Hisshi : Chapitre 4

Petit chapitre quatre de ma petite fan fiction ... J'aime assez l'idée d'avoir terminé ... J'ai pas tellement d'idée pour ma petite note ... [Fuji : Profitons-en pour faire la fiesta !] C'est moi où c'est pas du tout ton caractère habituelle ? [Fuji : T'es sur ?] ... Fuji, pourquoi est-ce que tu pues autant le sake ? [Fuji : Ch'ai pas ...] Fuji, tu as bu combien de verre ? [Fuji : Deux ...] Seulement, comment ce fait-il que tu sois dans cet état ? [Fuji : Nan ... Deux bouteilles ...] Fuji ! Qu'est ce que t'as foutu ?! [Fuji : Demande à Akihito ...] AKI !! [Aki : Ouais ?] Oh ... Toi aussi t'as bu ?! [Aki : Juste un peu ...] C'est déjà trop pour toi --" [Aki : Arrête de me traiter comme un gamin !] Tu ne peux pas la fermer un peu ! [Fuji : Ouais, c'est vrai, tu me donne mal à la tête !] [Makoto : Z'êtes vraiment trop con --"] Makoto, t'as bu aussi ? [Makoto : Absolument pas ... C'est juste que j'essayais de domir ...] Bon ... Allons-y, allons-on ... Let's go !

Chapitre 4 : J-10 « Je veux mourir »

