Hisshi : Chapitre 3

Allez, un petit chapitre trois ... Ce soir, on passe à l'heure d'été ... Je perds une heure sur mon ordinateur puisqu'à 2h, j'vais voir écrire 3h sur l'ordinateur ... "papa ... Problème T^T" Enfin, je n'en mourerais pas ... Par contre, c'est galère quand il faut mettre le téléphone à l'heure, la montre à l'heure ... Bref, la maison à l'heure ! Je me demande comment ils font dans le programme télé le jour du changement d'heure, surtout en hivers puisqu'à 3h on repasse à 2h ... Je me suis toujours demandé s'ils remettent les programme d'avant ... [Mako : Faudra regarder un jour] Bonne idée, j'essayerais. Enfin, c'est la quatrième dimension parfois --" J'ai envi de regarder Prince of tennis mais j'ai la flemme, vous imaginez même pas à quel point !

Chapitre 3 – J-14. « Il y a des milliards de personne sur terre »

Les cours avaient recommencé il y a deux jours et, déjà, je m'étais habitué à passer mes journées à écouter un professeur déblatérer des phrases qui ne signifiaient rien pour moi. Finalement, l'hôpital ou l'école, mon quotidien était le même ... Je passais ma journée à regarder par le fenêtre sans même essayer de faire semblant de m'intéresser à ce que disait le professeur qui s'agitait à côté du tableau avec un air ridicule ... De toute façon, on ne m'interrogeait jamais. Ils devaient se dire qu'après avoir zappé cinq années d'étude, je devais être incapable de répondre à leurs questions ... Dans le fond, cette indifférence à mon égard m'arrangeait. Je n'avais pas envi qu'il se pense sur mon cas et essaye de me faire participer ... Toute fois, ce petit traitement de faveur, qui était pourtant offert à plusieurs élèves dans la mesure où, en deux jours, les professeurs n'avaient pas eu le temps d'interroger tout le monde, n'avait pas échappé à mes camarades de classe qui ne se lassaient pas de me traiter de « fils à papa » et de « privilégier ». Après tout, ça les regardait. Si ça leur faisait plaisir de m'insulter, grand bien leur fasse, toute fois, leurs moqueries me passaient au dessus de la tête ... Au dessus même des notions d'algèbres que Takamura-sensei, j'avais fini par connaître le nom d'un de mes professeurs, s'évertuaient à tenter de nous faire entrer dans le cerveau alors que seul quatre personnes, et je ne me comptais, bien sur, pas dedans, suivaient ses cours ... Les autres étaient plutôt en train de se faire passer des mots où de faire leurs devoirs pour les cours que nous allions avoir le reste de la journée ... Dire que j'avais lu qu'au lycée, les élèves sont tous en compétition et écoute bien en classe dans le but d'avoir de bonne note et de pouvoir entrer dans l'une des meilleures universités ... Je tombais de haut sur ce coup ...
L'autre chose à laquelle j'avais fini par m'habituer était les extravagances de mes amis. Si Shinichi était toujours calme et posé, ça n'était pas le cas de son frère qui était tendance à me sauter dessus lorsque je ne m'y attendais pas, si bien qu'au bout d'une demi journée, j'étais ravi que ma maladie soit au poumon et pas au cœur, ou je n'aurais pas survécu bien longtemps. Mizuki, de son côté, semblait bien plus fort que le laissait penser son physique frêle et ses coups de pieds retournés semblaient être assez douloureux, bien que je n'eu pas, à mon grand soulagement, à les expérimenter ... Par contre, il suffisait à faire reculer ce pot de colle qu'étai Akira Tekemoto, un senpai bien différent de l'image que j'avais eu l'habitude de m'en faire qui, non content d'agir toujours sur le coup de l'impulsion, semblait aussi se moquer complètement des examens d'entrée à la fac. En effet, si il n'était pas rare de voir son frère avec un manuel à la main, je ne l'avais encore jamais vu étudier ... Il semblait être vraiment insouciant et, lorsque je le lui avais fait remarqué, il m'avait dit que je n'avais pas non plus l'air d'être le genre de garçon à travailler dur pour les examens ... Dans la mesure où j'avais décidé de leur cacher la vérité sur ma maladie et ma condamnation, j'avais évité de répliquer que je ne vivrais pas assez longtemps pour assister aux examens. J'avais honte de mon comportement. J'aurais dû tout leur avouer, sur mon anniversaire qui approchait et sur les pronostiques du médecin sur ma mort prochaine ... Je passais à l'hôpital chaque soir pour faire une batterie de test et, si mon état était stable pour le moment, il ne s'était malgré tout pas améliorer. J'avais passé l'époque où j'étais choqué d'apprendre que je n'aurais jamais ma majorité mais aussi celle où je cochais les jours qu'il me restait avant mon anniversaire. Malgré tout, dans ma tête, chaque jour passait comme un compte à rebours, me rappelant que j'aurais bientôt seize ans. « J-14 » ... Dans quatorze jours s'étaient mon anniversaire. Avec cette pensée en tête, suivre le cours d'anglais était chose impossible, même en y mettant tout monde cœur, ce qui n'était pas le cas. La tête dans ma main gauche, de façon à ce qu'elle ne tombe pas sur mon bureau, les yeux à moitiés clos et l'esprit vagabondant ailleurs, je voyais, par moment, le regard moqueur de mon voisin de droite me fixer. Je devinais ses pensées sans avoir de pouvoirs psychiques et mon regard se reporta sur le jardin qu'on voyait par la fenêtre de la salle de classe, lui tournant le dos, délibérément. Je n'aimais pas ce garçon ... En même temps, je supportais difficilement les gens que je côtoyais dans le quotidien sans les connaître. Ma mère appelait ce comportement du manque d'intérêt, mon père disait que s'était de la misanthropie et les voisins parlaient de manque de courtoisie ... Depuis quand apprécier les gens étaient une marque de courtoisie ? Mes voisins étaient décidément les gens que j'avais le plus de mal à comprendre, mais aussi ce que j'appréciais le moins ... Et là, on pouvait parler de manque d'intérêt sans avoir peur de se tromper. Ces gens, je n'en avais strictement rien à faire, même lorsqu'il venait prendre de mes nouvelles avec leurs sentiments hypocrites et les faux sourire ... Des visites de courtoisie, justement, dont je me serais volontiers passé et auxquels je n'apportais aucun intérêt, ne leur offrant généralement même pas un regard. Ces personnes là étaient celle qui m'insupportait le plus ...

