis si longtemps à dresser. Akira m’interrompit soudain dans mes pensées fatiguées.

- Laquelle ?

- Comment ça « laquelle » ? Interrogea Mizuki qui ne semblait pas voir où il voulait en venir contrairement à Shinichi qui avait pris sa tête entre ses mains en entendant la question de son frère.

- A ton avis ! Répondit Akira avec un sourire. Quelle fille bien sur.

- Elle est dans notre classe Akira-kun, soupira mon ami en passant une main dans ses cheveux, l’air de dire « nan mais quel cas celui là. » Tu ne peux pas la connaître.

- Pas sur, répliqua l’adolescent en souriant encore plus. Ne me sous estime pas. Je connais le nom de toutes les plus belles filles de ce lycée … Faut dire qu’il n’y en a pas tellement aussi.

Mizuki prit une bouchée de son sandwich en foudroyant du regard Akira et sa liste des plus jolies filles de l’école. Moi, je devais bien avouer que ça me gênait un peu qu’il s’intéresse autant aux filles alors que j’étais probablement amoureux de lui mais je me dis que ça n’était pas très gentil de le laisser sans réponse, chose que je n’aurais jamais pensée avant d’entrer à l’école … Décidément …

- Takaheuchi Nayuki-san …

- Qu’est ce que tu veux dire par là Chibi-tan ? Me demanda Akira en se retournant vers moi, une lueur joueuse dans les yeux, comme chaque fois qu’il m’appelait par ce stupide surnom.

- Il veut dire que la fille s’appelle Takaheuchi Nayuki, s’énerva Mizuki qui ne semblait pas aimer l’idée qu’Akira puisse avoir des vues sur la fille qu’il regardait secrètement. Et toi, Makoto, tu es trop gentil ! Tu n’aurais pas dû lui répondre !

- … Désolé.

Sur ce point, je n’avais changé … J’avais toujours tendance à m’excuser même si je me fichais bien de ce qu’on me reprochait. Comme la fois où je m’étais changé dans la chambre d’hôpital et que ma voisine de chambre m’avais réprimandé.

- N’en veut pas au Chibi Mizuki, répliqua Akira en piochant dans le trop plein de riz de mon bento que j’avais l’habitude de lui donner. Il n’est pas comme toi, tu ne peux pas comprendre pourquoi il est gentil.

- Tu insinues que je suis méchant ?! Hurla presque Mizuki en se levant brusquement.

- Mizuki, inutile de répondre à la provocation, soupira Shinichi qui n’avait pas encore décroché un mot. Akira, arrête de le chercher … Quand à toi Makoto … il se retourna vers moi, elle n’a pas complètement tord … Essaye de t’intéresser un peu aux cours, tu t’ennuieras peut être moins à l’école …

Je n’ai pas eu le courage de lui dire que c’était les cours qui m’ennuyait à l’école … Peut être par respect ou juste parce qu’à ce moment là, j’avais la bouche pleine de riz et qu’on m’avait toujours appris à ne pas parler la bouche pleine. Quoi qu’il en soit, ce fut de nouveau Akira qui interrompit le silence pesant.

- Takaheuchi Nayuki … C’est la déléguée de votre classe non ? Demanda-t-il sans avoir l’air de désirer une réponse. Elle est vraiment mignonne … Il parait que c’est le top du must en matière de fille … Pour une première année, j’avoue que c’est plutôt pas mal.

- Avises toi de la toucher et je te jure que je te refais le portrait ! Le menaça Mizuki en pointant son sandwich à moitié manger vers lui, comme une épée. Tu iras chez un chirurgien esthétique en pleurant !

- Oula … L’autre chibi s’énerve, répondit Akira en riant. Serait-il possible que Mizuki éprouve quelques sentiments pour sa déléguée de classe ? Makoto ?

Il se retourna vers moi en même temps que Mizuki me foudroya d’un regard qui signifiait clairement « fait ça et je te tue avant ta maladie ! » … Désolé Mizuki mais, si il y avait bien une personne à qui je refusais de mentir, c’était Akira … Et puis, si tu pouvais me tuer, ça serait plutôt sympa

- Il la trouve jolie … Je crois …

Le regard d’Akira s’éclaira d’une lueur joueuse alors que celui de Mizuki se détourna rapidement. Oh, ce n’était pas qu’il me faisait la tête, juste qu’il avait les joues bien trop roses pour oser les montrer en public. Je le savais parce que même ses oreilles avaient rougis.

- Alors ça, c’est intéressant … Mizuki devient un grand. Pas trop vexé Shin ?

- Je ne vois absolument pas ce que tu veux dire …

Même si il disait ça, je voyais bien que Shinichi semblait un peu vexé … Serait il possible que … Shinichi aime Mizuki ? Cela me paraissait improbable mais expliquait les habitudes sur-protectrices de Shinichi vis-à-vis de son kôhai … Peut être que je pourrais parler de mon amour, hypothétique, pour Akira à son frère … Il pourrait m’aider à surmonter ça … Quoi que … Ils étaient frères … Et jumeaux par-dessus le marché ! Et en plus, Mizuki m’avait dit une fois qu’il partageait tout ! Donc si je disais mes sentiments pour Akira à Shinichi, il était très probable qu’Akira soit rapidement au courant à son tour … Finalement, il semblerait que je doive réellement les garder pour moi …


La pause déjeuner se termina avant que la dispute au sujet des sentiments de Mizuki soit terminée. Il semblait un peu en colère contre moi … Peut être ne voulait il véritablement plus me parler … J’avais envi de lui dire que j’étais désolé …

- Tu aurais pu t’abstenir de parler de Takaheuchi à Akira quand même, me reprocha t’il alors que nous arrivions au niveau de la classe.

- Je suis désolé …

- Arrêtes un peu de dire ça quand tu ne l’es pas … On fini par savoir que tu n’es pas sérieux …

- … Je le pensais vraiment cette fois. Désolé Mizuki-kun …

Peut être parce que j’avais eu l’impression de m’éloigner un peu de Mizuki ce jour là ou juste pour me « punir » moi-même, j’avais rajouté « kun » à la fin de son nom … Je n’étais pas calé sur le sujet mais j’avais lu une fois que les suffixes à la fin d’un nom rajouter une certaine distance … Mais cela ne plu pas vraiment à Mizuki qui me réprimanda en disant qu’il ne voulait pas de « kun » …

- Si tu pensais vraiment tes excuses, ça va … Et je déteste quand tu dis Mizuki « -kun » ! La prochaine fois que tu le fais, je te jure que je ne t’adresse plus la parole !

- … Tu ne devrais pas autant jurer …

J’avais répondu avec un petit sourire. J’avais fait des bêtises, j’avais révélé son secret, mais il me considérait encore comme un ami. Face à ça, mon problème de sentiments pour Akira me paraissait bien superflu et je décidai de l’ignorait. J’ai aussi essayé de suivre le cours de géographie mais au bout de cinq minutes à peine, j’avais la tête entre mes bras et je crois que je me suis un peu endormi. Comme quoi, les études, ça n’était vraiment pas pour moi.

Le soir, dans la voiture, je tapais dans mes mains en chantonnant une chanson que j’avais entendu parmi les musiques d’Akira … Un musique qui se détachait des autres, en rien J-pop ou J-rock … Juste une musique pour enfant … « Shiawase nara te o tatakou … Shiawase nara te o tatakou …» …

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