J'avais finalement passé quatre jours à l'hôpital ... Quatre jours durant lesquels j'ai vraiment cru, l'espace d'un instant, que je n'aurais pas à retourner à l'école. Après tout, mon état ne cessait de se détériorer et ma dose de médicament d'augmentait avec elle ... Après tout, il ne me restait plus que quelques jours avant mes seize ans, pas étonnant que je me sente si mal, il était mieux que je reste sous surveillance, à l'hôpital ! Mais cette logique avait dû échapper à mes parents et aux médecins qui s'occupaient de moi et que, le dimanche soir, sont arrivés dans ma chambre pour m'annoncer avec un sourire de circonstance que je serais capable de reprendre les cours le lendemain ... Que du bonheur ... Surtout qu'en première heure le lundi, nous avions sport, je ne pouvais donc pas participer. Certes, la perspective d'être seul était sympathique, néanmoins, quitte à être seul, j'aurais préféré que ça soit à l'hôpital ... Au moins, je n'aurais pas eu à regarder les élèves de ma classe en train de s'amuser sur le terrain de sport de l'école dès que je regardais par la fenêtre de la salle de classe que j'avais décidé de squatter. Je voyais Mizuki discuter avec son voisin, rire sans essayer de se cacher, courir aussi vite qu'il le pouvait ... Tomber après avoir buté sur une racine ... Arriver essoufflé au niveau de la ligne d'arrivé ... J'aurais tellement aimé pouvoir m'amuser avec lui ... Comme lui. Je n'avais jamais couru depuis que j'étais tout petit. Je ne m'intéressais absolument pas au monde qui m'entourait alors je n'étais jamais pressé et je prenais toujours tout mon temps ... Ensuite, on m'avait diagnostiqué mon infection et j'avais eu l'interdiction de faire du sport ou de me dépenser ... En d'autre terme, la course, la natation ... Tout cela était très sérieusement proscrit et ma mère prenait son rôle très au sérieux, veillant à ce que je respecte bien les consignes qui m'avaient été données, sans vérifier si ça ne me tapait pas sur le système de n'avoir rien à faire ... En plus, peu importait comment j'y réfléchissais, ma situation n'avait décidément rien de réjouissant ... J'étais à l'école alors que les études ne m'importaient pas et que, de toute façon, elles ne me serviraient à rien plus tard vu ma situation ... Je m'étais finalement fait des amis mais j'allais les devoirs les quitter dans quelques jours, probablement ... J'avais réussi à être un peu heureux mais ça n'avait pas changé ma vie et, franchement, je ne voyais pas se que ce sentiment avait de si particulier pour que tout le monde désire le ressentir ... Moi, ça ne m'avait pas touché plus que ça. Et, de toute façon, lorsque l'on s'ennuie, peu importe que l'on soit heureux ou pas, on a toujours rien à faire, même avec le sourire aux lèvres. Je poussais un soupire en voyant mes condisciples se placer sur le terrain de football. Les échauffements venaient à peine de se terminer, j'avais donc encore beaucoup de temps à glander devant mois et, rien que d'y penser, je regrettais déjà ma chambre d'hôpital. Je ne m'y serais pas plus amusé - de toute façon, ça ne m'intéressait pas tellement de m'amuser - mais au moins, j'avais mon cerisier à regarder fixement. Cela m'occupait et s'était plus intéressant que d'écouter la conversation de sourd des différents professeurs ... De toute façon, eux même se fichaient de savoir si j'écoutais ou pas, cela était bien la preuve que, pour moi, les études étaient inutiles. Qu'est ce que je pourrais faire d'un cours d'anglais ? Partir en Angleterre ? Il ne me restait que dix jours pour cela et je n'aimais pas voyager. A quoi pourrait bien me servir les sciences puisque je ne serais jamais adulte et que, de cette façon, je ne pourrais jamais me servir des connaissances que j'aurais amassé pendant les quelques semaines d'école auxquelles j'avais gracieusement eu le droit ... Je ne comprenais toujours pas le but de me faire aller en cours pour que je passe ma journée à fixer la fenêtre et à ne pas écouter les cours des professeurs et j'étais presque sur que mes parents étaient pleinement conscient du fait que je ne m'intéressais pas du tout à ce qui se disait en cours ... Même si il faisait semblant de ne pas s'en apercevoir. Mizuki m'avait parlé de ce genre de comportement lorsqu'il était passé à l'hôpital ... Il avait dit que ses parents avaient tendance à agir de la même manière ... Que les adultes étaient toujours persuadés d'avoir fait le bon choix même lorsqu'on leur prouvait par a+b leur erreurs ... Les adultes étaient comme ça depuis toujours et ne semblaient pas désireux de changer ... Et même si ça avait tendance à m'énerver, je n'en avait strictement rien à faire. L'idée même que mes parents respectent mon avis ne m'avaient que très rarement effleurée l'esprit ... De toute façon, je me moquais de ce qu'il pensait alors qu'ils soient d'accore ou non avec moi ne me faisait ni chaud, ni froid ... Mais cette fois, ils avaient vraiment poussé le bouchon un peu loin avec leur décision de me mettre à l'école ... Ils voulaient probablement que je me fasse des amis, sans penser un seul moment au chagrin que ma mort pourrait leur causer (si ma mort, bien sur, pouvait émouvoir quelqu'un, ce dont je doutais un peu) ... Peut être qu'en vérité, ils voulais uniquement ne pas être les seuls à pleurer ... Je ne m'étais jamais posé la question.
Je posai la tête sur mon bureau, renonçant à regarder par la fenêtre. Pour la première fois depuis ma naissance, l'idée de n'être jamais adulte et d'être malade me déprimait. Je n'avais jamais souhaité être comme les autres avant aujourd'hui mais dès que l'idée d'être différent s'insinua en moi, elle me fit souffrir bien plus que mes poumons qui avaient parfois tendance à manquer d'air. Pour la première fois, j'avais véritablement peur de mon anniversaire, du moment où j'allais mourir, de la maladie qui progressait, de l'hôpital où je devais passer chaque soir pour divers examens ... Depuis longtemps, j'avais l'impression que mon existence était inutile ... Mais aujourd'hui, je me rendais compte que c'était comme si je n'existais pas ... J'allais mourir sans avoir réellement existé et sans marquer personne. Certaines personnes sont mortes tôt mais on se rappel encore d'elle des siècles après parce qu'elles ont marqués leur temps ... Moi, je n'aurais même pas marqué ma classe. J'y étais resté trop peu de temps et personne n'essayait de m'adresser la parole, et je n'étais pas le genre de personne à faire le premier pas. Peut être que je marquerais Akira, Shinichi et Mizuki, mais ça serait bien les seules personnes à s'émouvoir de ma mort ... Mes parents avaient depuis longtemps laissé tomber l'idée que je puisse vivre plus longtemps que la date indiquée et ne devait rester avec moi que par obligation, parce qu'ils étaient mes parents ... Je ne pense pas que ma mort pourrait provoquer quelques sentiments chez eux ... Mais qu'est ce que je pouvais y faire après tout ? Je n'étais pas responsable de ce qui m'arrivait, si les gens n'étaient pas capable de m'accepter avec ma maladie, je n'y étais pour rien ... J'étais d'ailleurs la seule personne qui en souffrait, eux s'en fichaient ...
Je commençais vraiment à divaguer et je ne savais pas vraiment si c'était la faute des médicament que j'avais pris le matin même qui étaient périmés ou du fait d'être de nouveau seul après avoir pris l'habitude d'être entouré par Akira, Shinichi et Mizuki ... Peut être que c'était un mélange des deux ... Je me promis de ne plus prendre de médicament sans avoir regarder la date sur la boite, comme ça, je ne risquais plus de les accuser lorsque j'aurais le blues ... Mais de toute façon, je n'aurais pas tellement l'occasion d'en reprendre ou d'avoir des idées noirs puisque j'allais bientôt fêté mon anniversaire. La veille du jour où j'avais fait un malaise, Akira et Shinichi avaient appris par hasard la date de mon anniversaire et avaient déjà commencé à organiser une fête pour me souhaiter une joyeuse année ... Bien sur, ils n'étaient pas encore au courant que je ne serais probablement plus à l'école le 16 Avril et je n'avais pas eu le courage de le leur apprendre dans de tel circonstance ... Leur attention m'allait droit au cœur mais m'avait brutalement rappelé à la réalité ... Normalement, un anniversaire était un événement joyeux alors qu'il m'arrivait souvent, à moi, de regretter le jour de ma naissance ... A la maison, on ne le fêtait pas, on savait que cela n'était pas le bon moyen pour oublier, mais comment pourrais je oublier que j'allais mourir ? Personne n'en était capable même si les autres n'y pensent pas ... Je n'avais pas besoin de cocher les jours sur le calendrier pour savoir quand était mon anniversaire. Alors que les gens attendent avec impatience le jour où ils auront leur cadeau, moi, je n'avais rien à attendre. Je n'avais jamais réellement redouté mon anniversaire, même en sachant qu'il me rapprochait chaque année un peu plus de mes seize ans mais cette année, je ne pouvais tout simplement pas y faire abstraction, même si l'hôpital n'était pas là pour me le rappeler. J'avais envi de ne plus y penser mais c'était impossible ! Je ne pouvais pas l'ignorer parce qu'il s'agissait de ma vie, de mon anniversaire, de ma mort ... Je ne pourrais jamais être adulte, ça, je l'avais toujours su mais brusquement, cela me frappait aux yeux. J'allais mourir après avoir passé ma vie entre quatre murs blancs et froids qui donnaient envi de se tirer une balle et je n'avais jamais rien su du monde actuel. J'écoutais les élèves de ma classe parler de séries que je ne connaissais pas - il n'y avait pas de télévision dans ma chambre d'hôpital - ou du dernier logiciel qu'ils avaient installé alors que je ne connaissais même pas l'existence de celui qui était sorti avant - bien que les ordinateurs étaient sortis avant que je sois envoyé à l'hôpital, je n'avais jamais eu l'occasion de m'en servir et je n'y comprenais rien. Je les écoutais parler de sujets qui semblaient passionnants mais qui ne m'intéressaient pas car, depuis toujours, je ne m'étais jamais intéressé à rien, ce qui avait énervé et traumatisé mes parents durant les premières années. Désormais, ils étaient juste complètement lassé d'avoir un fils qui restait apathique aux évènements qui se déroulaient autour de lui et qui semblait vivre dans un monde complètement différent du leur, sans faire attention à ce qu'on lui disait ... Le genre de personne qui n'aurait pas réagit si on leur avait annoncé qu'une guerre nucléaire allait éclater ... Parce que de toute façon, guerre ou non, ils étaient déjà condamnés. Triste destinée contre laquelle ils ne pouvaient pas. Je pouvais pleurer, crier, frapper ... ça ne changerait rien ... Je n'obtiendrais pas pour autant la capacité de courir avec les autres ou de m'amuser comme n'importe quel adolescent ... Alors, si je ne pouvais rien faire pour changer mon état, n'était il pas plus simple de ne pas y prêter attention ? De ne m'intéresser à rien ? Cela ne me guérirait pas plus mais, au moins, je ne souffrais pas. Si pleurer est inutile, pourquoi pleurer ? Si crier est inutile, pourquoi s'user les cordes vocales ? Pourquoi chercher à se faire entendre tout en sachant que le destin serait sourd à vos prières ? J'avais laissé tomber l'idée de pleurer ou de geindre sur mon sort en me rendant compte que je ne pourrais pas contrer le destin, même en tentant de mourir ... Et surtout, j'étais énervé, même si je savais que c'était inutile. Je n'avais jamais rien fait alors pourquoi ce genre de chose devait m'arriver ? Est-ce que j'avais provoqué quelqu'un de capable de détruire le destin des gens ? Il ne me semblait pas avoir commis d'acte répréhensible et je ne croyais pas aux kamis ... ça n'était qu'une invention de ceux qui avait besoin de se reposer sur quelqu'un pour se sentir mieux ... Mais en aucun cas un être réel. La preuve, on avait beau l'appeler, le supplier de nous sauver, cela n'arrivait jamais. Les kamis avaient juste été inventés par les anciens afin de pouvoir remercier ou accuser quelqu'un pour les évènements qu'ils ne comprenaient pas ... C'était uniquement cela, inutile de chercher plus loin ...
Mais pourquoi est ce que j'avais commencé à délirer sur les dieux ? Je passais vraisemblablement d'un sujet à l'autre sans qu'il y ait réellement de lieu, uniquement guidé par ma peur et ma ... est ce que je devais dire ma tristesse ? Après tout, je ne savais pas vraiment ce que c'était qu'être triste ... J'avais découvert la notion de bonheur il y a peu de temps (en fait, je connaissais son existence sans l'avoir expérimenté, c'est surtout ça) alors la tristesse, c'était encore quelque chose que je ne connaissais pas. Je me rendais compte petit à petit du nombre conséquent des choses que j'ignorais sur cette terre, outre les sentiments tel que l'amitié ou l'amour. Je ne savais rien de la technologie non plus ... C'était peut être pour cette raison que je ne parvenais pas à m'entendre avec les autres ... Je les entendais parler de « réseaux » sans savoir de quoi il s'agissait ... Le mot « ordinateur » me semblait déjà assez bizarre en soi ! Pas besoin d'en rajouter une couche inutilement ! Je relevais un peu ma tête avant de la laisser, de nouveau, tomber sur la table devant moi. Je n'avais même plus envi de regarder Mizuki faire du sport ... Je savais que ça ne ferait que me déprimer encore plus que je ne l'étais déjà. Je fouillais dans ma poche à la recherche du lecteur mp3 que m'avait passé Akira lorsqu'il était passé à l'hôpital. Il m'avait dit de prendre tout mon temps pour écouter les musiques qu'il avait mis dessus. Tant qu'à faire, si j'avais du temps à perdre, autant en profiter pour faire ce qu'il m'avait demandé ... Et puis j'étais curieux de voir quel genre de musique il écoutait ... Je crois que j'aimais bien Akira, déjà à ce moment. Il se moquait parfois de moi mais il était toujours gentil et peut être que j'avais fini par apprécier les moments où il me serrait très fort contre lui. Au début, ça m'avait déconcerté et troublé. Après tout, nous étions au Japon et ce n'était pas l'habitude des japonais de se faire des câlins comme ça alors j'avais été surpris ... Et finalement, j'avais commencé à apprécier ses étreintes, mine de rien. Parce que lorsqu'il me serrait dans ses bras, j'avais l'impression qu'il me transmettait toutes ses pensés positives et Akira en était remplis ... Je ne savais pas si il en avait conscience mais ça me faisait du bien ... Car Akira était toujours positif et de bonne humeur lorsque je le voyais, même lorsqu'il était venu à l'hôpital, lieu capable de vous déprimer en quelques instant ... Mais lui ne semblait pas affecté par ce genre de chose. Je n'arrivais pas à savoir si il était bizarre ou juste toujours heureux ... Il y avait un mot pour qualifier ce genre de personne il me semble ... En tout cas, Shinichi disait souvent que son frère est « un imbécile heureux » ... Je n'avais aucune idée de la signification de cette expression mais j'avais l'impression qu'elle se rapprochait assez de la vérité ... Même si l'intéressé disait toujours le contraire.
Pourtant, Akira aurait aussi eu de nombreuse raison de se plaindre et de geindre sur son sort ... Il avait perdu ses parents alors qu'il était encore au collège et moi, même si je les critiquais souvent, je pense que je ne pourrais pas vivre sans mes parents ... Car, même si il faisait parfois des choix stupides, ils n'en étaient pas moins les personne qui me soutenaient depuis que j'avais appris que j'étais malade et ils étaient toujours restés près de moi sans rien demander d'autre en échange qu'un peu d'amour que je n'avais jamais su réellement leur donner. Plutôt qu'eux qui soient de mauvais parents, c'était plutôt moi qui été un fils indigne ... Eux ne faisaient qu'essayer de me protéger après tout ... Mais je n'y pouvais pas grand-chose si leur comportement me tapait parfois un peu sur les nerfs.