La sonnerie annonçant la fin du cours retenti, me sortant de mes pensées. Je fus tellement surpris de l'entendre et que je sursautai, faisait tomber sur le sol mon cahier de langue qui se trouvait sous mon coude. Réaction type de l'élève qui n'écoutait pas et qui provoqua l'éclat de rire d'une grande partie des élèves et le soupire du professeur qui préféra ne rien dire face à un tel comportement. J'étais tellement inattentif en cours qu'on était plus à ça de fait. La troisième cours de la matinée venait de s'achevait et il ne restait plus qu'une heure avant le déjeuner ... Ce matin encore je n'avais pas pris le bento que m'avait préparé ma mère. Ce n'était même plus une question de mauvaise volonté ... En fait, c'était surtout le fait que ma mère respecte strictement le régime conseillé par le médecin ... Le seule chose à laquelle j'avais le droit était du riz ... Bien sur, j'exagérais un peu, mais pas tant que ça au fond ... Je n'avais pas le droit à la viande, le poisson était à éviter - pas plus d'une fois par semaine de préférence - il fallait faire attention à la cuisson des œufs et surtout ne jamais ajouter le sauce soja ... Je ne comprenais même pas pourquoi me priver de tout ça ... Ce n'était pas comme si ça allait me tuer plus vite. En fait, j'avais souvent l'impression que le régime instauré par le médecin n'était que du pur sadisme ... Même si je ne voyais pas le médecin agir autrement que dans mon intérêt, ce régime me tapait tellement sur le système que je ne pouvais pas m'empêcher de lui en vouloir. La seconde sonnerie sonna, annonçant du même coup le début du cours de géographie, et ceux qui s'étaient déplacés durant ce court moment de détente qui nous était offert regagnèrent leur place sans faire de vague avant que notre professeur n'entre dans la salle. C'était un homme plutôt petit, il devait être à peine plus grand que moi, avec des cheveux noirs qui lui arrivaient au niveau des épaules et dont plusieurs mèches cachaient en permanence ses yeux ... De tout les professeurs, il était de très loin le plus intéressant ... Bien sur, son cours ne me passionnait pas plus que celui d'anglais ou de mathématique, néanmoins, sa voix était captivante ... Si bien qu'avant que je ne m'en rende compte, je m'étais mis à suivre les cours de géographie avec un certain intérêt, bien que mon cahier fut resté vierge depuis le premier cours que vous avions eu, la veille.