La sonnerie stridente qui annonçait la fin des cours me tira de mes pensées ... Il restait encore deux heures avant d'aller manger ... Au moins, j'allais les passer avec Mizuki cette fois, même si il nous serait impossible de communiquer. Lorsqu'il n'y avait personne dans le coin, j'avais tendance à me laisser aller aux idées noires depuis que j'étais retourné à l'hôpital. Je n'arrivais plus à m'empêcher de penser à la vie solitaire que j'avais mené jusqu'à aujourd'hui, tout ce que je n'avais pas pu faire parce que j'étais malade ... Mes jours qui étaient comptés ... Jamais autant qu'aujourd'hui, je n'avais regretté d'avoir hésité ce jour là, lorsque j'avais dix ans ... Si je n'avais pas hésité, le couteau serait probablement allé bien plus profondément dans ma peau et je serais déjà mort ... Je ne serais pas là, en ce moment, à attendre un salut qui ne viendra jamais ... Quoi que ... J'avais arrêté d'attendre depuis longtemps en vérité ... Je crois même que je n'avais jamais rien attendu. Je ne faisais confiance en personne, je ne voulais de l'aide de personne, je ne voulais de la pitié de personne ... Je m'étais renfermé sur moi-même, probablement pour éviter de souffrir lorsqu'il viendrait le jour où je devrais mourir ... Je m'étais volontairement tenu à l'écart du monde extérieur et j'avais même commencé à m'éloigner de mes parents ... Juste parce que je ne voulais pas souffrir ... Finalement, mes voisins avaient raisons ... J'étais réellement égoïste ... Mais qu'est ce que je pouvais y faire ? J'étais encore un enfant, malgré les airs d'adultes que j'essayer de donner à mon visage ... Malgré le fait qu'on me disait souvent que ma façon de penser était trop strict pour un adolescent, j'étais encore très jeune ... Trop jeune pour comprendre certaines choses comme « pourquoi fallait il que je meurs aussi vite ? » ... Cette question, je me la posais en silence depuis des années ... Je la ressassais au fond de moi sans oser y penser vraiment ... Cette question me faisait peur depuis mes dix ans et je faisais tout mon possible pour l'oublier. Dès qu'elle me revenait trop en tête, je me sentait soudain très mal, j'avais mal au cœur plus qu'aux poumons et je trouvais que la vie était vraiment trop injuste avec moi ... Des répliques de film stupide je suppose mais qui ne pouvait pas s'empêcher de danser devant mes yeux. Pourquoi moi ? Alors qu'on était tellement nombreux sur cette terre - bien trop nombreux si vous voulez mon avis - pourquoi avait il fallut que ça tombe sur moi et pas sur un autre enfant qui serait né en même temps que moi ? Je savais bien que penser ça, même si s'était au plus profond de moi-même, était horrible mais c'était normal, non ? Il est dans la nature de l'être humain de vouloir vivre alors il était normal que je ne puisse pas accepter mon sort tout naturellement, comme on se lève pour aller prendre sa douche ... J'avais beau avoir accepté depuis longtemps que j'allais mourir avant ma majorité, je continuais à trouver tout cela vraiment injuste ... Alors qu'on était des milliards, un créateur bidon qui n'existe probablement pas avait décidé le jour de ma naissance que je serais maudit ... Bien sur, j'avais de la chance dans mon malheur ... J'avais des parents aimants qui ne me considéraient probablement pas comme un fardeau, contrairement à bien des parents qui venaient dans le service des soins longues durées ... la preuve, ils passaient chaque soir, même si s'était après l'heure des visites, ils me serraient dans leur bras et m'apporter des livres et des revus pour que je ne m'ennuie par, même si en réalité, je ne m'ennuyais jamais lorsque j'étais à l'hôpital car il y avait toujours le jardin que je fixais, les yeux dans le vide, perdu dans mes pensées, morose ou quotidienne, tout en me demanda pour la énième fois de la journée « pourquoi est ce que je me suis loupé il y a cinq ans ... Et plus précisément, pourquoi est ce que j'ai commencé à douté uniquement à ce moment là au lieu d'y aller d'un coup comme je l'avais prévu ... Oui ... J'avais de la chance aussi parce que j'avais des amis alors que la plupart des enfants de mon service était toujours seul ... Ils n'avaient personne qui venait les voir à la fin des cours pour la bonne raison que les seules personnes qu'ils connaissaient était aussi à l'hôpital. Leur voisin de chambre, le gars avec qui ils avaient discuté une fois dans l'ascenseur ... Le type qui suivait le même traitement ... Moi, je n'avais jamais tellement parlé avec les autres enfants du service ... Ils avaient plusieurs fois essayé de m'aborder mais chaque fois, ils avaient fini par abandonner en remarquant mon mutisme. Je ne remarquais que maintenant qu'ils ne m'avaient jamais jugé à ce propos ... Après tout, ils étaient probablement les seules personnes capables de me comprendre parmi toutes celles que j'avais rencontré durant ma vie ... Et pourtant, je m'entendais mieux avec des gens qui ne savaient rien ... Peut être justement parce qu'ils ne savaient pas la vérité sur ma maladie et sur ma mort prochaine ... Grâce à cela, leur présence m'apportait du réconfort et il n'y avait aucune ambiance morose ... Aucun sentiment de pitié ... Ils étaient juste mes amis ...

J'aurais pu passer le reste de la journée à geindre sur mon sort ... J'aurais pu continuer à me plaindre en silence de ma malchance et de l'injustice de mon sort ... J'aurais pu et je l'aurais probablement fait si les secondes années - la classe des Tekemoto - n'étais pas sorti de la salle des travaux pratiques à la pause entre la troisième et la quatrième heures du matin, au moment où je revenais des toilettes. Leur présence en elle-même n'avait rien de particulier mais je m'apprêtais à pénétrer dans ma salle de classe lorsqu'un bruit de choc me fit tourner la tête. Un garçon un peu plus grand que la normale et au physique imposant venait de faire tomber quelque chose de son sac mais ne s'en était vraisemblablement pas rendu compte. Je me penchais alors pour ramasser l'objet en question, ayant dans l'idée de le lui rendre lorsqu'en le prenant entre mes mains, je ressentis une douleur à l'endroit où je l'avais serré. Lâchant ma prise, je me rendis enfin compte qu'il s'agissait d'un cutter et que, de surcroît, le maladroit qui l'avait fait tomber n'avait pas pris la peine de rétracter la lame après s'en être servit ... Depuis mes dix ans, je n'avais plus eu l'occasion de me trouver en présence d'objet tranchant - la consigne avait été donné à l'hôpital de ne jamais me laisser en présence d'objet pointu ou capable de couper - aussi n'avais je absolument pas fait attention et le sang coulait tranquillement de la petite entaille que je venais de me faire à la main gauche. Cela me rappela des souvenirs ... Cinq ans avant, lorsque j'avais le couteau entre les mains et que j'étais assis contre les meubles de la cuisine ... Lorsque j'avais hésité trop longtemps et que j'avais lacéré mon poignet droit jusqu'à ce que je m'évanouisse ... Je ne pensais même pas que j'étais capable de me souvenir aussi bien de ce qui s'était passé ce jour là mais la douleur de la coupure semblait avoir parfaitement réveillé mes sens ... Mon regard se porta automatiquement sur mon poignet où les cicatrices étaient, comme toujours, cachés sous une bande de poignet bleu. En réalité, celui-ci était trop petit pour caché l'ensemble des blessures que j'avais au poignet et ne pouvait recouvrir que celles qui étaient réellement proche de mon poignet et dans un rayon de dix centimètres ... Au-delà de ce périmètre, il n'y avait que la marque d'une entaille plus profonde que les autres qui allait du début de mon avant bras jusqu'à la moitié de celui-ci ... Je ne me rappelais même plus avoir fait une marque aussi profonde ... Probablement que la douleur avait complètement anesthésié toute autre sensation et, en particulier, le contrôle de mes actions ... J'avais dû agir sans vraiment regardait ce que je faisais à ce moment là ...
Les souvenirs de cette fois là quelque peu dissipé, je pris le cutter par le manche, rangeait la lame et fourra l'outil dans ma poche, sans réellement réfléchir, avant de regarder ma place sans adresser le moindre regard à Mizuki qui me faisait un signe de main. Le professeur arriva avant qu'il n'ait eu le temps de tenter une approche et il fût obligé de se concentrer sur la leçon plutôt que sur mon comportement. De mon côté, je ne pouvais plus détacher mon regard du sang qui coulait sur mon bureau. Ces dernières années, les seules fois que j'avais vu du sang s'était lorsque quelqu'un était admis en urgence à la suite de blessure ou la fois où j'avais commencé à tousser en crachant du sang ... Ah oui ... C'était cette fois là qu'ils m'avaient opéré, me laissant une cicatrice sur le torse ... Bizarrement, la vue de mon propre sang me passionnait. Je ne savais pas si c'était parce que j'avais plusieurs fois voulu le faire couler ou juste parce que je n'avais pas l'habitude d'en voir mais en tout cas, je ne parvenais pas à arrêter ma contemplation. La blessure n'avait pas l'air grave du tout et à la moitié du cours d'anglais, elle avait déjà cicatrisé, ne laissant qu'une marque rouge entouré de sang déjà sec ... Il y en avait d'ailleurs aussi sur ma table et, pendant un instant, je ne pu m'empêcher de penser à la tête que ferait la personne qui allait devoir le nettoyer ce soir ... Je ne savais plus qui était responsable du nettoyage ce soir ... J'eu un petit soupir en voyant que le sang avait arrêté de couler et je repris ma contemplation du parc en face de l'école, la plaie ne m'intéressant plus du tout maintenant qu'elle n'était plus douloureuse. Peut être étais je juste un peu masochiste mine de rien ... Ouais ... Je n'avais pas vraiment envi d'y penser en fait ... Par contre, je sentais le poids du cutter dans ma poche et des envis de mourir me reprirent souvent alors qu'elle m'avait complètement quitté durant ces quelques années ... Je comprenais soudains pourquoi on avait éloigné de ma vue tous les objets coupants si leur simple vue pouvait créer ce genre d'effet sur moi, il valait en effet mieux que je ne m'en approche pas ... Même si, en réalité, j'avais bien d'autre moyen de me suicider vu tous les produits dangereux qu'il y avait à l'hôpital ... Ou même l'escalier qui menait au toit qui n'était jamais verrouillé ... Si il m'était venu l'idée de sauté haut du cinquième étage de l'hôpital (c'était à peu prêt à ça que ça correspondait), je ne pense pas que j'aurais eu beaucoup de mal ... Quel hôpital étrange. Normalement, n'étaient ils pas censé éviter que leur passion saute par la fenêtre ... Quoi que ça fenêtre ne s'ouvrait pas ...