- Bien ... Nous allons continuer le cours sur le monde ... Nous avions dit hier qu'il y avait des milliards d'habitants sur notre planète et que ...

Sérieux ?! On est des milliards sur terre ? Rien que ça ! Dire que j'avais déjà du mal à supporter une classe que moins de trente élèves, j'aurais facilement eu des envis de meurtre si j'avais dû me retrouver face à un dixième de la population mondiale alors ! J'aurais commis un génocide ! Pourquoi diable fallait-il qu'il y ait autant de monde entassé sur la même planète ? Si on était aussi nombreux, pas étonnant que celui qui gère tout ça en ait marre et en fasse mourir certains ... Mais bon ... ça n'était pas une raison pour m'avoir choisis moi ! J'admets que je n'avais jamais fait aucun effort dans la vie, même avant d'apprendre ma maladie, mais tout de même ... Mourir à seize ans alors qu'il y a des milliards de personne sur terre ... ça me faisait soudain un peu mal au cœur et je trouvais cette fin encore plus injuste ... J'avais brusquement envi d'agir pour changer mon destin ... « envi » seulement car je n'avais pas non plus que ça à faire que d'agir vraiment ... Je préférais vivre mon train train quotidien avec les médicaments et une menace de mort qui pesait chaque jours un peu plus sur mon corps, déjà faible et malade ... Au fond, je m'étais habitué à cette vie ... ça ne me faisait plus aussi mal de penser que j'allais mourir avant d'avoir ma majorité ... Il y avait plein d'avantage à être dans une telle situation. Je n'avais pas à penser à mon future ... Je n'aurais pas à payer d'impôt ... Je ne deviendrais pas comme tous les adultes ... Vieux, à radoter les mêmes choses, encore et encore ... Finalement, ma vie n'était pas si mal, une fois qu'on y était habitué. Je n'avais pas à faire attention aux choses qui m'entouraient et je pouvais vivre comme je l'entendais ... Enfin ... ça, s'était plutôt une façon de parler puisqu'en réalité, j'étais plutôt contraint et forcer d'obéir à mes parents et aux médecins qui s'occupaient de moi ... Ainsi qu'aux professeurs lorsque j'étais à l'école ... En fait, maintenant que j'y penser, ça n'était pas du tout moi qui décidait de la vie que je menais ... Malgré tout, je l'aimais beaucoup tel qu'elle était et je n'avais pas envi d'en changer, même si ça pouvait me permettre de vivre plus longtemps. En réalité, dans ce corps incapable de faire le moindre effort, s'était plus simple de mourir que de continuer à vivre pour ne rien faire ... Monter les escaliers étaient douloureux ... Marcher plus de cent mètres était douloureux ... Je ne pouvais presque rien faire en fait ... Et je me fatiguais tellement vite ... Lorsque j'étais petit, je voulais rejoindre les enfants qui jouaient dans la rue afin de m'amuser avec eux ... Maintenant je me rendais compte que même si j'avais pu le faire, je n'aurais jamais réussi à jouer avec eux ... C'était un peu déprimant de voir ses rêves d'enfant disparaître comme ça ... Presque autant que d'apprendre que je ne pourrais jamais être avocat ... Surtout après avoir passer tellement de temps à apprendre le code pénal ... Mais au moins, ça m'avait bien occupé ...

- Mimomiya, vous écoutez ce que je dis ?!