La sonnerie retentit, annonçant la fin des cours de la matinée et, en même temps, l'heure du déjeuné. Bien qu'elle me coupa un moment de mes pensés, je n'eu le réflexe de me lever pour quitter la salle qu'au moment où Mizuki se planta à côté de moi pour attendre que j'eu fini le ranger l'unique cahier que j'avais sortit, sans réellement savoir pour quoi puisque je n'avais rien écrit à l'intérieur. Réalisant sa présence, je le fourrai dans mon sac à la va vite et me leva en manquant de faire tomber ma chaise. J'avais été obligé de prendre mon bento ce matin et je n'avais donc pas à faire la queux pour m'acheter un petit pain ... En effet, après avoir appris que ma perte de connaissance avait été causé par de l'anémie, ma mère remplis mon bento et avait vérifier à cinq reprises si je l'avais bien avec moi ... Elle m'avait même mis du poisson en excès, des Yakitori ... Bref, de la vitamine B12 plein mon bento ... Il avait une tête super bizarre et pas appétissante du tout, même si je me moquais éperdument de ce a quoi il pouvait ressembler du moment qu'il y avait un truc bon à manquer qui ne soit pas du riz. Mais à chaque pas que je faisais, le contact du cutter dans ma poche me ramenais à mes désires de mourir, alors même que j'écoutais avec attention Akira me parler de la série télévision qu'il avait regardé la veille et qu'il me proposait de venir voir chez lui le week end, si j'étais libre ... Je répondis à cette proposition par la négative, même si j'aurais vraiment aimé pouvoir y aller mais ce week, je devais aller faire des testes à l'hôpital ... Bien sur, ils se révèleraient, une fois de plus, parfaitement inutile, mais je n'avais pas encore réussi à les sécher alors je me contentais d'y aller en traînant les pieds et de fixer mon cerisier une fois dans la chambre que je commençais, à mon avis, à trop bien connaître. Que ça soit son odeur d'antibiotique, cette propreté artificielle, les vêtements blancs que j'étais obligé de porter ... le lit trop moelleux dont j'avais l'impression, à raison, d'être prisonnier ... Lorsque je recommençai à écouter de quoi mes amis étaient en train de parler, mes joues prirent une teinte rougeâtre que je décidai, à leurs regards interrogateurs, de faire passer pour un morceau de viande mal passé en toussant un petit peu.

- Tu veux aller à l'infirmerie ?
- Non ...
- Continuer Akira, tu disais à propos de ce garçon de ta classe ? Le repris Mizuki en me tendant une bouteille d'eau.
- Ah oui ... Donc, Shikuhara-kun a perdu son cutter dans les environs de votre salle tout à l'heure d'après ce qu'il dit ... Donc, je demandais si vous ne l'aviez pas vu en sortant ...
- Hum ... Je n'ai pas souvenir d'avoir vu quelque chose par terre en sortant et toi Makoto ?

Je répondis de nouveau par la négative en bougeant la tête de gauche à droite avant de recommencer à fixer mon bento qui avait brusquement du mal à passer. Pourtant, lorsque j'avais ramassé ce cutter, s'était pour le rendre, alors pourquoi est ce que je ne pouvais plus m'y résoudre désormais ? Me couper à la main avait réveillé le souvenir de mes dix ainsi que mes désirs d'en finir avant que la maladie décide de la date pour moi ... Même si j'avais des amis merveilleux et que je me sentais presque heureux. Parce que je ne savais pas si j'avais le droit au bonheur ... Le droit d'avoir des amis que je risquerais de faire souffrir par la suite lorsque je viendrais à mourir ... Mais comment expliquer tout ça à des gens qui ne savaient rien de la vérité et à qui je ne voulais pas l'avouer ?

- Makoto ... Tu t'es coupé ?

La voix de Shinichi me fit sursautée et mon bento glissa de mes jambes où je l'avais posé en équilibre et fini sa course par terre, renversant tous les plats que ma mère avait passé tant de temps à confectionner le matin même ... C'était dommage pour eux mais j'en profitai pour me pencher en avant pour ramasser ce qui était tombé et le mettre à la poubelle, espérant ainsi que le sujet sur ma coupure serait oublié ...