Je sursautai de nouveau, faisant tomber, cette fois, la trousse sur le sol. Je ne l'avais même pas ouverte, ce qui limita les dégâts et évita de déverser son contenu dans toute la pièce. Après l'avoir ramassé, au prix d'un effort inhumain, je regardai le professeur de géographie qui n'avait pas bougé du tableau et me fixait d'une façon qui voulait dire « essayez de suivre, même si vous êtes malade ». J'avais envi de lui demander à quoi allait me servir la géographie mais j'y renonçais rapidement ... Après tout ... Il ne faisait que son travail ... Et il était le seul à ne pas me prendre en pitié et à me reprendre de temps en temps sur mon comportement et sur ma tendance à rêvasser pendant les cours ... Même si il ne me punissait pas. Il soupira devant mon manque de réaction, en effet, je n'avais même pas éprouvé le besoin de répondre à la question qu'il avait posé, et repris son cours, comme si il ne s'était rien passé, alors que mon voisin recommençait à se moquer de mon inattention. Moi, de mon côté, j'avais commencé à fixer un planisphère affiché au tableau ... Alors le monde était aussi grand ? Malgré tout, ça continuait de m'étonner un peu que l'on soit capable d'y tenir en étant des milliards ... Après tout, il y avait des endroits où il n'y avait jamais personne comme, par exemple, le jardin de l'hôpital qui était presque toujours vide. Comment, alors qu'il y avait autant d'endroit où il n'y avait personne, était il possible de rassembler autant de monde ? En regardant continuant de fixer le planisphère, je me dis que j'avais parfois des idées vraiment stupides et mon regard se reporta sur la fenêtre et sur le jardin ... Là aussi il n'y avait presque jamais personne, en tout cas, durant les heures de cours. Généralement, il y avait des personnes âgées qui se promenaient durant l'après midi ... Des femmes avec leurs enfants en bas âge qui passait parfois avant la fin des cours et, très souvent, des adultes qui couraient à travers la végétation durant la matinée ... Est-ce que ça m'était arrivé d'aller dans un jardin avec ma mère lorsque j'étais plus petit ? Je n'en avais pas le moindre souvenir. Je savais que j'avais tendance à préférer rester à la maison lorsque s'était possible et que j'avais toujours aimé la solitude mais je n'avais pas le moindre souvenir d'une sortie au jardin avec ma mère ... En même temps, ma mère avait toujours été surprotectrice et je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle ne m'avait jamais amené au parc de peur que j'y attrape une quelconque infection ... Ce qui, finalement, n'aura servi à rien puisque, d'après le médecin, j'étais né avec cette infection aux poumons et aller dehors ne l'aurait probablement pas empiré. Au maximum, on l'aurait découvert plus tôt mais probablement rien d'autre ... Comment est ce que j'aurais réagit si on m'avait appris plus tôt que je ne serais jamais un adulte ? Peut être que je n'aurais pas essayé de me suicider ... J'aurais peut être été trop petit pour comprendre ce qu'était la mort ... En pensant à cela, j'eu un regard distrait pour la bande bleue que je portais à mon poignet droit. Parfois, lorsque j'avais trop d'idée noire en tête, les cicatrices recommençaient à me faire mal. Lorsque j'en avais parlé au médecin, dans un moment de fatigue - l'un des seul où j'avais adressé la parole à quelqu'un durant mes séjours à l'hôpital - il m'avait dit que c'était impossible et que c'était probablement dans ma tête, que je n'avais pas à m'inquiéter pour ça ... ça ne m'inquiétait absolument pas en vérité ... Seulement, ses paroles rassurantes n'avaient rien changé au problème et je continuais d'avoir mal ... Il faudrait peut être que je vois avec le psychologue finalement ... Lui qui me posait sans arrêt des questions, il serait peut être temps qu'il me donne des réponses, pour une fois ... Histoire que l'on change les rôles. J'espérai juste qu'il serait un peu plus coopératif que moi, sinon je pouvais les attendre, mes réponses ...
Une nouvelle sonnerie retentit en me faisant, une fois de plus, sursauter. Cette fois, elle annonçait l'heure du déjeuné, ce qui était quand même la nouvelle la plus sympathique de la journée, avec la fin des cours. Depuis deux jours que j'étais là, pendant les repas, Akira essayait de me faire un peu rattraper ce que j'avais loupé en étant à l'hôpital. La veille, il m'avait expliqué ce qu'était un mp3 et un Ipod et j'étais impatient d'en savoir plus aujourd'hui ... Surtout qu'il avait promis de me rapporter un vieil MP3 pour me faire écouter de la musique ... Il m'avait dit « je vais te faire écouter les cinq ans de musique que tu as raté si tu veux » ... Rien que ça ... Le pire, c'était qu'il était bien capable de le faire réellement, le connaissant ... L'imaginer en train de chercher dans ses affaires un mp3 qu'il n'avait plus utiliser depuis des années me fit sourire ... Je ne m'étais absolument pas rendu compte que la moitié de la classe était sortie s'acheter du pain pendant que je réfléchissais et surtout que Mizuki était à côté de moi et semblait attendre que je revienne à moi. Mizuki agissait toujours de cette façon, comme si il ne voulait pas me brusquer. Lorsque je lui avais demandé pourquoi il agissait comme ça, il avait répondu qu'il avait l'impression que ça ne servait à rien de vouloir me faire avancer plus rapidement et que j'étais le genre de personne à prendre mon temps ... Je ne savais pas vraiment comment je devais le prendre mais j'avais l'impression qu'il savait de quoi il parlait ... Et puis, au fond, ça n'était pas complètement faux. Même lorsqu'on me demandait de me presser, j'avais tendance à aller toujours au même rythme ... Les médecins disaient que j'agissais de cette façon parce que rien ne m'intéressait ... Peut être avaient ils un peu raison, pour une fois.