- Ah oui ... Comment tu t'es fait ça ? Demanda à son tour Akira. En plus, ça à l'air assez récent ...
- Hier ... J'ai cassé une assiette ... À la maison ...

C'était encore un mensonge ... Si nous avions réellement des assiettes en verre à la maison, inutile de dire que mes parents ne s'en servaient que lorsque j'étais à l'hôpital probablement afin d'être sur que je ne risquais pas de m'en servir pour atteindre mon objectif d'il y a cinq ans, et tout simplement pour éviter que je me blesse. Je me levai brusquement, les restes de mon bento dans les mains, et, après les avoirs jeté, je me dirigeai vers les toilettes.

- Je vais me laver ...

Je n'avais même pas pensé à préciser « les mains ». J'avais saisis la première excuse qui m'était venu en tête pour m'éclipser discrètement ... J'avais vraiment besoin de rester seul, pour une raison parfaitement inconnue. Déjà, je me sentais mal et j'avais besoin de me passer la tête sous l'eau et probablement de vomir le peu de viande que j'avais ingurgité durant le repas, à croire que les médecins avaient eu raison de me dire d'éviter d'en manger, mais surtout pour réfléchir un moment ... J'avais gardé le cutter sur un coup de tête mais ... Est-ce que j'avais vraiment l'intention de m'en servir ? Je n'arrivais pas à réellement déterminer ce que envi de faire. A la fois de prendre mon destin de cours en mourrant avant la date qu'on m'avait prédit mais aussi de rester avec mes amis ... Je ne savais pas si j'avais envi de mourir ou de me battre pour rester vivant ... Mon désir d'en finir définitivement avec cette vie où j'étais malade avait probablement pris le dessus sur mon désir de passer un peu plus de temps avec Akira, Shinichi et Mizuki, ce qui expliquait pourquoi j'avais, instinctivement et sans réfléchir, glissé le cutter dans ma poche lorsque j'avais vu le sang couler de ma main ...
Les toilettes étaient vides, chose relativement rare à cette heure de la journée, et je pu en profiter pour me passer la tête sous le jet d'eau froide sans être regardé fixement par d'autres élèves de l'école. Il n'y avait décidément personne dans la pièce avec moi ... Malgré tout, je m'enfermai dans l'une des multiples cabines après mettre mis les idées au clair ... Je n'avais pas envi de quelqu'un entre brusquement et me voit ... Paranoïa ? Pas étonnant vu ce qui s'était passé la première fois que j'avais essayé ... Je fixai un moment la porte blanche avant de la verrouiller et j'extirpai le cutter de ma poche. Après avoir sorti un peu la lame, je remarquai la tâche de sang séchée ... C'était là que je m'étais coupé ... Sur cette pensée, je sorti un peu plus la lame et la regardait fixement, comme hypnotisé ... J'entendis des bruits de pas ... Heureusement que je m'étais enfermé ... Je devais avoir l'air d'un psychopathe à fixer ainsi un cutter enduit de sang ... même si il s'agissait du miens ... D'un mouvement rapide, je retirais la bande de poignet qui cachait mes cicatrices encore largement visible malgré le fait que je me les étais faites plusieurs années auparavant. Avec le plat de la lame, je touchai vaguement ma peau, comme pour voir qu'est ce que l'on ressentait dans ce genre de cas. La seule chose que je senti, c'était que le métal était froid ... Je ne me souvenais pas avoir ressenti ça lorsque j'avais dix ans ... Peut être n'avais je pas fais attention ... Ou bien s'était à cause de ma température corporelle, constamment en hausse ces dernières années. Quoi qu'il en soit, ce n'était peut être pas le moment de me perdre dans mes pensées à cause de la température d'une lame de cutter ... Mais au moment où j'avais l'intention de me débarrassé, enfin, de cette vie qui était la mienne, je senti un vague sentiment de culpabilité m'envahir et le cutter m'échappa des mains, faisant un bruit retentissant dans la pièce où tous les sons étaient emplifiés.

- Makoto, j't'ai grillé ! Sors des toilettes !

Par reflex en entendant sa voix, j'ôtai le loquet de la porte, sans réaliser que des larmes avaient commencé à couler le long de mes joues. C'était la deuxième fois qu'une chose pareille m'arrivait ... Je n'en pouvais plus de vivre alors que je savais que je n'avais plus que quelques jours à vivre mais j'étais incapable d'aller jusqu'au bout lorsque je désirais mettre fin à tout ça. Le plus jeune des frères Tekemoto était devant la porte et me fixa avant de regarder le cutter qui traînait désormais par terre. Non loin derrière lui, il y avait Mizuki, les mains plaquées sur sa bouche, et Shinichi, qui avait posé sa main droite sur son front dans un air « j'y crois pas, le con ». Moi, je me contentais de sangloter pendant qu'Akira faisait signe au deux autre de sortir et de surveiller de personne ne rentre pendant un petit moment. Une fois que nous furent seuls dans les toilettes, il ramassa le cutter et soupira un vague « alors s'était bien toi qui l'avait » avant de m'attraper le bras droit. Là, il passa délicatement ses doigts sur mes cicatrices avant de me serrer dans ses bras.