- Hey, Chibi-tan ! La voix d'Akira, venant de derrière moi, coupa net ma reflexion. Comme promis, je t'ai ramené cinq ans de musique ... Si ça peut te rassurer, la musique d'il y a cinq ans est vraiment naze ... Maintenant, elle est bien mieux ! Il faut absolument que je te fasse écouter des morceaux de mon groupe préféré !
- Refuse Makoto, soupira son frère en faisant un signe de tête de guise de bonjour avant de caresser les cheveux de Mizuki, si tu acceptes, il va vraiment te faire écouter ce groupe.
- Encore en train de critiquer, répliqua Akira en faisant face à Shinichi. Nii-san, tu devrais écouter au lieu de dire du mal sans connaître !
- Difficile de ne pas entendre quand tu mets le volume à fond pendant que je fais la cuisine ! Ton groupe, ce n'est pas de la musique, c'est du bruit !
- Sur ce point, je crois qu'on est d'accore, renchérit Mizuki en souriant. Je n'ai écouté qu'une fois mais j'ai eu l'impression que j'allais devenir sourd. Pas la peine de faire subir ça à Makoto !

J'étais touché par leur délicatesse mais ce n'était pas de la musique qui allait me faire peur ... Comme je leur expliquais en quelques mots, j'avais déjà vécu pire, comme la fois où ils m'avaient mis dans la même chambre qu'une vieille dame qui commençait à perdre la boule ... Au bout de trois jours, ils avaient dû me changer de chambre parce que même avec mon apathie, supporter une chose pareille tenait du miracle et que le manque de sommeil n'était pas recommandé dans mon cas ...

- Et bein ... Y t'en est arrivé dans chose Chibi-tan ...
- J'espère qu'ils ont laissé la grand-mère seule après ça, renchérit Shinichi tout en disant qu'il était quand même horrible de penser une chose pareille.
- Elle est morte une semaine après ...

Un silence l'installa entre nous et Mizuki me prit par l'épaule en m'expliquant que, même si ils traînaient avec moi depuis trois jours maintenant, s'était toujours aussi bizarre pour eux de me voir parler de la mort de personne sans tact et sans le moindre sentiment ... Ah ... J'avais oublié ce détail, une fois de plus ... Pour moi, depuis qu'on m'avais appris que j'allais mourir avant mes seize ans, s'était devenu un sujet banal mais pour les autres, c'était quelque chose de difficile à exprimer et ça leur fendait le cœur ... Je devais vraiment leur paraître insensible, même si, au fond, je l'étais peut être un peu ...
Un vertige m'empêcher de penser plus en profondeur à ce sujet ... Sans m'en rendre compte, je m'étais agrippé à Akira et je n'arrivais pas à voir à deux pas devant moi ... Peut être que, cette fois, je tenais la bonne excuse pour ne plus remettre les pieds à l'école ... Avant que je n'eu le temps de me dire ceci, je m'écroulai contre le sol froid du couloir ...

- Tu nous as fait une belle frayeur Makoto ! Heureusement, plus de peur que de mal ... Tu n'avais plus de force parce que tu n'avais rien dans l'estomac ... Lorsque tu es sorti, il me semblait pourtant t'avoir rappelé que tu devais manger équilibré !

J'avais à peine entrouvert les yeux que j'avais déjà le droit à la leçon de moral du médecin ... Au moins, le fait que je sois capable de le trouvait affreusement barbant montrer que j'étais bien revenu à moi ... Je ne me souvenais plus vraiment de ce qui était arrivé après ma perte de connaissance en plein milieu de l'école ... J'avais vaguement entendu Akira appeler quelqu'un et senti des bras forts me soulever ... Ensuite, j'avais un souvenir assez clair du bruit de l'ambulance mais s'était peut être celle qui m'avait conduit à l'hôpital quand j'avais dix ans ... J'avais tendance à m'en rappeler chaque fois que je me sentais mal ... Ensuite ... Et bien ensuite, j'avais dû être réadmit dans le service où j'avais l'habitude de passer mes journées avant de retourner à l'école. Le médecin qui s'occupait de moi était le même que d'habitude et pendant un instant, j'eu même l'impression que l'école et tout ce qui allait avec n'avait été qu'un rêve que j'avais fait en m'endormant ... Mais le médecin était justement en train de me questionner sur les sentiments que j'éprouvaient depuis mon retour en cours et comment je gérais le stress ... Tout cela était donc véritablement arrivé ? Ça me faisait vraiment bizarre de me dire que j'étais bien retourné en classe ... Bien sur, je n'avais rien écouté et je n'avais pas assimiler la moindre notion, néanmoins, j'avais remis les pieds dans une salle de classe où il y avait plus de quinze élèves ... C'était une chose que je n'aurais jamais pensé possible si je n'avais pas eu la preuve que je l'avais fait ... Même si, habituellement, je n'avais pas tendance à considérer les paroles de mon médecin comme une preuve. Après tout, je me doutais bien qu'il n'était pas en train d'inventer cette histoire d'école juste pour m'embêter.
J'eu un petit soupire et remarquai qu'il m'avait remis dans la même chambre qu'avant. La jeune fille n'y était plus, elle, et j'en déduis qu'elle avait dû être changée de secteur ou renvoyée chez elle à la suite d'une amélioration de son état. Dans un sens, j'étais plutôt content qu'elle ne soit pas là ... J'aurais eu du mal à rester en présence d'une fille qui m'avait fait plus parler en quelques heures que tous les médecins durant cinq ans ... Surtout qu'elle aurait certainement voulu que je lui raconter comment j'avais trouvé l'école et tout autre sorte de chose ... Malgré tout, je ne pu m'empêcher de regarder mon médecin et de lui poser une question.

- Sensei ... Où est la fille qui était ici la semaine dernière ?

Le médecin me fixa avec étonnement, comme si il n'en croyait pas ses oreilles et plaisanta en disant que, depuis cinq ans, s'était la première fois qu'il me voyait m'inquiéter pour quelqu'un d'autre puis il affirma que c'était une preuve que l'école avait des effets positifs sur mon caractère de cochon ... Je lui en aurais volontiers collé une histoire qu'il ne me parle plus de mon « caractère de cochon » avant un très long moment mais j'avais l'impression que ça n'était pas la chose à faire si je voulais obtenir une réponse à ma question précédente ... Après tout, je l'avais tellement embêté, pour rester poli maintenant qu'Akira m'avait appris toutes sortes de mots plus vulgaires, pendant cinq ans en refusant de répondre à ses questions, il était normal qu'il me rende un peu la monnaie de ma pièce ... Même si ça ne changeait rien au fait que ça m'énervait prodigieusement !

- On l'a changé de service. Elle se sentait mieux alors on l'a mise dans un service qui s'occuperait mieux d'elle. Tu le sais, ici, c'est plutôt pour ...
- Les cas graves et de longues durés, je sais.

J'avais soupiré ma réponse en tournant un peu la tête vers le médecin qui avait perdu son sourire. Je savais qu'il n'aimait pas me rappeler la condition dans laquelle j'étais et, si il ne m'avait pas fait attendre au sujet de l'admission de mon ancienne voisine de chambre dans un autre service, je lui aurais presque dit de ne pas s'en faire pour moi. Mon regard se reporta de nouveau sur la fenêtre de ma chambre alors que le médecin m'informait que je pourrais retourner à l'école mais qu'ils allaient, malgré tout, me garder ce soir et la journée du lendemain afin d'être sur que je reprenne bien des forces et que je ne retombe pas dans les pommes dès ma sortie de l'hôpital. Deux nouvelles qui ne me mettaient pas de bonne humeur, loin de là ... Moi qui avait cru en m'évanouissant que j'aurais enfin la paix et qu'on ne me parlerait plus de cours d'anglais, de math et de géographie jusqu'à la fin de ma vie ... A peine cette pensée me traversa l'esprit que je me souvint des paroles du professeur de géographie ... « Il y a des milliards de personne sur terre » ... Alors pourquoi est ce que s'était tombé sur moi ? Bien sur, s'était une pensée purement égoïste dont seul moi avais le secret, d'après mes voisins, mais je ne pouvais pas m'empêcher de me la poser ... Si on était vraiment plusieurs milliards sur cette planète, pourquoi est ce qu'il avait fallu que ça tombe sur moi ? Ça aurait pu être n'importe qui mais non ... Il avait fallut que je tombe malade ... En réalité, avant ce jour, jamais encore je n'avais pensé une chose pareil mais devant l'injustice de la chose, je ne pouvais pas m'empêcher d'être indigner face à ma condition ... Comme quoi, l'école m'aura finalement servit à une chose.