- Qu'est ce qui t'a pris Makoto ? Tu n'es pas heureux avec nous ?
- ...
- S'il te plait Makoto ... Parle moi ... Je ne peux pas t'aider si tu reste sans rien me dire.
- Qu'est ce que tu veux que je te dise ! M'écriais je alors, brusquement énervé, alors que les larmes m'empêcher de voir correctement devant moi. Je vais mourir ! Je ne peux rien faire pour changer mon état de santé, alors laissez moi juste décider de quand je vais mourir ! Je n'en demande pourtant pas beaucoup ! Je veux juste mourir ! Maintenant ! Pas dans une semaine !
- Je sais ...
- Tu ne sais rien du tout ! Je vais mourir avant même d'avoir ma majorité ! Je ne passerais jamais en deuxième année !
- Je sais ...
- Arrêtes tes ...

Je m'interrompis brusquement alors que j'allais lui donner un coup au niveau du ventre pour le faire terre ... « Je sais » ? Akira avait bien dit qu'il savait ? Pourtant, je ne lui avais jamais rien dit ... Je n'avais dit à personne que j'allais mourir ... Même le fils de mon médecin n'était pas au courant de cela car son père ne lui en avait rien dit ... Alors pourquoi avait il dit ça ? Il mentait, c'était sur ! Il pensait vraiment que je ne le devinerais pas ?

- Tu ... sais ?
- Oui ... Tu te souviens la première fois qu'on est venu à l'hôpital ... Je t'ai dit qu'on avait entendu quelque chose ... On a entendu ta mère qui parlait avec un médecin ... A propos de cela ... Nous sommes tous les trois au courant.

En entendant cela, mes larmes redoublèrent et je ne savais pas vraiment si c'était le soulagement qu'il n'ait pas menti, la tristesse d'être confronté à la réalité ou le bonheur que, même après avoir appris la vérité, leur comportement à mon égard n'avait pas changé. Je me serrais faiblement contre le corps de mon ami, pleurant toutes les larmes que j'avais décidé de ne pas verser ces cinq dernières années, me disant que c'était inutile de pleurer ... Que ça ne changeraient rien à ma condition ...

- C'est bon Makoto ... Je ne te jugerais jamais, tu le sais ... Je ne sais pas ce que tu peux ressentir et à quel point tu peux souffrir alors je n'ai pas le droit de te dire ce qui est bien et ce qui est mal ... Malgré tout, chaque moment de la vie est importante, en particulier pour quelqu'un comme toi, condamné à ne jamais être adulte ... Ne gâche pas bêtement le peu de temps qu'il te reste ... Tu n'es pas bien avec nous ? Je te promets qu'on restera avec toi, même si ça doit nous faire souffrir ! Tu es notre ami après tout ...

En entendant ce long discours venant d'Akira qui, habituellement, n'aimait pas les longues déclarations d'affections, je le serrais un peu plus contre moins, enfouissant ma tête, encore pleine de larmes, dans la chemise de son uniforme. Il caressa mes cheveux avec douceur et continua de prononcer les seuls paroles capables de me remonter le moral ... « On restera avec toi » ...

Nous restâmes enlacés de cette façon pendant un peu plus d'un quart d'heure. La pause n'allait pas tardé à être fini et je n'avais presque pas mangé ... Mais en réalité, je m'en fichais éperdument. Malgré tout, Akira fini par me pousser dehors en disant que si on ne sortait pas, Shinichi et Mizuki allaient finir par s'imaginer des choses ... Je ne sais pas précisément à quoi il pensait mais j'avais comme l'impression qu'il valait mieux que je reste dans l'ignorance.
Dehors (enfin, hors des toilettes quoi), le tandem était en train d'essayer de son mieux d'empêcher la foule d'entrer, comme l'avait demandé Akira. Aussi eurent ils un soupire de soulagement en voyant que nous sortions enfin. Le visage de Mizuki était couvert de larmes et je compris enfin ce que les adultes voulaient dire quand il me disait que je devais regretter le geste que j'avais fait il y a cinq ans. J'avais agit égoïstement et j'avais fait souffrir certaines personnes. Avant, je n'en avais rien à faire mais désormais ... Je ne voulais plus faire souffrir mes amis qui avaient déjà le courage de rester avec moi. Ça me faisait vraiment bizarre qu'une telle idée germe dans mon esprit habitué à ne penser qu'à moi et au paysage que je voyais de la chambre d'hôpital. Comme quoi, j'étais finalement capable de penser aux autres, contrairement à ce que je m'étais toujours imaginé ... Shinichi posa une main sur mon épaule alors que j'essayais de remettre correctement ma bande de poignet - même si celui-ci était caché sous mon uniforme.

- Si tu te suicides, je viendrais t'en foutre une en enfers ... Je préfère te prévenir.
- Merci de me prévenir. Je ferais attention.

Je vis un sourire passer sur le visage de mon ami qui me quitta ensuite pour sécher les larmes de Mizuki et se plaindre un peu auprès d'Akira, pour changer. Nous n'eûmes pas vraiment le temps de discuter de ce qui venait de se passer car sa cloche sonnant la reprise des cours retentis et Mizuki et moi dûmes quitter les jumeaux pour rejoindre notre classe. J'étais en train de m'assoire à ma place pour commencer mon sujet préféré, le matage de jardin public vide en plein après midi, lorsque je vis Mizuki déposé un papier sur ma table. Intrigué, je le dépliai pour voir ce qui était écrit dessus ... « Tu as été mon premier ami dans cette classe Makoto alors ... S'il te plait ... N'essaye plus de tuer. Je resterais près de toi. »

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