- Ah, au fait Makoto, tu as de la visite ... On s'est dit que ça te changerait peut être les idées que tes amis viennent te voir ...

Je n'ai pas tout de suite entendu les paroles du médecin mais Akira avait tendance à ne pas aimer se faire oublier et me rappela à l'ordre en voyant que je l'ignorais complètement. Lorsqu'il passa sa main devant ma tête - il avait dû deviner qu'il n'était pas bon de se jeter sur un malade de ce service - je sursautai en me disant que, décidément, je n'avais pas arrêté aujourd'hui, puis je tournai la tête vers lui. Akira, Shinichi et Mizuki étaient tous les trois venus ... Je n'avais pas l'habitude de recevoir de la visite, à part mes parents et les voisins, une fois par mois, et je ne pensais pas être du genre sentimental néanmoins, la vision de mes amis me mit dans un état que je ne pu pas contrôler. Sans que je comprenne pourquoi, les larmes avaient commencé à couler le long de mes joues et, tout comme la jeune fille avec qui j'avais, un temps, partagé ma chambre, je serrais les dras très fort dans mes petits poings comme si ils avaient le pouvoir de faire disparaître tous les sentiments qui m'envahissaient brusquement ... Des sentiments que je n'avais encore jamais ressenti mais je ne pensais pas être la joie ... Il y avait surtout de la reconnaissance ... Les voir alors que j'étais déprimé m'avais remonté le moral et, à leur vision, j'avais arrêté de me morfondre sur mon sort ... L'idée même d'avoir été « maudit » parmi les milliards de personne qui vivaient sur cette terre en même temps que moi m'avais quitté ... Il y avait juste la reconnaissance et peut être un peu, mais juste un peu alors, le bonheur de ne pas être seul dans cette chambre blanche et aseptisé où tout était toujours contrôlé ... Comme quoi, même quelqu'un comme moi pouvait éprouvé du bonheur, même si ça n'était que des brides ...

- Hé, Chibi-tan ... commença Akira, un peu mal à l'aise. On est pas venu pour te faire pleurer alors s'il te plait ... Arrête le coup de la fontaine ... Aniki ne pleur jamais alors je ne sais pas comment on doit gérer ce genre de chose ...
- De toute façon, soupira son frère, tu ne sais jamais rien gérer ... Heureusement pour moi que je ne pleure jamais parce que pour trouver quelqu'un capable de me remonter le moral, j'aurais pu attendre longtemps !
- Je ne suis pas d'accore sur ce point ! Protesta Akira. Je ... Je ... Je sais très bien gérer mon compte en banque !
- Et tu nous le prouves chaque fois que tu viens me demander de l'argent et que tu me supplies pendant des heures, plaisanta Shinichi.
- Mizuki ! Implora alors l'adolescent à cour d'idée. Défends-moi ! Toi qui es si adorable, tu ne vas pas laisser mon frère se moquer de moi comme ça ...
- Si ça avait été le contraire, je serais intervenu, sans aucun doute, répliqua le lycéen, seulement, toi ... Je ne vois même pas pourquoi je t'aiderais ...

Alors que le médecin s'apprêtait à intervenir et, probablement, à faire sortir tout ce monde, mais il fut interrompu par un grand éclat de rire. Sans que je m'en aperçoive, j'avais arrêté de pleurer et je riais maintenant sans retenu et sans me préoccuper de si ça pouvait être vexant ... Décidément, quand j'étais avec eux, je ne pouvais pas m'empêcher de sourire à ce genre de situation qui, à une époque pourtant, m'aurait probablement agacé. La surprise du médecin fut telle qu'il ne trouva rien à dire à mon petit groupe d'ami qu'il venait d'interpeller. Il décida donc qu'il allait se retirer tout en rajoutant dans sa barbe un « c'est incroyable ... Il faut que j'aille prévenir les infirmières ... Est-ce que j'ai pris mon appareil photo avec moi ? ». A peine fut il sorti que ce fut à mes amis d'exploser de rire avant de me regarder de nouveau.

- Tu dois vraiment faire une tête d'enterrement quand tu es ici pour qu'il réagisse de cette manière, fit remarquer Mizuki en s'asseyant sur une chaise prévu à cet effet.
- Pourtant, tu n'as pas l'air de quelqu'un qui passe ses journées à tirer la tronche ... continua Shinichi en me regardant sous toutes les coutures. Et puis tu a un beau visage alors c'est du gâchis de faire la tête ...
- En même temps, riposta Akira, ce n'est pas comme si cet endroit donnait particulièrement envi de sourire ... Si j'étais enfermé là, je crois que je ferais une dépression ...
- Je crois qu'ils ont un service spécial pour les dépressions dans cet hôpital, expliquais je en essuyant une larme qui me brouillait encore la vue.
- J'imagine qu'ils ont plusieurs fois essayé de t'y transférer ...

Je ne savais pas quoi répondre ... En réalité, bien que l'idée leur avait déjà chatouillé l'esprit, ils ne l'avaient jamais mis à exécution parce qu'il n'y avait que dans ce service qu'ils avaient le matériel adéquat pour s'occuper de moi ... Mais je ne pouvais pas leur dire vu le nombre d'élément que j'avais délibérément choisis de leur cacher ... Comme le fait que ma maladie était bien plus grave qu'il ne devait se l'imaginer ... Déjà, savoir que j'avais été envoyé dans ce service devait leur avoir fait comprendre que je ne souffrais pas d'un simple rhume mais en même temps, je ne pouvais pas leur en dire plus sans leur avouer que j'allais bientôt mourir et, à bien y réfléchir, je crois que je n'étais pas pressé de leur annoncer la nouvelle. Il y a toujours des choses que l'on préfère garder pour soit, celle-ci en faisait partie et s'était un élément que j'entendais bien leur cacher aussi longtemps que je le pouvais, même si cela signifiait leur mentir. Après tout, j'étais devenu très doué pour ça avec le temps ... « Oui maman, je me s'en très bien » dans les moments où j'avais tellement mal que je souhaitais presque mourir pour de bon, une fois de plus ... J'eu une pensé pour la cicatrice que je cachais sous ma bande de poignet qui ne s'en irait jamais vraiment et qui me rappellerait chaque jour ce que j'avais essayé de faire alors que je n'avais que dix ans ... Parfois, certains me disaient que c'était un acte que je devais vraiment regretté ... Ils avaient raison mais en réalité, s'était un acte que je regrettais de ne pas avoir mené à bien ... Même si, maintenant, je découvrais la chaleur de l'amitié, ça ne me rendrait pas la santé, Mizuki avait été très clair sur ce point lorsqu'il m'avait expliqué ce qu'était un ami. J'eu envi de soupirer mais je me retint en me souvenant que je n'étais pas seul ... Devant eux, je n'avais pas le droit de me laisser aller ...

- En plus, tu es tout seul dans ta chambre ... Tu dois t'ennuyer ...
- En fait ... Il y avait une fille avec moi avant que je ne sorte pour aller à l'école ... Mais en réalité, c'était assez pénible. Elle m'a posé plein de question ...

Je ne mentais pas vraiment ... Elle m'avait réellement posé de nombreuses questions avant mon départ et j'avais vraiment trouvé sa présence pénible ... En réalité, s'était surtout que je n'aimais pas l'idée de ne pas être seul dans ma chambre ... J'avais l'impression de ne plus avoir autant d'intimité ... Et puis je n'aimais pas tellement les filles ! Elles avaient tendance à faire tout un foin pour pas grand-chose et ça m'agaçait vraiment !

- Au fait ... Quand on est arrivé, on a entendu ...

Akira fut coupé dans sa phrase par un coup de poings dans les côtes de la part de son frère et se repris en balbutiant « c'est rien en fait, laisse tombé » ... Je me doutais bien que ça n'était pas rien mais je n'avais pas envi de le questionner ... Si il ne voulait rien me dire ... Je ne me doutais pas, à ce moment là, de l'importance de l'information qu'ils avaient entendu dans le couloir ...

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